‹ Choix de moralistes françaisChapitre 23 sur 509 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Du corps et premièrement de toutes ses parties et assiette tficelles.

** Le corps humain est basti d'un très grand

* Variante. Il semble, pour mieux et plus expressément représenter, recognoislre l'homme, qu'au premier coup l'on peut remarquer trois choses en l'homme, l'esprit, l'ame, etc.

(i) Pour obéir à son goût et par complaisance pour ses pen« chants.

** Variante. Ayant ù parler de luuieà les pièces 4c njqmuje ,

DE LA SAGESSE, PAR CHAUROJN

nombre de pièces internes et externes, lesquelles sont presque toutes rondes et orbiculaires ou approchantes de ceste figure.

Les internes sont de deux sortes : les unes en nombre et quantité respandues par tout le corps, sçavoir : les os, qui sont comme la base et le soubstien de tout le bastiment ; dedans iceux pour leur nourriture, la mouelle -, les muscles pour le mouvement et la force -, les venes sortans du foye, canaulx du sang premier et naturel; artères venans du cœur, conduicts du second sang plus subtil et vital, ces deux allans plus haut que le foye et le cœur, leurs sources sont plus estroittes que celles qui vont en bas, pour ayder à monter le sang, car le destroit plus serré sert à faire monter les liqueurs ; les nerfs, procédans par couples, instrumens du sentiment, mouvement et force du corps, et conduicts des esprits animaux, dont les uns sont mois, et y en a sept paires, qui servent au sentiment de la teste, veue, ouye, goust, parole ; les autres durs en trente paires, procédans par l'espine du dos aux muscles ; les tendons, ligamens, cartilages 5 les quatre humeurs, le sang, la bile jaulne ou cholere, qui ouvre, pousse, pénètre, empesche les obstructions , jette les excremens, apporte allégresse -, la bile noire et aspre, ou mélancolie, qui provoque l'appétit à toutes choses, modère les mouvemens subits 5

faut commencer par le corps, comme par le plus facile et apparent , et qu'il est aussi l'aisnc de l'ame , comme le domicile doit eslre fait et dressé avant qu'ydemeurcr, et l'altelier avant que l'ouvrier y entre pour y ouvrer.

Le corps humain est formé avec le temps, et de tel ordre que premièrement sont baslies les trois plus nobles et héroïques parties, le foye, le cœur, le cerveau, distantes en long et se tenant par joincturcs desliées, qui puis se remplissent tout à la façon d'un formy, où y a trois parties plus grosses et enflées, joinctes par entre-deux deslices. Selon ces trois parties principales viennent à considérer trois estages en l'homme (image raccourcie du monde) qui respondent aux trois estages et régions de l'univers. La basse du foye, racine des venes, officine des esprits naturels et le lieu de l'ame cohcupiscible, en laquelle sont contenus le ventricule, ou l'estomach, les boyaux , les reins, la ratte et toute les parties génitales, respond à la région élémentaire où se font toutes les générations et corruptions. Celle du milieu où maislrise le cœur, la tige des artères et des esprits vitaux, et le siège de l'ame irascible, séparée de celle d'en bas par la toile tendue du diaphragme et de celle d'en haut par le destroit de la gorge, en laquelle sont aussi les poulmons , respond à la région œlherée. Celle d'en haut , où loge le cerveau spongieux , source des nerfs et esprits animaux, du mouvement et sentiment, et le throsne de l'ame raisonnable, ubisedet pro tribunali, respond à la région céleste et intellectuelle.

la pituite douce, qui adoucit la force des deux biles et toutes ardeurs; les esprits, qui sont les fumées sortans de la chaleur naturelle et de l'humeur radicale, et sont en trois degrés d'excellence : le naturel, vital, animal; la gresse, qui est la partie plus espesse et grasse du sang.

Les autres sont singulières (sauf lesroignons et coudions qui sont doubles) et assignées en certain lieu. Or, il y a quatre lieux ou régions, comme degrés au corps, officines et atteliers de nature, où elle exerce ses facultés et puissances. La première et plus basse est pour la génération en laquelle sont les parties génitales servans à icelle. La seconde d'après, en laquelle sont les entrailles, viscera, sçavoir, l'estomach, tirant plus au costé gauebe, rond, plus estroit au fond qu'en haut, ayant deux orifices ou bouches, l'un en haut pour recevoir, l'autre en bas qui respond aux boyaux pour jetter et se descharger. Il reçoit, assemble, mesle et cuit les viandes, et en fait chyle, c'est-à-dire suc blanc propre pour la nourriture du corps, et lequel encores s'elaboure dedans les venes meseraiques, par où il passe pour aller au foye. Le foye chaud et humide, plus au costé droit, officine du sang, principe des venes, le siège de la faculté naturelle, nourricière ou ame végétative, fait et engendre le sang du chyle, qu'il attire des venes meseraiques, et reçoit en son sein par la vene-porte, qui entre en son creux et puis l'envoyé et distribue par tout le corps, par le moyen de la grande vene cave qui sort de sa bosse et des branches d'icelle, qui sont en grand nombre, comme les ruisseaux d'une fontaine ; la ratte, à main gauche, qui reçoit la descharge et les excréments du foye; les reins, les boyaux, qui, se tenans tous en un, mais distingués par six différences et six noms, égalent sept fois la longueur de l'homme, comme la longueur de l'homme égale sept fois la longueur du pied. En ces deux premières parties, qu'aucuns prennent pour une (combien qu'il y aye deux facultés bien différentes, l'une generative pour l'espèce, l'autre nutritive de l'individu), et la font respondre à la partie plus basse et élémentaire de l'univers, lieu de génération et corruption, est l'ame concupiscide.

La troisiesme, comparée à la région œtberée, séparée des précédentes par le diaphragme, et

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