‹ Choix de moralistes françaisChapitre 445 sur 509 · CXXI1I · texte numérisé non relu

CXXI1I

La raison nous trompe plus souvent que la nature.

La raison ne connoit pas les intérêts du cœur.

Si la passion conseille quelquefois plus hardiment que la réflexion, c'est qu'elle donne plus de force pour exécuter.

Si les passions font plus de fautes que le jugement, c'est par la même raison que ceux qui gouvernent font plus de fautes que les hommes privés.

Les grandes pensées viennent du cœur.

Le bon instinct n'a pas besoin de la raison, mais il la donne.

On paie chèrement les moindres biens lorsqu'on ne les tient que de la raison.

La magnanimité ne doit pas compte à la prudence de ses motifs.

Personne n'est sujet à plus de fautes que ceux qui n'agissent que par réflexion.

On ne fait pas beaucoup de grandes choses par conseil.

La conscience est la plus changeante des règles.

La fausse conscience ne se connoît pas.

La conscience est présomptueuse dans les forts, timide dans les foibles et les malheureux, inquiète dans les indécis, etc., organe du sentiment qui nous domine et des opinions qui nous gouvernent.

La conscience des mourants calomnie leur vie.

La fermeté ou la foiblesse de la mort dépend de la dernière maladie.

Page 1