‹ Choix de moralistes françaisChapitre 87 sur 509 · LIVRE I, CHAP. XXXVIll · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. XXXVIll

cations d'autruy, et se picqucnt du courage et de la braverie ; les autres au rebours ne s'esmeuvent par toutes les submissions et plainctes, mais se laissent gaigner à la constance et résolution. Il n'y a point de doubte que le premier ne vienne de foiblesse : aussi se trouve-t-il volontiers es âmes molles et vulgaires. Mais le second n'est sans difficulté, et se trouve en toute sorte de gens. Il semble que se rendre à la vertu et à une vigueur masle et généreuse, est d'ame forte aussi et généreuse \ et il est vray, s'il se i'aict par estimation et révérence de la vertu j comme fit Scanderberg recevant en grâce un soldat pour l'avoir vea prendre party de se deffendre contre luy 5 Pompeius pardonnant à la ville des Mammertins en considération de la vertu du citoyen Zenon ; l'empereur Conrad pardonnant au duc de î'.avieres et autres hommes assiégés pour la magnanimité des femmes, qui les luy desroboient et emportoient sur leurs testf.3. Mais si c'est par estonnement et effray de son esclat, comme le peuple Thebain qui perdit le cueur oyant Epaminondas accusé raconter ses beaux faicts et luy reprocher avec fierté son ingratitude, c'est foiblesse et lascheté. Lefaict d'Alexandre, mesprisant la brave résolution de Betis prins avec la ville de Gaza où il commandoit, ne fut de foiblesse ny de courage, mais de cholere, laquelle en luy ne recevoit bride ny modération aucune.

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