‹ Choix de peintures de PompéiChapitre 12 sur 27 · DANAÉ DANS L’ILE DE SÉRIPHE · texte numérisé non relu

DANAÉ DANS L’ILE DE SÉRIPHE

Hauteur, o mètre, 69, 8 cent. — Largeur, o mètre, 58, 9 cent.

C’est pour la première fois que nous avons vu apparaître, sur une peinture antique, un sujet mythologique qui dut avoir un grand intérêt pour l’antiquité grecque, attendu qu’il se rattachait, par la naissance de Persèe, à tout un ensemble de traditions poétiques, tardives et faibles réminiscences des plus anciens rapports de la Grèce et de l’Asie. L’arrivée de Danaé et de son fils dans l’île de Sériphe était le second acte de ce grand drame de la Perséide, qui avait exercé, dès une époque primitive et jusque dans le dernier âge1, le génie épique des Grecs2, et qui, plus tard, traité par les logographes sous cette forme d’anthropomorphisme, si chère au génie grec, était devenu un des thèmes favoris du théâtre attique. Mais cette arrivée de Danaé à Sériphe, sujet de plusieurs tragédies grecques, et sans doute aussi de plus d’un ouvrage de l’art, ne s’était encore montrée sur aucun monument figuré; et c’est cette circonstance qui, jointe au mérite propre de notre peinture, ajoute beaucoup d’intérêt à cette peinture, fruit des dernières fouilles de Pompéi.

Le mythe de Danaé, tel qu’il est rapporté par Apollodore 3, sans doute d’après Phérécyde4,

1 Ovide cite une Perseis d’un poète romain, Pont, iv, 16, 3 Apollodor. II, iv, 1; cf. Heyn. ad h. /.; Swinden. Miscell.

2 5- Observ. nov. m, 55, sqq.

2 Welcker, Die Æschyl. Trilog. p. 378. * Heyn. ad Apollod. II, iv, 1 ; Welcker, DieÆsck. Trilog. p. 378.

un de ces anciens logographes qui avaient rédigé en prose les fables épiques, avait acquis beaucoup de célébrité chez les Grecs, et rien ne le prouve mieux que la mention qui en est faite par Homère1, dans cet endroit de ïlliade où Jupiter se plaît à rappeler à Junon les nombreux adultères qu'il a commis , comme pour donner plus de prix aux désirs qu il éprouvé pour elle. Le nom de Damé est le second qui se présente à la mémoire du maître des Dieux dans ce discours effronté qui avait scandalisé la philosophie ancienne2, et qui na pas été traité moins sévèrement par la critique moderne3 *, mais qui était loin de blesser le génie de la civilisation grecque, toujours empressée à chercher dans l’exemple de ses dieux des excuses et des autorités pour ses faiblesses. Homère se borne à indiquer la passion de Jupiter pour Damé et la naissance de Persée, qui en fut le fruit. H n entrait pas dans son objet d exposer les détails de cette aventure amoureuse; mais il est bien probable que la fable entière de Dame était déjà fixée dè son temps, dans ses traits principaux, sous la forme où elle était rapportée par les logographes , et que les tragiques n ont eu qu a développer ce thème favorable, en y ajoutant les circonstances terribles ou pathétiques qui en dérivaient naturellement. Le poème de Simonide de Céos, dont il nous est parvenu un délicieux fragment \ suffit pour montrer quel parti les poètes de tous les âges avaient pu tirer de cette fable telle qu’elle avait cours, dans la bouche des peuples, dès les temps antérieurs à Homère, et telle que nous la trouvons racontée par les mythographes5, qui nous en ont transmis un extrait sur la foi d’auteurs bien plus anciens. Voici, d’après la version la plus accréditée, celle qui avait été suivie par Phérécyde, les principaux traits du mythe de Danaè, auquel se rapporte notre peinture.

Acrisias, roi d’Argos, avait reçu de Delphes un oracle qui lui annonçait qu’il perdrait la vie de la main du fils qui naîtrait de Danaè, sa fille. Pour prévenir ce malheur, le roi d’Argos fit construire au-dessous de ïaulê, ou cour découverte, de son palais6 *, un édifice souterrain 1 qui fut intérieurement revêtu de lames de bronze, de manière à offrir l’apparence d’une chambre de bronze 8, et il y enferma Danaè avec sa nourrice, sous la surveillance d’une garde

1 Homer. Iliad. xiv, 3 17-3 a 8.

5 Platon. Republ. ni, t. II, p. 390 (t. VI, p. 399, Bekker.).

;1 Voyez les observations qu’a faites M. Creuzer, Symbolik, 1. 1, p. 80, note, 3e édit., sur ce passage d’Homère, et qui rentrent tout à fait dans celles que j’ai eu occasion de faire sur le même texte, dans l’explication de notre première peinture, 1, p. 7-9. Voici comment s’exprime l’illustre auteur de la Symbolique : « Die Liebeshândel, deren Zeus sich gegen Here selber rübmt konnten

nun vielen Leidensckaften zur Entschuldigung dienen und zum Vorbild der nachfolgenden Dichter, welche Plato obne Zweifel bei dieser Anklage ebenfalls vor Augen halte. Folgendes Beispiel wird beweisen, wie viel diese dem Grieckischen Volke zumutheten und zumutben durften ; » et il rapporte l’exemple de Danaè, qu’il accompagne de réflexions dans le même sens. Je me contente d’opposer l’opinion d’un savant si profondément versé dans la connaissance de l’antiquité à des contradictions,

aussi superficielles que malveillantes, qui ne méritent pas le

moins du monde que j’en tienne compte.

" Ce fragment a été conservé par Denys d’Halicarnasse, De

composii. verb. t.V, p. 221-29.3, ed. Reisk. et Athénée en a cité

quelques vers, 1. IX, p. 396, E; voy. Brunck, Analect. t. I, p. 121, carm. vil; cf. Jacobs, Anthol. Pal. t. VI, p. 204-206. Le texte a été disposé différemment par M. Hermann, qui y a fait aussi quelques corrections, De metr. p. 45a; cf. Simonid. Cei Relit] . ed. Schneidewin. p. 67; voy. aussi Welcker, Die Æschyl. Trilog. p. 3 80.

5 L’extrait de Phérécyde, d’où procèdent la plupart des témoignages antiques , nous a été donné par le scholiaste d’Apollonius de Rhodes, ad 1. IV, v. 1091; voy. Pherecyd. Fragment. p. 72,sqq. ed. Sturz. Ajout. Schol. Lycophron. ad v. 838; Schol. Homer. ad Iliad. xiv, 319; Eudoc. Viol. p. io3, sqq.; Zenob. Cent. 1, 4 1 ; Hygin. Fab. lxiii; Mythogr. Vat. 1, 157; 11, 110.

0 Pherecyd. Fragm. 11 , p. 72 : OccXapov -moisi yakxovv èv -rfj aùXri rij s olxlcts xmà y iis.

1 Pausan. II , xxiii, 7 : Ka 16.ya.10v olxoSàpiifLCi; cf. Zenob. Cent. 1 , 4i : T 710 yiiv Q-dXa,fiov yakxeov xma.crxsvdaa.s-, Apollod. II, IV, 1 : 1 '-rso yrjv.

8 L’expression de S-âXa/xos ycù.xovs, dont s’était servi Phérécyde, l. I., est aussi celle qu’emploient Pausanias, II, xxm, 7, Apollodore, II, iv, 1, et Zenobius, Cent. 1, 4i- Sophocle se sert,

DANAE DANS L’ILE DE SERIPHE. 183

fidele et dévouée. Mais Jupiter avait conçu de 1 amour pour Danaé, que sa beauté accompiie rendait digne des embrassements du maître des dieux. I] se glissa, sous la forme d’une pluie (lor , a travers 1 ouverture du toit , jusque dans le sein de Danaé, qui recevait innocemment cette pluie merveilleuse; puis, se montrant à elle sous sa véritable forme3, il triompha de sa pudeur. Un enfant, Persée, fut le fruit de cette union. Danaé le mit au jour avec les soins de sa fidèle nourrice; elle réussit même à l’élever jusqu’à l’âge de trois ou quatre ans 4, sans qu’Acraras eût encore aucun soupçon de l’événement qui avait trompé sa prudence et qui devait justifier l’oracle. Mais enfin des cris de l’enfant, échappés à l’étourderie de l’âge, parvinrent aux oreilles des gardes, et le roi d’Argos apprit que sa fille était devenue mère. Il voulut alors savoir d elle-même quel était l’audacieux mortel qui l’avait séduite; il la conduisit avec son fils à X autel de Jupiter Herkeios 5, érigé, suivant l’usage des temps héroïques,

Àiitig. v. 937-9, des mots èv yalaoSazots txiiAats; cf. èv tw/xër/pet &aAdfup, qui expriment précisément la même idée; le scholiaste de Lycophron apporte à cette tradition un changement qui n est pas heureux, en disant rjtSripovv Sd.Atxp.ov. Les mythographes latins désignent la chambre de Danaé par les mots œneam turrim, qu’ils empruntent à Horace, Od. III, xvi, 1; cf. Stat. Theb. 1, a 53 : turrem septam; Claudian. m Eutrop. 1, 82 : turrem ceratam; Propert. II, xvi, 12 : ferratam domum. Hygin, en parlant d’une enceinte de pierre : eam in mnro lapideo prceclusit, semble suivre une tradition différente; mais il n’y a là peut-être qu’une inadvertance, en ce qu’il a pris l’appartement souterrain, Ktx.-rdiyot.iov 0lK0S0p.r1p.tx, où était la chambre de bronze, pour la prison même de Danaé.

1 Phérécyde dit que Jupiter, épris de Danaé, se rendit semblable à l'or, xpvtrcp zsctpairlvcrios , expressions qui ont été remplacées dans 1 extrait d’Apollodore par celles de métamorphosé en or, perapopÇœdeîs els xpvaôv; cf. Zenob. Cent. 1, 4i; Schol. Lycophr. ad v. 838 : Efc XPvrT°v p.£70tGflpé\ J/as. La pluie d'or est le mot qui a prévalu dans la plupart des versions antiques, que l’auteur du prologue de la Danaé avait certainement sous les yeux, lorsqu’il écrivait les vers que voici, Prolog, v. 3o-32 : iis âirvpos xpwrès yeyàs ,

HoBeiviv elSàs Toîho xlijput toîî pptrtois,

Aià tjiéyou; peveeiev èv yepolv xipijs.

Cf. Horat. Od. III, xvi, 8 : Converso in pretium deo ; Hygin. Fab. lxiii :Jovis in imbrem aureum conversus; Mythogr.Vat. 1, 1 57 : in aureum Jupiter imbrem mutalus. Cette image était probablement empruntée à une opinion très-ancienne sur l’éclat extraordinaire qui accompagnait toute apparition ou épiphanie de la divinité, éclat dont l’or était devenu naturellement le symbole. Cette idée se trouve déjà dans les Hymnes homériques, in Cer. v. 279, et in Apollin. Del. v. 1 3 5 : Xpoovp S’ éiptx AijXos dmxax fieëplOer, et Pindare s’exprime, au sujet de la première entrevue de Jupiter et d'Alcmène, d’une manière qui conviendrait à celle du même dieu et de Danae, Isthm. vu, 5: fl yjpoGtp ps&ovvKTiov NPDONTA SeÇapéva. rov (pép-rtxrov Qeûjv. L’image de pluie, qui se trouve déjà dans ces vers du poète, est plus positivement exprimée par le scholiaste, ainsi que le rapport avec l’aventure de Danaé : ÏSlas Aéyet -rov Ma TSAI xpuo-ôu, ÿvUx èpiyy t?) ÀXxpÿvg ■ ù tix èiri Aavdvs pvQevàptevtx èiri ÀXxprf vyv perijyaysv. Cf. Mitscherlich. ad Horat. Od. III, xvi, i-4.

3 Cette notion curieuse, énoncée d’une manière générale, et

conséquemment un peu vague, dans la plupart des textes antiques, Pherecyd. 1. 1. : Èk t où 6p6(pov psï; Apollod. 1. 1. : Aià tjjs àpoÇïi s elapvet s; cf. Zenob. I. 1.; Prolog. Danaës, v. 32 : A «à aléyovs ; Schol. Sopbocl. ad Antigon. v. 936 : Air 6 zéyovs, se trouve exprimée en termes plus précis, au moyen d’un mot technique, par le scholiaste de Lycophron, l. I. : Xu0eis Std -rivos OnilS ; et cet exemple du mot àirtf, pour signifier une ouverture dans le toit, doit être ajouté à ceux que j’en ai déjà cités ailleurs, Annal, dell’ Instit. archeol. t. I, p. 419-424 ; Odyssêide, p. 3oa, 3), et plus récemment encore, Journ. des Savants, décembre î 846, p. 724-727.

3 Cette circonstance importante n’est exprimée que dans l’extrait de Phérécyde que nous a conservé le scholiaste d’Apollonius, l. 1; cf. Fragm. n, p. 72 : KaiÉKOllNAS aùr bv à Zeùs Tf; zrtxtSi piyvwtxr, cf. Phavorin. v. AupiGios; et il n’en est que plus digne d’attention de la trouver dans le plus ancien des témoignages qui nous restent de cette fable, dans celui-là même qui était directement puisé à la source épique.

4 Pherecyd. Fragm. I. I. : Ôte Sè Ueptrevs TPIÉTH2 i) TE- TPAÉTHS èyévero, k. t. X. C’est encore sur l’autorité du seul Phérécyde que se fonde cette circonstance, dont les auteurs d’un âge plus récent se sont éloignés, en rapportant la découverte de la naissance de Persée immédiatement après cet événement, Schol. Lycoph. I. I. : T SKOvatxv Sè ervv -rü> (2pé(pei èpfSaAav; Zenob. I. I. : AltrOôpevos Sè éü otù-rrjs yeyevvypévov Ileperéa, ps-rà t où tsouSos... (SaXw»1; et alii.

5 Pherecyd. Fragm. I. I. : A avdyv Sè Ktxrdyei trvv tm t»r cuSi èiri rov vira 7 0 èpulov 7 oü Aios jS apàv. Je cite ce texte tel que l’a restitué, sur la foi d’un manuscrit, M. Creuzer, Commentât. Ilerodot. p. 238; cf. Symbolik, t. I, p. 80, not. et t. III, p. 127. Mais j’avoue que je conserve encore quelques doutes sur la valeur de cette restitution. Le savant philologue pense que l 'autel en question était placé près du mur d’enceinte, ùtc 0 7 6 èpulov, dans la cour, èv 7 p aùXîj; ailleurs, t. III, p. 120, il le met près de la porte, an der Thiire; il y a là quelque contradiction, au moins dans les termes, si ce n’est dans les idées. Quant à moi, je crois que l’autel de Jupiter Herheios était érigé au centre de la cour, (xefTÔp^aXos èaita, atdibus in mediis, et qu’il se trouvait directement au-dessous de l’ouverture, ànv, àivtxlov, pratiquée dans le toit de cette cour; voy. à ce sujet les explications que j’ai données dans mes Monuments inédits, Odyssêide, pl. lxvi, p. 3oi -2. En

dans la cour de son palais, et là, en présence de ce dieu vengeur du parjure \ il lui ordonna de révéler le père de son enfant. Danaé nomma Jupiter; mais Acrisius refusa de la croire , et Jupiter, dont on invoquait le nom pour confondre une imposture , n apparut pas pour confirmer un aveu qui l’accusait. Alors Danaé fut enfermée 2 avec son fds dans un coffre de bois'6, qui fut traîné jusqu’à la mer, et qui y fut impitoyablement lancé. Les flots épargnèrent pourtant cette fragile nacelle qui portait 1 amour et le crime du maître des dieux. Des vents favorables la poussèrent vers file de Sèriplie, dont le souverain, Polydectes, était du sang de Neptune4, et où Dictys, son frère, qui devait son nom à l’exercice de la pêche0, la prit dans ses filets et la tira sur le rivage. Surpris d’entendre des supplications sortir de ce coffre, Dictys l’ouvrit , en tira Danaé et son enfant , qu’il conduisit dans sa demeure , et dont il devint le protecteur et l’ami. Telle est, réduite à sa plus simple expression, cette fable intéressante, qui joua un si grand rôle dans les traditions populaires de l’antiquité.

Maintenant, quel sens doit-on attacher à cette fable, où le merveilleux est trop sensible pour qu’on puisse y chercher rien de réel et d’historique ? Doit-on y voir une de ces expressions symboliques d’un dogme de la religion naturelle, transmis d abord a la Grèce par 1 Asie qui en était le berceau, puis personnifié, suivant le génie hellénique, sous des noms qui rappelaient plus ou moins clairement cette origine orientale et ce culte solaire? La chambre souterraine, où Danaé fut enfermée est-elle une image de la terre, où sont déposés tous les germes de la fécondité? Danaé, dont le nom semble exprimer des idées de sécheresse et dé aridité, et qui devient mère après avoir reçu la pluie dor céleste, représente-t-elle la Terre, affligée de stérilité et fécondée par le soleil ? Le coffre, où la mère et l’enfant sont enfermés et jetés à la mer, est-il une expression équivalente de la même idée symbolique que le coffre avec la momie d’Osiris jeté aussi à la mer? Enfin Dictys, Yhomme au filet, et Polydectes, celui qui reçoit tout, semblable à Pluton, achèvent-ils de personnifier ce dogme de la mort et de la résurrection que l’ancienne philosophie des peuples primitifs s’était plu à exprimer sous tant de formes diverses ? C’est du moins ainsi qu’un profond penseur et un savant antiquaire

ce qui concerne le passage de Phérécyde, il est évident que c’est l’autel île Jupiter Herkeios, toü Èpxlov Atôs fiapâv, qui est la circonstance essentielle, et non la mention du mur d'enceinte, viro t ô èpxiov. Je crois donc que la préposition vivo, qui a produit toute cette difficulté, doit être supprimée, comme une glose malheureuse, due à quelque ancien copiste, et je lis le passage de cette manière : É7ri toi; t ov Èpxiov A toe fiwpov.

1 Sur cet autel de Jupiter Herkeios, voy. les savantes explications données par M. Creuzer, Comment. Herodot. p. 2 3 2-2 38, et Symbolik, t. III, p. 11 4, suiv. 3° édit.

2 Cette idée est positivement exprimée, sous une forme proverbiale, dans ce vers de Théocrite, où il est certainement fait allusion au sort de Danaé, Idyll. vu, 84 : Kai tv xa.tex'kdcrQys ès }.dpvaxa ; cf. Pherecyd. I. I. : Kai xXeâras xuTct-rrovroï; Schol. Sopliocl. in Antigon. v. g36 : Éw yjtkxâ xiëanlep èvéxXeicrev.

3 L’idée d’un coffre de bois est celle qui est exprimée par le mot XâpraÇ, quelquefois avec l’épithète Zvkivt] , employé dans tous les textes antiques, Pherecyd., Apollodor., Schol. Lycophr. et Homer., Zenob. , Phavorin., II. II. Le seul scholiaste de Sophocle se sert d’un terme équivalent pour désigner ce coffre ,

qu’il fait de bronze, ad Antigon. v. g36, èv yakxâ xtScoTla; mais cette variante ne mérite aucune considération.

4 Pherecyd. Fragm. n, p. 72; cf. Sturz. ad h. I. p. 75; Heyn. ad Apollodor. II, 1, 4-

5 Ce nom de Dictys, Ai'ktvs, paraît bien effectivement dérivé de celui de Sixtîiov, filet; cf. Muncker. ad Hygin. Fab. lxiii; Creuzer, Symbolik, t. IV, p. 2 43, et il est d’accord avec l’action que le récit de Phérécyde attribue à ce personnage : ÈÇéXxei A/ktvs..., StxTvcp àXf evcov, aussi bien qu’avec la profession même que lui donne Hygin, Fab. lxiii : Piscalor Dictys. Or cette dernière tradition paraît bien avoir eu une certaine autorité chez les anciens; car c’est celle qui se trouve consacrée sur une curieuse médaille de Tarse, Mionnet, Description, t. III, p. 647, nM 56 1 , 587, Supplément, t. VII, p. 283, n°‘ 5i2, 528, dont le type présente Persée, debout, armé de la harpé, et présentant la tête de Méduse à un vieux pêcheur, qui tient de la main droite un poisson, et qui porte de la main gauche un bâton appuyé sur son épaule d’où pend une corbeille; type neuf et remarquable, trèsbien expliqué par M. Cavedoni, Spicileg. numism. p. 211. Les mythographes latins, qui faisaient aborder Danaé à Ardée, et non

Page 1