ADDITION A LA FABLE DE NEPTUNE ET AMYMONE
En parlant1 des représentations de la céramographie qui ont rapport à cette fable, jai dit qu’on ne voyait apparaître, sur aucune de ces peintures, le satyre dont 1 action licencieuse avait motivé l’intervention de Neptune. J’avais perdu de vue le vase du musée de Naples2 3, où se voit représentée, devant Neptune assis, tenant le dauphin et le [rident, de chaque main, Amymone debout avec une couronne à la main; entre eux, une hydrie à trois anses, posée sur une base à quatre degrés, ombragée par le platane de la fontaine de Lerne1, et, du côté d’ Amymone, un satyre barbu, qui étend la main vers elle, comme pour saisir la Danaïde déjà placée sous la protection du dieu, et qui ne peut être que le satyre de l'Argolide. Ce vase du musée de Naples m’a été rappelé par l’indication, venue tout récemment à ma connaissance4 5, d’un autre vase de la Basilicate, qui représente la fable de Neptune et d’ Amymone, mais d’une manière toute différente des compositions connues du même sujet . On y voit Amymone, tenant d’une main l 'hydrie posée sur la base de la fontaine; en face de la vierge d’Argos, Neptune debout, armé de son trident; entre eux, la licite sur laquelle la jeune Danaïde avait décoché un trait imprudent. Les témoins de cette scène, Mercure, appuyé sur son caducée, l 'Amour ailé, présentant à Amymone la couronne nuptiale, Pan, portant la syrinx, et deux femmes, qui, d’après la place quelles occupent et d’après les attributs qui les distinguent, c’est à savoir, un e fleur, un miroir et une branche de myrte, ne peuvent être que Vénus et Pitlio, caractérisent la situation traitée par l’artiste, qui est évidemment celle de l’union sacrée du dieu et de la Danaïde. Cette composition est une des plus remarquables que nous ayons recueillies de la fable de Neptune et d’Amymone, et j’aurais regretté de n’en pas joindre l’indication à celle que j’ai donnée des autres peintures de ce sujet6.
1 Voy. plus haut, p. a3.
2 Ce vase a été décrit par MM. Éd. Gerhard et Panofka, Ncapels antili. Bildwerke, t. I, p. :> 6 5 , n° 1 35a. Il a été indiqué aussi par M. Otto Jahn, Palamedes, p. 48, 67).
3 Pausan. II, xxxvir, 1.
4 J’ai en vue un savant article de M. G. Minervini, inséré dans le Ballet, arclieol. napoletan. n' vn et vm, 1 april. i843, p. 53- 58, dont je n’ai eu connaissance qu’après l’impression de cette partie de mon ouvrage.
5 J’excepte pourtant le grand vase d’Armento, conservé au musée des Studj, dans le champ inférieur duquel est une représentation du sujet de Neptune et d’Amymone, traitée à peu près comme sur le vase de la Basilicate récemment découvert, ainsi que cela résulte de la confrontation de ces deux peintures faite par l’habile antiquaire napolitain, M. G. Minervini; voyez l’article
cité à la note précédente; cf. Neapels ant. Bildwerke, 1. 1 , p. 286-7.
0 Je répare ici une omission du même genre que j’ai commise plus haut, au sujet de l’explication du vase de M. Iatta, déjà publié par M. Otto Jahn, Vasenbilder, Taf. iv, A, B, S v, Poséidon and Amymone, p. 34-4o; et parmi les idées neuves et heureuses que ce sujet a fournies au savant et ingénieux antiquaire que je viens de citer, je signale surtout à l’attention de mes lecteurs l’interprétation qu’il a donnée, p. 36, 1 4) , d’une peinture de Pompéi, R. Mas. Borbon. t. III, tav. ni, en y voyant la fable de Neptune et à' Amymone traitée d’une manière toute nouvelle. Mais j’avoue que je ne puis voir celle de Neptune et de Théophanê, changée en bélier, sur la pierre de la collection de Cadez, qu’il a publiée, ibid. taf. iv, E, p. 4o, 32). Je reviendrai sur toutes ces questions dans la IV’ de mes Lettres archéologiques sur la peinture des Grecs, à l’article qui sera consacré aux Amours de Neptune.