PLANCHE IV
APOLLON ET DAPHNÉ
Hauteur, 0,80 cent. — Largeur, 0,64 cent.
Apollon, dieu du jour, du trépied et de la lyre, n’avait conservé sur les monuments de l’art des beaux temps de la Grèce presque aucun des traits de sa physionomie primitive, liée à l’idée principale de son culte originaire. Ce culte avait pour objet, dans l’Asie, qui en
fut le berceau, et dans la Grèce, qui le reçut lion, une des nombreuses personnifications du Soleil, comme le principe de la vie et de et qui guérit ; et c’est précisément cette idée sant, destructeur et secourable , qui dominait qui ne s’exprimait plus que par des épithètes
1 Apollon, dieu vengeur et destructeur, avait reçu son nom de cette circonstance même, puisque, d’après l’opinion la plus générale, celle que suivait Æschyle, Agamemn. v. 1081 : kitoKkov, dyvtà t’ ditàXhav èfiàs; Euripid. Phacton. fragm. v. i3, t. IX, p. 265, Matlliiæ, le nom ÀirdXXwy était dérivé d’et7rdXXi>f«, tandis que, suivant une autre tradition, ce nom à' Apollon se rapportait à la qualité contraire, celle qu’avait le dieu de sauver et de guérir, ainsi que l’explique Eusèbe, Prœp. ev. ni, 1, t. I, p. 95, Heinich. : ÀIIÔAAQN Sè, ùs dirdXXdilav xo il ÀIIOAfnN tmv xsepi ucopa, vocxr}p.aihxm> -uradœv tov âvdpomov ; cf. Macrob. Sat. 1, 17; Etym. magn. v. ÀirdXXûw : Ilapà t 6 diro'kvetv tous dvdpânrovs tü>v xaxâv. Considéré sous le premier rapport , qui est celui qui domine dans l’idéal homérique de ce dieu , Iliad. 1,
de là, dès la naissance même de sa civilisadu dieu multiple qu’on adorait sous le nom la mort, comme l’être tout-puissant qui perd d’un dieu alternativement terrible et bienfaidans le mythe de l’Apollon hellénique, mais hiératiques \ ou par des attributs d’un carac-
42, sqq. ; xxiv, 6o5; Odyss. xi, 3 18; xn, 3 11, les épithètes sous lesquelles il était invoqué, et qui faisaient allusion à la puissance irrésistible de ses flèches vengeresses, étaient celles de ëxaros, èxdep-yos, éjtarijêdXos, ou éjojëdXos, hjïos, 'koip.ioc, et autres pareilles. Considéré sous le second, qui est celui qui prévalut dans les temps de la belle civilisation grecque, il s’appelait le dieu secourable et sauveur par excellence, dXeÇ/jtaxos, dxéaios, dxéf/lwp,eT(oiy)p, d-norpàiiouos, èmxovpios, ovXios, Pausan. I, ni, 3; et VIII, xli, 5; Strabon. XIV, p. 942; voy. Creuzer, Symbolik, etc., t. II, p. 166, suiv., et z«r Gemmenkunde, p. 110-111 et 1 96-197 ; Feuerbach, der Vatican. Apollo, p. 24 1 ; et il partageait avec son fils Esculape, dieu de la médecine, les qualifications empruntées à cè dernier ordre d’idées, celles de zsaidv, ou de
tère opposé, tels que l’arc et les flèches, d’un côté, la lyre ou la cithare et les Grâces, de 1 autre à l’époque où l’image de cet Apollon, expression fidèle d’une civilisation qui s était adoucie avec le temps, en se vouant tout entière au culte du beau, ne se présentait plus que sous les formes de la perfection physique. On peut mesurer tout 1 espace qu avait parcouru le génie grec, à la fois dans le domaine de la vie sociale et dans celui de la vérité imitative, à partir de l’idole d’Amycles, première et grossière ébauche d’un anthropomorphisme asiatique", et de la statue d’Apollon à quatre bras*, autre idole conçue dans un goût, oriental, qui exista chez les Lacédémoniens, jusqu’aux colosses d’Apollon, chefs-d’œuvre de 1 art, sortis de la main des Onatas *, des Calamis 5, des Phidias \ et de leurs émules, qui offraient le type accompli de la nature humaine, sous des traits qui n exprimaient plus que la santé du corps et le calme de l’âme, produits par la musique, la médecine et la divination, avec des symboles qui ne se rapportaient pareillement qu’aux plaisirs de l’esprit et aux jouissances de la vie. Dans cet ordre d’idées et dans cette période de la vie sociale des Grecs, le dieu de Delphes, de Délos et de Milet, était devenu la personnification la plus parfaite d’une société qui employait, pour adoucir les mœurs, tout ce que le génie de l’homme avait pu inventer et perfectionner, dans le cours des siècles, de moyens propres à ce but, par le jeu des oracles, par le spectacle des panégyries, par l’action combinée de la poésie et de la musique, et enfin par les œuvres de l’art, qui réalisaient aux yeux l’idéal de la beauté divine rendu sensible sous des formes humaines.
L’Apollon hellénique, dégagé de son mysticisme oriental, du double sexe, qui avait exprimé sa double nature7, des idées contradictoires qui s’associaient dans son mythe, et surtout du caractère terrible dont son nom même d'Apollon 8 netait plus resté qu’une expression vaine et réduite pour ainsi dire à un simple son, l’ Apollon hellénique, tel que le concevaient les contemporains de Phidias, offrait ainsi, dans sa personne, toutes les perfections
tactlav , laTpôs, IcLTpopAvTts , Hymn. Orph. xxxiv, 1 ; Æschyl. Eumenid. v. 6a ; cf. Aristophan. Plat. v. 8 ; Sophocl. Œdip. R. v. i5o et 162; voyez surtout Millin, Monum. inéd. t. II, p. 90-96.
1 Cette antithèse hiératique de l’arc et de la cithare avait été remarquée par les anciens, Horat. Carm. II, 10, i3; Panegyr. inPison. i3o; add. Serv. ad Æn. ni, 1 38; et c’est une des particularités du mythe d’Apollon qui a été expliquée avec le plus de soin par les critiques modernes, à la tête desquels il faut placer M. Creuzer, zar Gemmenkande, p. 112; cf. Feuerbach, derVatic. Apollo, p. a44; Stackelberg, der Apollotempel zu Bassœ , p. 99-100. Le colosse de l’Apollon de Délos, tenant, d’une main, l’arc et les Jlèches, symboles du dieu destructeur, de l’autre, les Grâces, divinités secourahles aux mortels, exprimait pariaitement cette double idée, Creuzer, endr. cit., p. 196, 2 34); voyez, sur cet Apollon de Délos, type de toute une classe de statues, Schol. Pindar. ad Olymp. xiv, 16; Macrob. Sat. x, 17, et sur les réminiscences qui s’en sont conservées, ma Lettre à M. Schorn, au mot Angèlion, S m, n. 24, p. 198-203, 2e édition.
2 Cette idole, en forme de cylindre, avec une tête casguée et des bras portant un arc et des Jlèches, telle qu’elle est décrite par Pausanias, III, xix, 2, représente certainement un simulacre d’origine asiatique. C’est une notion que je mettrai en évidence
dans mes Mémoires d’archéologie comparée, asiatique, grecque et étrusque.
3 Liban, p. 34o, ed. Reisk. Cf. Ott. Müller, Handbach, etc.
u Pausan. VIII, xlii, 1; cf. Anthol. Pal. ix, 2 38. Cet Apollon était placé à Pergame, et célèbre dans l’antiquité sous le nom de KaXXiTE^vos, Arislid. Fragm. in nov. collect. Mai, I, 3, p. 4i-
5 J’ai en vue l 'Apollon etXeÇùtaxos de Calamis, Pausan. I, m, 3.
0 Sur cet Apollon de Phidias, voyez Ott. Müller, DePhid. vit. et opcr. 1, p. 16 , sqq.
7 La bipenne était le symbole de cette androgynie, non-seulement à Ténédos, mais encore dans tant d’autres villes grecques de l’Asie, où l’emploi de ce symbole était si commun. C’est ce que j’aurai lieu de démontrer dans mes Mémoires d’archéologie comparée, asiatique, grecque et étrusque. En attendant, je rappelle le simulacre d'Apollon androgyne publié dans les Specimens of ancient sculpture, 1. 1, pl. 43-44, au sujet duquel sir Rich. Payne Knight a indiqué plusieurs autres représentations conçues dans le même ordre d’idées, que nous connaissons parles médailles et par d’autres monuments antiques. Voyez son Enquiry, etc. S 1 33 , p. io5; et consultez aussi, sur la même question, Boettiger, Amalthea, t. I, p. 365.
8 Voyez plus haut, p. 59, 1).
APOLLON ET DAPHNE
de l’homme jointes à toutes les passions de l’humanité. De là cet amour des belles femmes, auquel le fils de Jupiter et de Latone se montra si sensible, et qui lui fit attribuer, par l’opinion des Grecs , flatteurs complaisants et intéressés de leurs propres vices 1 , de si nombreuses maîtresses, chacune avec quelque circonstance propre à rendre plus séduisante ou plus coupable la passion qu’ils déifiaient en lui.
Les pères de l’Eglise et les apologistes du christianisme, dans leur lutte passionnée contre les sectateurs du polythéisme, ne pouvaient manquer de tirer un grand avantage de ces amours d’Apollon avec des mortelles, qui constituaient un véritable scandale aux yeux même des honnêtes gens de la société païenne. Aussi voyons-nous comment le docte Clément d’ Alexandrie triomphe dans l’énumération injurieuse, qu’il jette à la face de ses adversaires, des maîtresses d’Apollon2 : « Appelle-moi, s’écrie-t-il, ton Apollon; c’est Phœbus, dis-tu; « c’est le chaste devin; c’est l’honnête conseiller : mais ce n’est pas ce que dit de lui Stèropè, « ni Æthusa, ni Arsinoè, ni Zeuxippè, ni Prothoè, ni Marpessa, ni Hypsipylè. Daphné seule évita « la poursuite du dieu devin , et échappa seule à son déshonneur. » Arnobe s’empare à son tour de ce texte favorable , qu’il reproduit dans son style déclamatoire 3 * , et qu’avant lui Jul. Firmicus avait donné avec des détails malheureusement trop succincts\ mais qui prouvent que ces auteurs chrétiens avaient alors entre leurs mains des livres de mythologie grecque où se trouvaient racontés ces amours d’Apollon , que nous ignorons aujourd’hui , avec les circonstances qui caractérisaient chacun d’eux. Dira-t-on que les pères et les docteurs de l’Eglise, les Clément d’Alexandrie, les saint Cyrille5, les saint Justin6, les Tatien7, les Théophile8, sont suspects de fausseté ou du moins d’exagération, quand ils s’attaquent ainsi aux dieux du paganisme, et que le zèle pour la religion qu’ils défendent leur fait trouver des monstres dans celle dont ils sont les ennemis ? Mais ces auteurs chrétiens , dont on voudrait ainsi écarter le témoignage, atténuent bien plutôt qu’ils n’exagèrent, la matière qu’ils avaient entre les mains; et leur pudeur, cpii se respecte dans un sujet si scandaleux, épargne au paganisme une grande partie de la honte qu’ils pouvaient lui infliger. Ainsi le docteur d’Alexandrie ne nomme que huit des maîtresses d’Apollon ; et je pourrai citer jusqu’à cinquante de ces femmes9, objets de la passion du dieu de Delphes, d’après les écrits des païens euxmêmes; et encore faut-il tenir compte de la perte de tant d’ouvrages de la littérature grecque,
1 C’est ce que Minucius Félix reprochait aux païens de son temps, dont il devait bien connaître les opinions, puisqu’il avait longtemps partagé leurs erreurs; Minuc. Fel. in Octav. c. xxn : « Quid loquar Martis etVeneris adulterium deprehensum ? et in Ganymedem Jovis stuprum cœlo consecralum ? Quæ omnia in hoc prodita, ut vitiis liominum quædam auctoritas pararetur. »
2 Clem. Alex. Protrept. p. 27, ed. Porter. : KaXei pot «ai tov Àtt dXXw <S>oï§às èaltv ovtos, «ai pdtvrte âyvos, «ai o'vpêov'kos dyctOâs • ûtXX’ où ravra ij SrepOTTi; léyet, oùSè f/ Ai'Qovcra,, oi/Sè i) Apatvoi), oùSè 1) ZevÇîmrri, oùSè i) îïpoOàr], oùSè tj Maprojo-era, oùSè j) T\J/ (irùXr? • Adipvri y dp èÇéÇvye MÔNH «ai t ov pdiniv, «ai ryv (pOopdv.
3 Arnob. adv. Gent. IV, xxvi : « Numquid Apollo Latonius im-
maculatus ille, castissimus atque purus, Arsinoas, Æthusas,
Ilypsipylas, Marpessas, Zeuxippas et Prothoas, Daphnas et
Steropas, inconsulti pecloris appetivisse fervoribus?»
4 Jul. Firmic. De error. prof, relig. p. 4a 8, ed. Gronov. : « 111e quem volunt severis oraculis errantium hominum peccata corrigere , Steropen AMAT, Æthusam RAPIT, Zeuxippen STUPRAT, QUÆRIT Prothoen, et Arsinoen adultéra cupiditate BLANDITUR. »
5 Cyrill. adv. Julian. 1. VI, p. 196.
6 Justin. M. Parœnes. adGrœc.;ld., Apol. I. pr. Christ, c. xxxm.
7 Tatian. Orat. ad Grœc. c. xm.
8 Theopbil. Antioch. ad Antolyc. 1. II, p. 85.
9 Un antiquaire de nos jours, rendant compte d’un vase où se trouve représenté un de ces nombreux amours d’Apollon, compte plus de trente femmes, objets de la passion de ce dieu, Annal, delï Instit. archeol. t. XI, p. a53. : Nabbiamo pih di trentà. La liste que je donnerai de ces maîtresses d’Apollon , dans la IVe de mes Lettres archéologiques, s'élèvera à pins de cinquante; et, sans doute, elle ne sera pas complète.
où se trouvaient certainement les fables qu’avait, en vue le docteur d Alexandrie en nommant Hypsipylè, Zeuxippè, Prothoè et Stéropè, qui ne sont citées dans aucun des textes grecs qui nous restent1; sans parler d’autres héroïnes qui devaient, sans doute, y figurer au même titre. Daphné seule, suivant nos auteurs chrétiens, échappa à la honte en trompant l’amour d Apollon; mais c’est une erreur, peut-être volontaire, de ces écrivains, cpii, charmés de l’exemple d honnêteté donné par Daphné 2, étaient disposés à y trouver un crime de moins de la part du dieu de Delphes, tout en y voyant une preuve de plus de l’impuissance de son art. Telle n’était pas, sur ce point, l’opinion des anciens eux-mêmes; leurs propres témoignages en font foi, et leurs monuments mêmes, que je vais faire connaître, prouvent que Daphné chercha vainement à se dérober, par une fuite qui attestait sa vertu et qui méritait un meilleur prix, aux désirs effrénés d’un dieu de l’Olympe.
La fable de Daphné fut certainement une de celles qui eurent le plus de cours dans l’antiquité grecque ; et la diversité des traditions sur la question de savoir si cette nymplie était fille du jleuve Pènèe 3 * *, ou du fleuve Ladon11 , ou d'Amyclas 5 , ne concerne que le lieu de la scène, placé par les uns en Thessalie, par les autres en Arcadie, par d’autres encore en Laconie , ou même en Syrie , sur les bords de l’Oronte 6 ; mais cette diversité sur un point accessoire n’infirme en rien l’ancienneté et la réalité de la tradition sur le fait principal, qui est l’amour d’Apollon pour Daphné. Ce serait ainsi une assez grave erreur que d’admettre , avec un antiquaire de nos jours 7 , que la célébrité de la fable de Daphné n’ait daté que du poëme d’Ovide, et que le récit romanesque mis en vogue par ce bel-esprit du siècle d’Auguste ait été inconnu aux beaux temps de la Grèce; ce qui tendrait à nier qu’il y ait eu des monuments de l’art grec relatifs à cette fable. La tradition qui nous a été conservée par Parthénius 8 , et qui était tirée du poëme élégiaque de Diodore d’Elée et du grand ouvrage de Phylarque , suffit pour prouver que cette fable jouissait, cliez les Grecs , d’une ancienne renommée. C’est bien la même tradition qui est rapportée aussi par Pausanias 9 , comme propre à deux des peuples du Péloponnèse , les Arcadiens et les Eléens ; et c’est certainement à tort que le même antiquaire que je désignais tout à l’heure s’autorise du silence absolu qu’aurait gardé Pausanias sur l’intervention d’Apollon dans le mythe de Daphné, pour en attribuer l'invention au siècle d’Ovide : car Pausanias fait expressément allusion à cet
1 C’est, eu ell’et, ce qu’a remarqué avec raison M. Conr. Orelli, ad Arnob. IV, xxvi, t. II, p. 237.
2 Celle intention paraît surtout exprimée dans ce passage de Tatien, Orat. ad Grœc. c. xm : Èirauvâ as vvv, w Acttpinj, tt/v Anpaaixv 1 ov kirâWavos vtKi'iaotax • ijXsy^xe ainov tïjv pxvt ixrjv, cm p; yspoyvov s là. tsspi as , tt)s xinov t éyyys oint mvccto ; cf. ibidem, c. xxxm.
3 Hygin. Fab. ccxii; Ovid. Metam. 1, 452 ; Lactant. ad Stat.
Theb. 1, 554.
h Paus. VIII, xx, 1; Palæphal. Incred. c. 4o; Aphthon. Pro-
gymn. vi, p. 27, ed. Heins.; Nonn. S vvay. Icr7op. II, xvi,p. 1 c>5 ;
Schol. Lycophr. ad Cassandr. y. 6; Auctor. Geopon. 1. XI, c. ni;
Schol. Homer. ad Iliad. 1, i4; cf. Eudoc. Violar. p. 106, et
Phavorin. Lexic. v. Act< pt’y; Serv. ad Virg. Æn. ni, 91; cf. ibid.
n, 5 1 4 ; Stat. Theb. iv, 290; cf. Schol. ad h. 1; Arrian. apiul Eustath. ad Dionys. Perieg. y. 916.
5 Parthen. Narrat. Erotic. c. xv.
0 Pausan. VIII, xx, 2; cf. Philostr. Vit. Apollon. 1, 12; 16; Arrian. apud Eustath. ad Dionys. Perieg. y. 916 et 718; voy. Casaubon, ad Jul. Capitol, in M. Antonin. vin, 1. 1, p. 323-324; Ott. Muller, Antig. Antioch. Si, 16, p. 42-46.
7 M. Braun, dans les Annal, delï Instit. archeol. t. XI, p. 2 52 : « In generale stà a vedere se questa favola non abbia avuto grido dal romano poeta SOLTANTO , e se i buoni tempi délia Grecia abbiano REALMENTE conosciuto il romanzo che più tardi sali in voga. »
s Parthen. Narrat. erotic. c. xv.
0 Pausan. VIII, xx, 1.
APOLLON ET DAPIfNÉ.
amour d Apollon pour Daplmè ', en des termes qui ne peuvent se rapporter qu’à la tradition exposée en détail par l’auteur des Erotiques.
Or, du moment qu’il est avéré, par des témoignages dignes de foi, que la fable de Daphné, bien que racontée avec des circonstances diverses et rapportée à des localités différentes, était anciennement reçue dans l’opinion des Grecs, il semble naturel de supposer qu’elle avait passé aussi dans les œuvres de l’art; et c’est ce que je crois, pour mon propre compte, pouvoir admettre sans la moindre difficulté. La célébrité qu’avait dû acquérir de bonne heure cette fable, par le rapport quelle avait avec l’arbre fatidique d’Apollon, le laurier, devient pour moi un motif suffisant de croire qu’il y eut dans la Grèce des monuments figurés de cette fable, comme il y eut des récits élégiaques, comme il y eut aussi des danses mimiques2. Ces monuments représentaient, sans doute, Apollon prés datleinclre Daphné, qui fuyait encore, ou qui succombait à la fatigue de sa fuite; et je suis d’avis que toute image ou toute réminiscence d’un groupe pareil qui se sera conservée dans les œuvres de l’art antique peut être rapportée à ce sujet, quand bien même la circonstance de la métamorphose en laurier n’y serait pas positivement représentée. Cette manière de traiter la fable de Daphné, que nous verrons suivie sur quelques monuments d’une basse époque, me paraît éloignée de l’esprit, de la haute antiquité, où la métamorphose en laurier était plutôt indiquée au moyen d’un procédé symbolique, par la présence du laurier.
En tête de ces monuments de l’art grec relatifs à la fable de Daphné, je serais disposé à placer le bas-relief d’une des métopes d’un temple de Sélinonle, qui représente Apollon poursuivant une femme qu’il est près cl atteindre*. A la vérité, il n’existe sur ce bas-relief aucun signe particulier, aucun symbole, aucun objet accessoire qui fasse allusion à Daphné plutôt qu’à quelque autre des nombreuses maîtresses d’Apollon ; mais la sculpture de cette métope est tellement dégradée, qu’il serait possible qu’il y ait eu sur le fond de la métope l’indication d’un laurier, qui ne s’y distingue plus aujourd’hui; et la circonstance d’un e femme poursuivie par Apollon''1 est tellement propre et caractéristique du mythe de Daphné, que, dans le doute où nous laisse l’absence de tout symbole, je pencherais plutôt pour cette fable que pour toute autre, comme l’a fait l’illustre antiquaire à qui nous devons la publication des Antiquités de Sèlmonte. Je proposerais aussi, mais avec moins de confiance, de reconnaître Apollon poursuivant Daphné sur une charmante amphore de Nota, qui de la collection de
Pausan. V1U, xx, 1 : 01 Se tov À-kôXXwvos EPOTA ès avri)v (AdÇvyv) txSovres, xaî t dSe ètrîkéyooair.
2 On sait que la plupart des aventures mythologiques, qui avaient donné lieu à des monuments des arts d’imitation , avaient aussi fourni le sujet de danses mimiques; et l’on connaît les rapports intimes qui existèrent de tout temps, chez les Grecs, entre la plastique et l’orchestique, non-seulement sous le rapport du choix des sujets, mais encore sous celui du mode de composition, comme sous celui du style. On serait donc suffisamment autorisé à conclure de la notion que telle fable faisait partie du cycle des danses mimiques, quelle était entrée aussi dans le domaine des arts plastiques. Or c’est un fait attesté par Lucien, De saltat. S 48, t. V, p. aSa, Bip., que la fuite de Daphné, AdÇvyï <pvyy, était un des sujets de ballet, dans l’anti-
quité grecque; et cela suffirait, à défaut d’autres témoignages, pour prouver que la connaissance de ce sujet avait dû être familière aux Grecs, et, de plus, qu’il avait dû figurer sur les monuments de l’art grec.
3 Serradifalco, Antichità di Selinonte, tav. xxx.
" C’est ce qui résulte de l’emploi du verbe Sidxeiv, employé pour décrire l’action d’Apollon; témoin ce passage de Palæphat, De incredib. c. 4o : Aiwxeiv oZv ëSet, xaî èStcéxero ; et celui-ci d’Achille Tatius, 1, v : ktrâXkav pefiÇôpevos AdÇvyv (pevyovaav, xaî Stcéxcov âpa xaî fiéXAwv xa-ralapêd veiv. J’ai déjà eu occasion de signaler le sens propre de cette expression; voyez plus haut, p. 20, 4), et j’aurai lieu, dans la ivc de mes Lettres archéologiques, d’en établir, par de nombreux exemples, l’usage consacré dans les circonstances pareilles.
M. Durand, où elle a été décrite1, a passé dans mon cabinet, et qui est encore inédite2. La circonstance qu’ Apollon porte un rameau de laurier ne me paraît pas former une difficulté bien grave contre celte explication, dont je laisse juges mes lecteurs. Mais je n hésite pas à rapporter à la fable d'Apollon et Daphné la peinture d’un vase de Vulci, qui se trouve dans la Pinakolheque de Munich3, et qui représente le dieu poursuivant la nymphe, arrivée au terme de sa fuite. La lyre, que tient ici le dieu de Delphes4, ne permet pas de le méconnaître, et quant à la nymphe poursuivie, le nom de Daphné est certainement aussi celui qui offre le plus de probabilité.
J’hésite encore moins à expliquer, d’après cette fable si ancienne et si populaire, la peinture d’une belle coupe de Vulci, qui a été publiée parmi les Monuments de l Institut archéologique5, et qui fait pareillement partie de ma collection. Le savant auteur de l'explication jointe à cette peinture de vase s’est déterminé par une simple conjecture, comme il en convient lui-même6, pour le sujet d Apollon et de Boline, d’après la circonstance que les pieds de la nymphe poursuivie ne semblent pas toucher la terre: ce qui faisait allusion, selon lui, au saut mortel que la vierge achéenne aurait fait dans la mer, suivant la tradition rapportée par Pansa nias7. Mais cette circonstance de pieds en l’air n’est pas propre à Boline plutôt qu’à toute autre femme représentée en course: c’est une manière d’indiquer une fuite rapide, qui était dans les habitudes de l’art grec, et dont nous avons une foule d’exemples sur les vases peints. Il y avait, d’ailleurs, dans notre peinture une autre circonstance, bien autrement décisive, qui excluait tout à fait le sujet de Boline, et qui s’accordait très-bien avec celui de Daphné: c’est que le//7.s de Latone tient déjà embrassée la nymphe cjui a cherché à lui échapper par la fuite; or ce n’avait pu être le cas de Boline, qui s’était, précipitée dans la mer avant d’être atteinte par Apollon. On conviendra, sans doute, que l’idée de faire élancer dans la mer la nymphe poursuivie, qu’ Apollon aurait déjà tenue dans ses bras, est la moins heureuse qu’il soit possible d’imaginer, tandis qu’il est certain, comme je le montrerai tout à l’heure, qu Apollon avait déjà saisi Daphné, qu’il la pressait dans ses bras, quand elle lui échappa par sa métamorphose en
1 De Wilte, Descript. des antiq. du cabin. Durand, n. 8, p. 3. L’habile interprète observe en note que la fable rie Lcucippns, amoureux de Daphné, Pausan. VIII, xx, 2 , pourrait aussi servir d’explication à ce sujet; mais j’avoue que je ne comprends pas celte observation; car c’est Apollon, et Apollon seul, qui est caractérisé par la branche de laurier; et cet attribut ne pouvant, en aucun cas, être donné à Leucippus, soit que la femme poursuivie se reconnaisse pour Daphné, soit quelle doive être prise pour toute autre, j’ignore absolument à quel titre et par quelle raison on pourrait faire intervenir Leucippus dans la représentation dont il s’agit.
2 Cette peinture, calquée avec toute l'exactitude possible, a
été réduite de manière à former le sujet de la vignette n° iv,
placée en tête de la page 59.
7 Ce vase, exposé sous le n" 1 1 44 , est décrit dans les Annal,
dell’ Instit. archeol. t. XI, p. 2 5a .
11 Cette lyre est faite d’une écaille de tortue, et, d’après cette particularité, on a supposé quelle devait appartenir à Mercure plutôt qu’à Apollon. Mais c’est certainement attacher à une circonstance provenant uniquement du caprice de l’artiste, une
importance quelle ne peut avoir. Le caducée est nécessaire pour reconnaître Mercure, comme la lyre caractérise Apollon. Il n’y a donc réellement aucune raison pour voir ici Mercure et Hersé, au lieu à! Apollon et Daphné.
5 Monuin. pubblir. dalï Instit. dicorrisp. archeol. t. III, tav. xii.
0 Annal, dell’ Instit. archeol. t. XI, p. 253 : a lo propongo per semplice conghiettura Boline siccome quella la quale, forse meglio d’ogni altra, si confà col modo in cui è ligurata questa storia nel quadro délia noslra tazza. »
7 Pausan. VII,xxin,3 : nôXistro'/è «jojto nspos aÙTw (■cTOTap.w) BoX/va. lia pOévov Sè èpa.crQijvcu BoXônjs ÀiroXX&wa , ti;i> Sè <pevyovcrciv ès Trjv rai ’nij (patrîv àÇcïvcu Srakaacrav aini)v, x. t. X. cf. Etymol. raagn. v. BdXivov xwpj ris tjJs kyatas- efprjrau Sè, ÔTi vifilpy tîs Siwxopévn ii no knàXkwvos èpâvTos, xaià t àvSe tou lânov MEAAOTSA Àr PETES Q AI, ëppttye» èavvijv els &d- Xacrerar. Il résulte bien clairement de ce texte que la nymphe poursuivie était sur le point d'être atteinte, péWovaa, dypeueadcu, quand elle se jeta dans la mer; conséquemment, quelle n avait point encore été saisie par Apollon, comme l’est la nymphe représentée sur notre vase.
APOLLON ET DAPHNÉ
laurier: c’est donc, suivant toute apparence, cette fable de Daphné, si célèbre et si répandue dans la Grèce, qui est représentée sur notre peinture, au lieu de celle de Boline, connue dans un seul petit canton de l’Achaïe et rapportée par le seul Pausanias; et l’absence du laurier, que l’artiste a négligé d’indiquer, est à peine un motif d’incertitude, quand tout se réunit, d’ailleurs, pour que, dans ce groupe du fils de Latone, couronné de myrte, avec l’arc et le carquois sur le dos, embrassant une femme qui lui résiste, nous reconnaissions effectivement Apollon et Daphné.
On observera, du reste, que ces images d'un dieu poursuivant une femme, si peu dignes du caractère de la divinité, n’étaient point, aux yeux des Grecs, contraires à l’esprit de la religion, comme elles l’étaient certainement au sentiment de l’honnêteté publique, puisqu’elles figuraient sur le front des temples, dans un lieu éminemment sacré. La métope du temple de Sélinonte, de quelque manière qu’on l’interprète, quelle représente Apollon poursuivant Daphné, ou toute autre femme, fournit, à cet égard, une preuve sans réplique.
C’étaient, sans doute, des monuments du même genre, c’est-à-dire d’un ordre hiératique, que des sculptures du groupe d'Apollon et Daphné, qui existèrent dans l’antiquité grecque, et dont il nous est parvenu des répétitions ou des réminiscences. Telle est celle que nous offre une pierre gravée portant le nom de son auteur, Myron1, et qui consiste en un groupe de deux figures, Apollon, représenté dans l’action d’une course rapide, étendant les deux bras vers Daphné, qui fuit dans la même direction, et dont la métamorphose en laurier commence à s’opérer, au moyen de branches de cet arbuste qui semblent sortir de sa tête et de ses deux mains2. Cette pierre, d’un beau travail antique, nous a, sans doute, conservé l’image de quelque groupe de deux figures ainsi conçu, comme c’est le cas de tant de représentations que nous devons à la glyptique des Grecs et des Romains; et j’en puis citer pour preuve un bronze impérial de Nicopolis, de Mœsie3, où se voit Apollon dans l’attitude d’une course rapide, étendant les bras en avant pour saisir une personne qui lui échappe par la fuite: or cette figure, d’après sa ressemblance avec celle de la pierre gravée, me paraît avoir été plus probablement groupée avec Daphné, fuyant devant le dieu de Delphes, qu’avec Hercule ravisseur du trépied. Peut-être la figure de Daphné, qui complétait le groupe et qui manque sur la médaille, à cause du peu d’espace qu’offrait le champ de ce moyen bronze, était-elle la statue de Daphné, qui avait été transportée de Rome à Constantinople et qui avait donné lieu, suivant l’opinion d’un antiquaire'1, à l’inscription: CONSTANT1N1ANA DAFNE, des médailles de Constantin. Quoi qu’il en soiL, à cet égard, il est certain qu’il exista, dans l’antiquité, des groupes en ronde bosse d’Apollon saisissant Daphné, dont la métamorphose
1 Voyez, sur ce nom de graveur en pierres fines, Myron, ma 4 Auct. Anon. Antiq. Constantinopol. : AdÇvii Sè èx7.i]0ij Sià t o
Lettre à M. Schom, S n, n° 55, p. 1 44- Je regarde celte pierre 'taiaaOat èxetcre cr7);Xi;r ôvopcc (pépovcrav Aatpvijs, i)r<s ïp/Oii comme une copie antique d’un original de Myron, où le nom duo Pcôfiys, tiirov xai [mmsïov fjv. C’est d’après ce témoide l’auteur aurait été incorrectement écrit MI PflN, au lieu de gnage que Banduri expliquait l’inscription : CONSTANT1NIANA MTPQN, qui est la forme véritable. DAFNE, des médailles de Constantin, en l’appliquant à la par-
2 Cette pierre est gravée dans le Catalogue de Tassic, publié lie du palais impérial nommée Dafnè, Numism. imperat. a Tra-
par Raspe, pl. xxxii, n° 3oio. jan. Dec. ad Palœolog. t. II, p. 269-70, 5). Mais cette opinion,
3 C’est un moyen bronze, frappé à l’effigie de Macrin, ré- sujette à plus d’une difficulté, n’a pas été adoptée par Eckhel,
cemment acquis pour notre Cabinet des médailles de la biblio- D. N. t. VIII, p. 82 ; ce qui, du reste, n’ôte rien à la valeur tlièque du Roi, et encore inédit. Aussi n’est-il indiqué ni dans du témoignage de l’écrivain anonyme concernant l’existence la Description, ni dans le Supplément de M. Mionnet. d’une statue de Daphné transportée de Rome à Constantinople.
en laurier était indiquée d’une manière analogue à celle qui se voit sur la pierre gravée de Myron, et sur une autre pierre, dont il nous est parvenu une pâte antique, décrite dans la collection de Stoscli 1 . C’est à un groupe semblable qu’avait appartenu une statue d Apollon qui se voit dans la galerie de Dresde2, et dont la réunion à une statue de Pan est une de ces fausses et malheureuses combinaisons de figures, produites par 1 ignorance ou le caprice des restaurateurs modernes, dont d y a tant d’exemples dans les collections d antiques, et qui sont la cause de tant d’embarras et de difficultés dans letude de 1 antiquité figurée. Cette statue d 'Apollon, dont il n’y a d’antique que le torse, représentait le dieu de Delphes en course, étendant le bras pour saisir une seconde figure placée en avant de lui; et, d après les indications qui résultent du marbre antique, le savant éditeur de 1 Augusteum conjecturait avec beaucoup de raison que la statue en question avait fait partie dun groupe d Apollon et Daphné 3 4 5. C’est aussi mon opinion, à l’appui de laquelle je puis produire un témoignage dont il n’a été fait encore aucun usage, et qui prouve, contre le sentiment dun antiquaire de nos jours \ combien les monuments relatifs à Apollon et Daphné dûrent être communs dans 1 antiquité, en même temps qu’il nous apprend de quelle manière était conçu ce groupe erotique de deux figures.
Ce témoignage est celui de Lucien, dans un passage de sa Veridique histoire , ou il p^rle d’arbres merveilleux, dont le tronc se terminait en femmes, nues à partir des hanches, offrant en perfection tout ce qui caractérisait leur sexe, telles, ajoute-t-il, qu’on représente chez nous en peinture Daphné qui se convertit en laurier, au moment où elle est saisie par Apollon. La notion des arbres imaginaires de la Véridique histoire ne nous intéresse que par la comparaison qu’en fait le satyrique écrivain avec les groupes d'Apollon et Daphné qui s’exécutaient en peinture, et qu’il n’est pas possible de ne pas admettre comme constituant un fait réel, d’une notoriété publique. Cela posé, il est évident que les paroles de Lucien donnent la composition du groupe, où Daphné, dépouillée de ses vêtements et nue à partir des hanches, était pressée dans les bras d,’ Apollon, dont elle trompait la passion en se changeant en laurier. Or c’est à peu près de cette manière qu’est conçu un groupe d'Apollon et Daphné, sur une pierre gravée du cabinet d’Angeloni, publiée par Beger6. La seule différence qu’on pourrait trouver entre la composition de cette pierre et celle du groupe décrit par Lucien , différence qui s’explique d’elle-même aux yeux, sans que j’aie besoin de l’indiquer, tient uniquement, sans doute, au caprice de l’auteur, ou peut-être à la volonté du propriétaire delà pierre. Mais, sans insister davantage sur ce point, je me contente de signaler à l’attention de mes lecteurs la notion
1 Winckelmann , Descript. des pierr. grav. de Stosch , II"1” classe, p. 192, n° 11 35 : Daphné changée en laurier.
2 Augusteum, Taf. lxxxiii.
3 Augusteum, Dresdens antlke Denkmâler enthaltend, hcrausge- (jeben von W. Gott. Becker (II" Auflage, Leipzig, 8n, 1837), p. a56 : Wahrscheinlich liât er einem Apoll angehôrt, der so eben die Daphné ereilt hat.
4 Braun, Annal, deïï Instit. archeol. t. XI, p. 2 5a. Voy. plus haut, p. 62, 7).
5 Lucian. Ver. histor. 1. I, S 8, t. IV, p. 225-26 , Bip. : Tô
pèv y dp d-rco -vrjs yÿs, à erléXeyps ainos eiiepvys xal -acLyps- t 6 S’ âveo, yvvaTxeç tftrav, ôcrov èx t&v ’Xa.yôvwv, divctin' ëypvocti
léleia. Toiavriiv zsap’ i)pZv tt]v AàLpvyv rPÀ<I»OTXIN àp-ri toü ÀirdXX&wos KATAAAMBÀNONTOS ÀÜOAENAPOTMÉNHN.
0 Spicileg. xit, p. 66-68. La manière dont est conçu le groupe d’Apollon et Daphné, sur cette pierre d’Angeloni, ne répond que trop à la nature de cette classe de monuments, où les images licencieuses étaient destinées à flatter les goûts dépravés d’une certaine classe d’amateurs antiques. Ici, la figure de Daphné est nue dans toute la partie inférieure du corps; elle a son vêtement relevé jusqu’au-dessous du sein, et Apollon la tient embrassée par le milieu du corps. Les rameaux de laurier naissent de sa chevelure, et ses pieds, engagés dans la terre, donnent l’idée d’un tronc d’arbuste.
Apollon et daphné.
si grave et si curieuse qui se tire du passage en queslion de Lucien , concernant l’existence de groupes d'Apollon et Daphné exécutés en peinture, notion qui s’applique sans difficulté aux groupes du même sujet traités en ligures de ronde bosse.
Malheureusement, il ne nous reste, à l’exception deï Apollon de la galerie de Dresde1, aucun monument de l’art provenant de la plastique et relatif à ce sujet. Le marbre qu’avaient en vue les académiciens d’Herculanum , comme exemple de Daphné qui commence à se changer en laurier, et qu’ils citent2, d’après Maffei3 * et Montfaucon'1, ne pourrait nous être d’aucun secours à cet égard , puisqu’il s’agit , dans le premier de ces deux recueils , du groupe d'Apollon et Daphné, de la villa Borghèse5 *, ouvrage de la jeunesse du Bernin; et si quelque chose peut surprendre encore plus que cette grave distraction des savants antiquaires napolitains, c’est qu’un antiquaire de nos jours, vivant à Rome, et ayant sous les yeux le groupe de la villa Borghèse, cite encore comme un ouvrage d’un ancien sculpteur le marbre célèbre du Bernin8. Mais, sans attacher à de pareilles inadvertances plus d’importance quelles n’en ont, contentons-nous de remarquer qu’il n’existe, à défaut des monuments mêmes, que des réminiscences de la figure de Daphné changée en laurier, faisant partie d’un groupe avec Apollon, lesquelles se trouvent particulièrement sur les pierres gravées. J’ai déjà cité la pâte antique de la collection de Stosch, et je puis y ajouter une intaille possédée par M. Gapranesi, à Rome, et publiée dans les Centuries de Cadez7, où la nymphe est représentée déjà entourée de rameaux de laurier. Telle on la voit pareillement sculptée de bas-relief sur un cippe funéraire8, où le choix d’un pareil sujet était certainement motivé par le nom de la personne, Laberia Daplme, à la mémoire de laquelle était érigé ce monument. Telle elle était aussi, suivant toute apparence, représentée sur un autre marbre antique, à en juger d’après l’inscription métrique gravée sur ce marbre, et qui se lit dans le recueil de Muratori9.
Mais de tous les monuments relatifs à la fable de Daphné, le plus curieux, sans doute, et certainement le plus authentique, comme aussi celui dont l’originalité et la haute antiquité peuvent le moins être contestées, c’est une médaille de petit bronze autonome, frappée au nom des Thessaliens, dont le type du revers offre une femme debout, de face, vêtue d’une double tunique ceinte vers le milieu du corps, la tête nue, et levant en l’air les deux mains, qui se terminent en deux branches de laurier10. Ce type rare, et tout à fait neuf dans la numismatique, a été méconnu jusqu’ici, sans doute d’après la fausse supposition que la
1 Reproduit par M. de Clarac, Mus. de sculpture, pl. 544 , n. i i4a
2 Piltnr. d’Ercolan. t. IV, p. 1 3a , 2 ) : Corne si vede in un marmo presso il Maffei, e presso Montfaucon.
3 Raccolta di statue, tav. lxxxi, p.
" Antiquit. expliq. t. I , part. I , pl. lii. Le monument reproduit ici par Montfaucon, d’après une gemme de l’autre Maffei, est la pierre d’Angeloni, déjà publiée par Beger, et citée plus haut, p. 66, 6). En prenant cette pierre pour un marbre, les académiciens d’Herculanum ont commis une erreur qui est cependant bien moindre que celle d’avoir regardé le groupe du Bernin comme l’œuvre d’un statuaire antique.
5 Ce beau groupe du Bernin a été figuré et décrit dans les
ouvrages qui traitent des monuments de la villa Borghèse, à
partir de celui de Montelatici ; voy. particulièrement les Sculture
del palazzo délia villa Borghèse, t. II , st. iv, n. 1 6 , p. 1 3 ; YIllustrazione de’ monamenti scelli Borghesiani, de Visconti, t. II, tav. xxxi, p. 68-69, et les Monamenti scclti délia villa Borglicse, de Nibby (Roma, i832, 8°), caméra III, tav. xxi, p. 82-84.
0 Braun, Annal. delT Instit. arckeol. t. XI, p. 262 : «La trasformazione délia attonita donzella vien rappresentata in modo pur troppo materiale per essere chiamata bella, nella marmorea statua di villa Borghese, con cui l’ANTICO SCVLTORE abbia voluto propriamente tradurre la metamorfosi cantata da Ovidio. »
7 Centur. V, 76.
s Apud Fabrett. Inscrip. c. III, p. 186, n. xxxvu.
9 Muratori, Thés. t. I, p. cxlvi, 5.
10 Cette médaille a été publiée, d’après un exemplaire du cabinet Fontana, par Sestini , Mus. Fontan. part. I" (Firenze,
AMOURS DES DIEUX, femme représentée ici devait être Cèr'es, par allusion à la fertilité du sol de la Thessalie ; ce qui a fait prendre pour des épis placés à la main de Cérès les deux branches d arbuste qui tiennent lieu de mains à Daphné, dont la métamorphose en laurier commence à s opérer : car c’est bien ainsi que le type en question est figuré dans la gravure même de 1 antiquaire qui a publié cette médaille. V l’appui de cette interprétation, j’ajoute que 1 attitude de la figure, levant les deux mains au ciel, convient parfaitement à Daphné, aussi bien que le costume et la circonstance de la tête nue, qui ne peuvent appartenir a Cérès. Si Ion réfléchit, d ailleurs, que la fable de Daphné, par la tradition qui la faisait fille du Pénée, avait un intérêt local pour les Thessaliens, on trouvera tout naturel que le type de Daphné ait été admis sur une médaille des Thessaliens. H y a enfin une autre considération qui tend a prouver, sans répliqué, à mon avis, que c’est bien effectivement Daphné, et non pas Céres, ou Hippone, ou toute autre divinité du même genre1, qui figure sur ce petit bronze autonome des Tliessaliens, cest que le type de Daphné offre une allusion sensible au nom du magistrat Python. On sait, en effet, que c’était, chez tous les peuples grecs, un usage familier aux magistrats éponymes ou monétaires de mettre sur la monnaie des types en rapport avec leurs noms ou avec leurs traditions de famille2. Ici, le type de Daphné, choisi par le magistrat Python, avait un double motif d’intérêt, et parce qu’il renfermait une allusion de ce genre, et parce qu’il rappelait un trait mythologique particulier au pays, de même que la tête d Achille3, héros national, et le navire Argo'\ monument pareillement national, figurent, comme types propres à la Thessahe, sur des monnaies semblables, frappées sous le nom commun des Thessaliens. Je crois donc qu’il ne saurait subsister le moindre doute sur l’explication de la médaille en question, rapportée au mythe de Daphné; et, cette explication admise, nous y gagnons la notion certaine d’une statue de Daphné, qui ne peut manquer d’en avoir fourni le
1822, 4°), tav. 1, n. 4, p- 28. Cet habile numismatiste crut y voir Cérès, tenant deux épis de chaque main levée, pour indiquer la fertilité du pays , ou bien Hippone, dont le culte devait avoir été introduit, selon lui, dans un pays renommé comme celui-là par ses excellentes races de chevaux ; ni l’une ni l’autre de ces explications ne peut se soutenir en présence de la médaille publiée par Sestini. Il en cite un second exemplaire décrit dans le Catalogne des médailles du roi Stanislas (Varsovie, 1 7 99), par l’évêque Albertrandi, p. 35. Il en existait un troisième dans le cabinet de feu M. Fauris de Saint-Vincent, à Aix , dont M. Mionnet fait mention en ces termes, Supplément, t. III, p. 2 65, n. 34 : Tête casquée de Pallas, à droite; au-dessus, IIT0U....; revers : 0E2SAAON ; femme vêtue de la stola, debout, vue de face, tenant de la main droite levée des épis, à ce qu’il paraît, et de la gauche, également levée, deux autres épis; Æ. 4. On voit, par cette description, que M. Mionnet n’était pas sûr que la femme, qu’il n’ose pas appeler Cérès, tînt à la main des épis : en quoi il avait parfaitement raison. Du reste, M. Mionnet n’avait eu encore, à cette époque (1824), aucune connaissance de la médaille semblable du cabinet Fontana, publiée par Sestini ( 1822 ).
1 Le savant abbé Cavedoni, qui s’est occupé aussi de cette médaille, qu’il cite dans son Spicilegio numismatico, p. 57, 69), 11a pas été plus heureux que Sestini dans l’explication qu'il en propose : il y voit aussi , dans le type de la prétendue
Cérès, une allusion à l'invention des meilleurs mets faits avec de la farine, que s’attribuaient les Thessaliens, sur la foi d’ Athénée, 1. XIV, p. 662 et 663. Taime à croire que le docte et ingénieux antiquaire de Modène trouvera mon explication plus simple et plus naturelle.
2 L’habile numismatiste cité à la note précédente a déjà remarqué une allusion de ce genre dans le nom de magistrat ÜETPAIOX , qui figure sur des drachmes et aussi sur des challcous autonomes des Thessaliens, Spicileg. num. p. 57, et qui est celui d’un centaure thessalien sur un vase peint du musée de Berlin, Éd. Gerhard, Ne a. ant. Denkmâl. n° i588. M. Cavedoni aurait pu citer avec plus d’avantage peut-être le surnom de Neptune, ÜETPAIOS, qui se liait à un mythe célèbre propre à la Thessalie, Pindar. Pyth. iv, 246; cf. Sclioliast. ad h. L; add. Schol. Apollon. Rh. m, 1244, dont j’ai déjà eu occasion de parler, Journ. des Savants, août 1837, p. 493, et sur lequel j’aurai lieu de revenir, dans la iv° de mes Lettres archéologiques sur la peinture des Grecs.
3 Cette rare médaille, décrite par M. Mionnet, Supplément, t. III, p. 267, n° 5 1 , comme faisant alors partie de la collection de M. Millingen, a passé depuis dans mon cabinet, par un don de M. Dupré.
4 Gessner, Num. populor. tab. xxm, n° 27, p. 262; Wilde, Select, num. tab. xi, n° 68, p. g5.
APOLLON ET DAPHNE
type, et qui doit avoir été quelque ouvrage de l’ancien style grec, à en juger d’après l’attitude droite et roide de la figure, qui est celle des anciens xoanon, et d’après le costume même, autant qu’il est possible de l’apprécier sur une médaille de si petit module et d’une époque comparativement si. récente.
Ce sont là, à ma connaissance, tous les monuments relatifs à la fable de Daphné, et dus aux arts plastiques, qui nous sont parvenus de l’antiquité. Quant à ceux qui furent produits par la peinture, et qui durent être si communs, à n’en juger que d’après le témoignage de Lucien, rapporté plus haut1, nous ne pouvons aujourd’hui nous en faire une idée que d’après des peintures du dernier ordre et du dernier âge de l’antiquité, telles que celles des villes gréco-romaines de la Campanie, qui furent ensevelies par l’éruption du Vésuve. Une de ces peintures, trouvée à Gragnano en 1760, existe au musée de Naples, et elle a été publiée dans le recueil des académiciens d’IIerculanum2. On y voit Apollon, vêtu d’une clilamyde attachée sur l’épaule droite, avec l’arc et le carquois sur le dos, qui se penche en avant pour saisir des deux mains, par le bras droit, une femme renversée sur les genoux, dont la draperie écartée laisse le milieu du corps découvert, et qui exprime, dans toute son attitude et dans sa physionomie, l’épouvante dont elle est atteinte. Il est évident que cette femme, qui a cherché vainement à se dérober par la fuite à la passion du fils de Latone, ne peut être que Daphné, comme l’avaient présumé les antiquaires napolitains, malgré la difficulté qu’ils se faisaient à eux-mêmes de la présence du laurier, qui se voit, près de la nymphe du Lcidon, dans le champ de la peinture3. Cette manière symbolique de représenter la métamorphose de Daphné en laurier était tout à fait dans les conditions de l’art grec, ainsi que, pour n’en pas citer d’exemples étrangers aux amours d’Apollon, nous en avons acquis une preuve décisive par la charmante peinture d 'Apollon et Cyparisse, où se voit représentée la métamorphose qui s’accomplit de Cyparisse en cyprès ; ce qui n’empêche pas que le fond de la peinture ne soit rempli par un bois de cyprès. Mais, pour revenir à notre peinture d’Apollon et Daphné, je retrouve encore le même sujet, représenté au moyen d’un groupe tout pareil, dans une peinture d’Herculanum, où ce sujet n’a pas été reconnu par le nouvel interprète4. Il suffit cependant de comparer le groupe dont il s’agit avec celui de la fresque de Gragnano, pour s’assurer qu’il ne peut être question, sur l’une et sur l’autre, que de Daphné poursuivie par Apollon.
Une autre peinture, récemment découverte dans une maison de Pompéi5, nous a offert,
1 Voyez p. 66, 5).
J Piltare d'Ercolano, t. IV, tav. xxvn, p. i3i et 1 3a.
3 Millin n’a pas fait difficulté non plus de reconnaître Apollon et Daphné sur cette peinture, malgré la présence du laurier, qui lui paraît constituer un de ces exemples d’anticipation rares sur les monuments, mais non pas d’une aussi grande rareté qu’il le croyait; voyez ses Monuments inédits, t. I, p. 282, 101).
'' Cette peinture est publiée dans le R. Mus. Borbon. t. VIII, tav. xxi. On y voit un homme caractérisé par quelques-uns des
traits propres aux satyres, assis sur un rocher que recouvre une peau de panthère, et tenant un pedum de la main gauche, qui semble appeler à lui, du geste qu’il fait de l’autre main, une femme portant un éventail, qui s’approche, guidée par une autre femme
sans attribut qui la distingue. Cette scène, restée jusqu’ici sans explication, se passe dans un lieu sauvage, rempli de rochers; sur l’un de ces rochers, se dresse une espèce de base carrée, peinte, à ce qu’il paraît, en couleur de bronze et sculptée de bas-relief; l’un de ces bas-reliefs représente un homme qui s’éloigne avec un sentiment de surprise ou d’effroi ; l’autre, Apollon portant une lance, qui saisit de la main droite Daphné renversée sur les deux genoux ; du moins est-ce ainsi que je crois pouvoir interpréter ce groupe, où l’on a vu tout simplement una donna ncl punto di cadere faggendo sopraggiunta da un uomo armato che gli è sopra corne a volerle j are violenza.
5 Maison des Dioscurcs; voy. C. Bonucci, Descript. de Pompéi,
avec tou le la certitude possible, la même fable d'Apollon et Daphné, mais traitée d’une manière toute différente1. La nymphe rebelle à l’amour du dieu se voit ici assise sur une pierre, dans un lieu sauvage, entouré de rochers. Il semble, dans son attitude, dans 1 abattement de toute sa personne, quelle ait épuisé toute la résistance quelle pouvait opposer aux désirs d’Apollon; sa main gauche tombe languissamment sur la pierre où elle est assise, tandis que, par un dernier effort, elle porte la main droite à sa tête, du haut de laquelle sort une branche de laurier, premier indice de sa métamorphose qui s’opère. Apollon, désormais sûr de sa victoire, et plus occupé de son amour, qu’il s’apprête à satisfaire, que de sa science de devin, cpii va être si cruellement trompée, est debout près de la nymphe. Son vêlement en désordre annonce la course rapide qu’il vient d’accomplir; du bras gauche il s’appuie sur sa lyre, vain instrument de séduction dans ses mains divines; il porte sur son dos l’arc et le carquois, et il est couronné de laurier : ce qui serait un contre-sens dans un pareil sujet, s’il n’était avéré, par tant, d’exemples du même genre, que les conventions de l’art admettaient ces sortes d’anticipations. De la main droite , il écarte de Daphné le vêtement qui la couvre en partie, et qui est le dernier obstacle que sa pudeur vaincue oppose à l’amour du dieu; mais c’est à ce moment suprême que le vœu de la chaste vierge du Ladon est exaucé, et sa métamorphose commence déjà à s’accomplir, qu Apollon s’abandonne encore tout entier à sa passion : c’est bien là l’image qu’avaient sous les yeux les Pères et les docteurs de l’Église, quand, dans leurs véhémentes apostrophes au dieu de Delphes, ils insultaient à la fois au déréglement de ses mœurs et à l’impuissance de son art.
Le même sujet d'Apollon et Daphné s’est encore rencontré sur une peinture de Pompéi, qui est celle que j’ai choisie pour la publier dans ce recueil2, sinon en considération du mérite de l’art, qui ne la recommande que faiblement, du moins à cause de la manière dont le groupe est conçu, et qui doit provenir de quelque habile maître de la haute école grecque. La scène se passe également dans un de ces lieux sauvages où la nymphe du Ladon avait coutume de chasser, mêlée aux compagnes de Diane. Sur le devant du tableau, à la gauche du spectateur, se dresse une masse de rochers, où il semble qu' Apollon se soit tenu caché pour épier le passage de la jeune vierge qu’il aime. 11 a déposé contre ces rochers son arc, son carquois et sa lance, armes inutiles pour la victoire qu’il se flatte d’obtenir. Mais déjà Daphné vient d’apparaître , et déjà aussi le dieu impatient l’a saisie et la tient fortement étreinte dans ses deux bras , tandis que dépouillée presque entièrement de ses vêtements et renversée sur les deux genoux, elle n’a plus de ressources, pour échapper au sort qui la menace, que d’invoquer le ciel, vers lequel elle lève une main suppliante. Ce groupe, dessiné d’une manière incorrecte et faiblement peint, mais très-bien composé d’après un modèle , tel que celui que Lucien avait en vue , nous devient précieux à ce titre ; et la célébrité dont il devait jouir dans l’antiquité nous est encore attestée par une seconde répétition qui s’en est retrouvée à Pompéi, avec une particularité qui ne prouve que trop l’abus que l’on faisait de ces amours des dieux, dans un système de civilisation où les licences de la my-
1 Cette peinture est publiée dans le R. Mus. Borbon. t. XII, peu conforme au style de l’original, dans le R. Mus. Borbon. lav. xxxiii, avec une courte notice de M. Quaranta, p. i-4- t. X, tav. lviii, avec une courte explication de M. Quaranta,
2 Publiée aussi, mais au simple trait, et d'une manière p. i-3.
APOLLON ET DAPHNÉ, ihologie provoquaient et justifiaient en quelque sorte celles de l’art. Mais je n’aurais pas la même excuse pour reproduire la même image, ou seulement pour la décrire; et je me contente de dire que cette particularité est telle, que la peinture qui la présente a dû être déposée dans le cabinet réservé du musée de Naples1 . Pour terminer ce que j’avais à dire de notre peinture, j’observe qu Apollon est couronné de laurier, comme on l’a vu dans les autres peintures du même sujet : ce qui prouve bien que les anciens n’étaient pas blessés de cette espèce d’anticipation, contraire à la vérité historique, mais admise comme trait de convention de l’art. Le laurier qui se dresse isolément dans le champ de la peinture, précisément derrière la figure de Daphné, ne peut avoir été mis sous cette forme et à cette place que pour indiquer sa métamorphose prochaine; et c’est de cette manière, à mon avis, que devait être traitée cette scène mythologique sur les plus anciens monuments de l’art grec : d’où résulte encore, à mes yeux, l’importance de cette peinture, en tant que reproduisant pour nous un modèle émané, comme je le disais plus haut, de la haute école grecque, anéantie tout entière dans ses œuvres originales.
1 On la trouvera représentée, mais d’une manière très-in- bronzes et statues érotiques du cabinet secret (Paris, 1 836 , 4°), fidèle, dans le recueil intitulé : Musée royal de Naples; peintures, pl. xlix, p. 1 29.