‹ Choix de petits drames en prose et en versChapitre 46 sur 139 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

MADAME DE FAYIÈRES, MÉLAME.

MADAME DE FAVIÈRES

La gaieté du brave Thomas vient de se communiquer h mon âme. Je me trouve maintenant plus tranquille ; je ne sens plus que la douce émotion de l'espé*

rance. Oui, Métairie, mon cœur me l'annonce, nous

allons bientôt le revoir.

MÉLAME.

Hélas ! maman , je me réveille chaque jour pour me livrer à cette idée flatteuse, et chaque jour elle s'évanouit.

MADAME ];E FAVIERES.

Nos murmures contre le ciel sont presque toujours injustes. Combien je maudissais cette guerre cruelle, lorsqu'elle vint m'arracher mon époux ! Eh bien ! la paix va me le rendre couvert de la gloire qu'il s'est acquise dans son expédition des Indes , chargé de la reconnaissance de ses concitoyens , dont il a protégé le commerce sur ces mers. Il revient, lorsque sa présence est le plus nécessaire à l'éducation de ses enfants. Il ramène avec lui l'époux que ton choix et le nôtre te destinent. Et nous pourrions encore nous plaindre d'une courte absence! Ah ! ma fille, combien de femmes sur la terre envient aujourd'hui notre sort !

MÉLAME.

Oui, maman, je suis une folle; mais vos bontés m'ont jusqu'à présent rendue si heureuse, que je ne puis supporter la moindre altération de mon bonheur.

MADAME DE FAVIERES.

Embrasse-moi, ma fille , et laisse reprendre à ta ligure sa gaieté naturelle. Elle te sied si bien ! >i'al-

Ions pas empoisonner, par un air d'inquiétude, le plaisir que vont goûter ces bonnes gens de nous rendre les témoins de leur joie.

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