M. DE FLORIS, HÉLÈNE, ALBERT, JULES, AUGUSTE, CARAFFA
M. DE FLORIS, a C;iraffa.
Et vous, monsieur, qu'est-ce donc que vous avez gagné à ce jeune imprudent?
AUGUSTE
Rien que sa montre , ses boucles , et la garniture de boutons d'argent de son habit.
Est-il vrai ?
CARAFFA, les yeux baissés, et en balbutiant.
Oui , monsieur.
Je sais comme vous les avez gagnés. Mais n'importe ; M. Jules les a perdus , et l'a bien mérité. Il faut y mettre un prix, et les rendre tout-à-1'heure.
JULES
Hélas ! monsieur, je n'ai pas de quoi les retirer de ses mains. Je lui dois encore un louis , que je n'étais pas en état de payer.
ALRERT.
O mon père! si tout ce que j'ai dans ma bourse pouvait y suffire ! Tenez , il y a plus de cinq louis d'or ; prenez-les tous pour tirer mon ami d'embarras.
M. DE FLOR1S , attendri , prend la bourse.
Oui , oui , mon cher fils.
JULES
Quoi ! monsieur Albert !
Nous sommes voisins, nous aurons bien le temps de nous arranger ensemble. Vous me paierez de vos économies. Ne songeons qu'au plus pressé, caraffa
rend à Jules ses effets.
Tout vous est-il rendu ?
JULES
Oui , je les tiens. Ils vont me sauver de la colère de mon père. Oh ! je ne les risquerai de ma vie.
M. DE FLORIS , à Caraffa , en lui montrant la bourse. En voilà le prix , monsieur, il est à vous. Je vais le remettre au magistrat pour servir à vous faire conduire hors du royaume. Vous y êtes venu porter le désordre et la corruption ; il doit vous rejeter de
son Sein. Caraffa se détourne et sort en pleurant de rage. JULES, se jetant aux genoux de M. de Fions.
O monsieur, de quel abîme vous me retirez ! Eh ! sans vous, que serais-je devenu ? Chassé de la maison de mon père , et peut-être un jour flétri publiquement pour mes vices, je vous dois le repos, la vie ,
l'honneur. Use relève et saute au cou d'Albert. El VOUS, généreux Albert, vous que j'ailais...
ALBERT
Oubliez-le comme moi , et soyez heureux.
AUGUSTE
Je dois rendre celte justice à M. Jules, qu'il a bien souffert pour se laisser entraîner dans la complot. M. DE FLORIS , à Jn'cs.
Eh bien ! vous pouvez continuer de voir mon fils ; mais , après ce qu'il a fait pour vous , je vous regarderais comme le dernier des hommes, si vous ne vous rendiez digne d'être son ami.
JULES
Oui , je veux le devenir pour toujours.
HÉLÈXE.
O mon père , comme vous êtes terrible envers les méchants !
Autant que je suis passionné pour les gens de bien. Monsieur Auguste, je suis pénétré d'amitié pour vous, d'après ce qu'on m'a dit de votre réserve et de votre droiture. Vous pouvez , par vos nobles exemples , assurer le bonheur de mon fils. Je ne vous proposerais pas de récompense plus digne de vous que cette douce satisfaction, si je n'avais en môme temps à satisfaire ma reconnaissance. Soyez tranquille sur votre sort. AUGUSTE, lui baisant lamain.
O monsieur! je n'avais besoin que de votre estime.
Vous voyez , mes enfants , les suites exécrables de la passion du jeu.
ALBERT
O mon Dieu! j'en frémirai toute ma vie.
Tu vois aussi combien il faut être circonspect dans le choix de ses amis.
Je n'oublierai pas cette leçon, et je sentirai surtout combien il est heureux d'avoir dans son père le meilleur de ses amis.
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DRAME EN UN ACTE
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