‹ Choix de petits drames en prose et en versChapitre 65 sur 139 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

JULIE, FANGHON.

FANCHON , pleurant.

Mademoiselle.

JULIE, travaillant rais la regarder.

Fanchon , ma sœur est-elle éveillée ?

FANCHON

Je viens de lui porter son chocolat.

JULIE , levant les épaules.

Qu'as-tu donc à pleurer?

FANCHON

Dame, si je pleure, c'est que j'en ai sujet; depuis vingt ans que je suis dans la maison, me voir donner comme ça mon congé , ça n'est guère gracieux.

JULIE. Ton congé! Et qui est-ce qui te congédie?

FANCHON

Eh mais, c'est mademoiselle votre sœur : à c't'heure qu'elle dit qu'il lui est venu de l'autre monde de quoi faire la grande dame , elle ne veut plus de mon service; il lui faut une femme-de-chambre.

JULIE

Ma sœur est une folle; elle prendra si elle le veut une femme de chambre , mais je te retiens , moi.

FANCHON , avec joie.

Bon. Je ne servirai plus que vous toute seule ?

JCL1E.

Non , Fanchon.

FANCHON

Ah, que je suis contente! Tenez, ma bonne demoiselle, si je pleurais, c'était de vous quitter; car vous êtes si douce , si bonne. . .

JULIE

C'est bien , Fanchette. Va , fais bien ton ouvrage , tu n'auras affaire qu'à moi.

FANCHON

Votre sœur m'avait donné bien des commissions; mais je ne les ferai qu'avec votre permission dà. . .

JULIE

Quelles sont ces commissions?

FANCHON

Ah ! ma foi , il y en a tant et tant que je ne m'en souviens plus. Elle les a toutes griffonnées sur ce morceau de papier-là. Elle donne un papier.

JULIE

Donne. Voilà qui contient de jolies choses! Elle lit. Passer chez M. Doré , joaillier, le prier de m'appoiler ma parure

complète, etc. Oh ciel ! que d'extravagances! Ma pauvre sœur a tout-à-fait perdu l'esprit.

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