VICTORINE, JULIE, FANCHON
VICTORINE enire en déshabillé éléganl.
Bonjour, ma petite sœur. Que je te conte le rêve le plus charmant.
JULIE
Oui , je crois que tu rêves de belles choses.
VICTORINE , avec traasport.
Je t'en réponds. Imagine-toi que notre vaisseau était arrivé chargé de richesses immenses. J'étais là présente. Quel plaisir ! Jamais on n'a vu tant d'or. Enfin j'étais sur le point de faire enlever ma fortune.
JULIE
Lorsque tu t'es éveillée, n'est-ce pas?
VICTORINE
Oui , cette misérable Fanchon a ouvert la porte de ma chambre , et je me suis éveillée en sursaut. Oh ! je crois que je l'aurais bien battue !
JULIE
Effectivement , il est désagréable de se réveiller en pareille circonstance; si j'étais à la place, j'irais me coucher pour achever mon rêve.
VICTORINE
Ne pense pas rire; j'étais si contente, que je voudrais dormir pendant toute ma vie.
JULIE
Fanchon , laissez-nous.
FANCHON
J'avais oublié de vous demander le bonnet de mademoiselle Victorine.
YICTORLNE.
A propos de mon bonnet , tu ne l'as sûrement pas monté; laisse le jusqu'à tantôt, je t'en prie.
JULIE
Et pourquoi cela ? tu me pressais tant.
VICTORINE
Bon ! est-ce que tu ne vois pas que je ne puis plus mettre une pareille guenille; la dentelle ne vaut que six francs ; on doit m'en apporter à quatre louis.
JULIE
A quatre louis !
VICTORINE
Oui , vraiment.
JULIE
Bon Dieu ! Et où prendras-tu pour payer tout cela?
VICTORINE
Ne t'inquiète pas . va ; j'ai bon crédit.
JULIE
Mais enfin , il faudra toujours en venir à s'acquitter.
VICTORINE
Oui , et ces cent mille écus qui nous viennent du legs de notre oncle ; nous ne sommes que deux pour les partager, est-ce qu'ils ne me mettent pas dans le cas de fournir à ces dépenses ?
JULIE
Mais cela ne va pas mal ! Des dentelles, une parure, que sais-je , moi? De ce train-là , le legs sera bientôt dissipé.
YICTORTNE.
Ne t'inquiète pas.
JULIE
Notre tuteur ne consentira peut-être pas...
YICTORTNE.
Il faudra bien qu'il entende raison; si je suis riche, je veux me faire honneur de mon bien. a Fanchoo. Qu'est-ce vous faites ici, ma mie? FANCHON.
J'attends la fin ne votre rêve, mademoiselle.
VICTORINE
Mais voyez cette impertinente ; sortez , je n'ai plus besoin de vous.
FANCHON
Aussi ne vous appartiens-je plus , non ; je suis à mademoiselle votre sœur toute fine seule , afin que vous le sachiez.
Elle sort.