MARCEL, GENEVIÈVE, THOMAS, GEORGE, LA TERREUR
Geneviève. Mon fils, mon cher fils, qu’as-tu fait? Marcel. Nous sommes perdus.
george. Ne vous inquiétez pas; vos affaires n’en sont pas empirées d’un fétu. Quand nous l’aurions prié tout un siècle , avec des ruisseaux de larmes , il n’aurait pas démordu de son opiniâtreté. 11 a l’âme d’un démon dans le corps. C’est la première fois que j’ai frappé un homme ; mais jamais homme ne m’avait donné le nom d’un drôle. Serais-je un soldat si je l’avais souffert?
la terreur. Si tu ne lui avais pas donné ce soufflet, tu en allais recevoir un de moi.
marcel. Qui sait ce qu’il va nous en coûter?
george. Quoi! pour m’être vengé d’une insulte? Geneviève. Sûrement, mon fils; avec tout cela, c’est un bailli. ,
la terreur. Bah! ce n’est pas le premier bailli souffleté par des soldats. Je crois que c’est un effet de sympathie qu’un soldat ne peut voir un fripon sans lui donner sur les oreilles.
Geneviève. Je ne puis croire qu’il ne se fût laissé à la lin attendrir.
LE DÉSERTEUR
george. Non, ma mère, jamais.
Geneviève , à Marcel. Qu’en penses-tu, mon ami? ne faudrait-il pas le suivre?
george. Ce serait inutile, j’en suis sûr. Vous allez vous exposer encore à des duretés.
marcel. Cela peut être; mais au moins je ne veux pas avoir de reproches à me famé. Viens, ma femme.
george. Restez ici, je vous en conjure. Vous perdriez vos pas et vos paroles.
Geneviève. Non, mon fils, laisse-nous aller; cela ne gâtera rien.
george. Eh bien! faites comme vous l’entendez. Si vous reveniez contents, j’irais baiser ses pieds; mais vous allez voir. Combien je voudrais m’étre trompé !
marcel. Viens, ma femme, essayons ce dernier moyen. S’il ne réussit pas , que la volonté de Dieu s’accomplisse!
Geneviève. Puisque Dieu nous laisse la vie, il ne nous laissera pas mourir de faim. ( Elle sort avec Marcel.)
la terreur. Ta mère est une femme qui a ses consolations toutes prêtes. Je vais voir, de mon côté, ce qu’il y a à faire avec nos camarades. {Il sort.)
LE DÉSERTEUR