‹ Choix de petits drames et de contes tirés de BerquinChapitre 85 sur 102 · THOMAS · texte numérisé non relu

THOMAS

thomas, à George. Te voilà bien satisfait, n’est-il pas vrai , de la vilaine action que tu m’as fait commettre? George, c’est indigne à toi.

la terreur. Doucement, doucement , ne le tourmentez pas ; il a besoin de repos. Un homme n’est pas toujours le môme !

thomas. Je ne le sais que trop. Je ne conçois plus rien à lui ni à moi.

george. Mon oncle , modérez-vous , je vous prie. {Bas.) Vous allez détruire tout notre ouvrage. thomas. Oh ! il n’en faut plus parler. Tout est perdu. george, étonné. Comment donc? (Aux soldats.) Éloignez-vous un peu, mes amis, je vous en conjure.

thomas. Ton père ne veut plus me voir pour t’avoir dénoncé, et en avoir reçu de l’argent. Quand j’ai voulu le forcer de le prendre , il l’a rejeté avec horreur, en s’écriant : Que Dieu m’en préserve ! A chaque denier je vois pendre une

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goûte du sang de mon fils. Que veux tu maintenant que je fasse? je suis furieux contre toi. Tout le village va me détester, on croira que c’est le démon de l’avarice qui me possède. Il n’y aura pas d’enfant qui ne me jette la pierre.

george. Soyez tranquille, mon oncle, tout s’arrangera : le plus difficile est passé. Faites seulement que mon père vienne me voir.

thomas. Comment veux-tu que je l’aborde à présent? Mais quoi! le voici qui vient avec ta mère.

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