‹ Choix de petits drames et de contes tirés de BerquinChapitre 95 sur 102 · LE PRINCE, L’OFFICIER, CÉCILE · texte numérisé non relu

LE PRINCE, L’OFFICIER, CÉCILE

Cécile. Mais, dites-moi donc, messieurs, à quoi pense le roi , de nous prendre notre papa , à nous pauvres enfants? Croit-il que nous n’avons pas besoin d’un père pour nous élever ?

le prince. Oui ; mais crois-tu aussi qu’il n’ait pas besoin de braves soldats pour combattre?

Cécile. Et quelle nécessité de se battre ? Mon papa , lorsqu’il nous donne une bonne éducation , n’est sûrement pas inutile à son pays.

le prince. Surtout si tes frères et tes sœurs en ont su profiter comme toi.

Cécile. Vous croyez peut-être vous moquer? Je sais bien qu’on me trouve un peu revêche dans la famille; et l’on dit même qu’avec une cocarde, j’aurais fait un très-bon soldat.

LE CONGÉ

le prince. Ha! lia! une petite amazone? Tu aurais été vraiment fort redoutable.

Cécile. Oh! si j’avais une épée, on ne se jouerait pas de moi.

le prince. S’il ne tient qu’à cela, voici la mienne. Je vais t’armer chevalier.

Cécile. Je le veux bien. J’aurai du plaisir à l’èlre de votre façon.

le prince, lui ayant présenté son épéç, veut l'embrasser. Voici la première cérémonie.

Cécile, le repoussant. Doucement, doucement, s’il vous plaît.

le prince. Oh! tu es une charmante enfant! {Il veut encore l’embrasser. Cécile se sauve en criant: Didier! Eugénie!)

le prince. Qu’as-tu à craindre de moi?

Cécile. Moi, vous craindre? Oh! non. Mais seulement ne m’approchez pas de plus près , ou je cours à mon papa. Il est officier comme vous, et il ne souffrirait pas qu’on fâchât sa petite Cécile.

le prince. Que le ciel me préserve d’avoir la pensée de te fâcher! Ce n’était qu’un simple badinage.

LE CONGÉ

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