Jean de Vienne
Remon envoyé devers le Roy et noz diz seigneurs personne notable aiant povoir soufTisant de par lui pour traictier et accorder et tenir ce que fait sera de tous les débas qui sont ou pevent estre, tant en demandant comme en deffendant, ent?:e lui et ledit messire Othe, à cause de sa femme ou autrement. Et que cellui qui y vendra, soit pjainement instruit de toutes les matières. Et qu'il apporte toutes les lettres servans à icelles, pour y mectre bon accord; et que le Roy et noz diz seigneurs ordonneront de leurs gens pour traictier entre les parties.
Item. Lui diront que le Roy et noz diz seigneurs envoient par devers monseigneur le conte de Beaufort, messire Regnault de Roye, pour avoir son consentement sur ledit mariage.
Item. Quant au Pappe, le dit Blondel rapportera les causes qu'ilz lui ont esté dictes par ledit messire Elyon, pour lesquelles le Roy et noz diz seigneurs ont esté meuz de faire traictier dudit mariage. Car ilz ont nourry ledit mareschal et sont certains qu'il ne fera fors ce qu'ilz vouldront, et que ledit mariage acompli, ledit mareschal mectra paine de retraire ledit messire Remon d'aucunes entreprinses qu'il pourroit faire au dommage du Pappe et de l'Eglise, ou de madame la royne de Cécilie et de monseigneur le Roy son fils. Et s'il advenoit que la fille dudit messire Remon feust mariée autre part, et qu'elle espousast un homme qui ne feust pas obéissant au Roy, comme est ledit mareschal, et que les chasteaulx, villes et forteresses dudit messire Remon venissent en estranges mains, plusieurs dommages et inconvéniens s'en pourroient ensuir, tant à l'Eglise comme au Roy et à ladicte madame
la Royne et à messeigneurs ses enfans. Tous lesquelx inconvéniens, au plaisir de Dieu, cesseront par le dit mariage.
Item. Se nostre Saint Père ou autres disoient que l'en traictast ou eust traictié du mariage du frère dudit roy de Cecille avecques ladicle fille, soit respondu que ledit messire Remon a dit audit messire Elyon et à pluseurs autres, que pour riens n'y entendroit et qu'il ameroit mieulx que sa fille fiist morte que ce qu'elle feust mariée au frère dudit Roy. Car il est trop grand seigneur. Et la veult marier à homme de qui il puist estre servi et qu'il s'en liengne estre honoré, et non pas à seigneur devant qui lui fausist agenouillier.
Item. Dira ledit Blondel de par le Roy et noz diz seigneurs audit admirail, que eulx lui mandent que sans délay il s'en retourne en France pardevers eulx, tant pour le service de la personne du Roy, comme pour ce que le Roy a bien a faire dudit admirai ou de ses autres officiers principaux. Et [a bien mestier d'estre acertenés] de certain quelle conclusion prendra le traictié d'entre lui et son adversaire d'Angleterre.
Item. Que pour plus seurement acomplir ce qu'ilz ont à faire avecques le dit messire Remon, ou cas que ledit admirail ou autre subgiet du Koy auroit mis le siège devant Les Baux, qu'il leur facent commandement que ilz les y laissent aler et venir seurement pour faire les choses qui par le Roy et nosseigneurs leur sont chargiées.
Ce fu à Abbeville, le xxv^ jour de juin, l'an de grâce mil CGC un"' et viii.
Par le Roy, à la relacion de messeigneurs les ducs de Berry, de Bourgoiiigne et d'Orléans.
Derian.
(Orig. parch. avec trace sceau plaqué en cire rouge. — Aich. de FEmp. Carton K. 53, pièce 88.)
Don fait par le roi à son frère^ Louis, duc de Touraine^ de r hôtel de Behaigne , rue de Nesle.
Ssiint-Ouen, juin 1388.
Charles, par la grâce de Dieu roy de France. Savoir faisons à tous présens et avenir. Que nous, aians désir et affection que nostre très cbier et très amé frère le duc de Touraine, conte de Valois et de Beaumont sur Oise, soit pourveuz de bonne maison pour la demourance de lui et ses gens en nostre ville de Paris, qui soit en bon lieu et près de nostre cbastel du Louvre, où nous nous tenons le plus souvent quant nous sommes en nostre dicte ville de Paris, afin que promptement et aisiéement il puisse venir devers nous et retourner en son bostel toutesfois qu'il lui venra à plaisir, considérans que la maison de Behaigne * assise en ladicte ville, en la rue vulgalment nommée la rue de Neelle, laquelle nous avons nouvellement acquise de nostre très chiere et très amée tante, la royne, et de nostre très cbier et très amé cousin, le roy de Jérusalem et de Secille, son filz, etc....
Saint-Ouen, juin 1388.
{Arch. de CEmp. Reg. KK, 806, fol. 302 v».)
1 . C'est l'hôtel de Bohême ou de Nesle, où est aujourd'hui la Halle au blé, et qu'il ne faut pas confondre avec un autre hôtel de Nesle, où est aujourd'hui la Bibliothèque Mazarine.
Propos tenus contre la mémoire de Charles V . Paris, juillet 1389.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir reçeu l'unible supplication des amis charnelz de Raoulet Mathei , de la ville de Chierlieu ou bailliage de Mascon, chargé de femme et de six enfans. Contenant que l'an mil ccc iiii"" et ii, ou mois de juing ou environ , après le trespassement de nostre très cliier seigneur et père , le roy Charles , cui Dieu pardoint , ainsi que icellui Raoulet , Pierre Can , Robert de Beaumont , Estienne de Saint-Bonot , et Nicolas de Monlandri , de ladicte ville de Chierlieu , venoient à Paris au Lendit, après ce qu'ilz orent disné et beu et se fussent prins à parler et jaugler ensamble de guerres, impositions, gabelles, subsides et autres charges de nostre royaume, disant que nostre royaume avoit esté et estoit en grant tribulacion , et mesmement les marchans dicellui , et avoient esté et estoient moult grevez et oppressez. Et entre les autres y otl'un d'iceulx qui dist , que nostredit seigneur et père, tant qu'il avoit vescu, avoit esté moult avoir (avare) etassambleur de monnoye et convoitoit moult or et argent , et que après son trespas moult de charges, aides , et subsides, avoient esté remises etpardonnées. Et en parlant et jauglant ainsi ensamble, ledit suppliant, lequel estoit moult fort abeuivre, non considérant à ce quil disoit, dist ces paroles ou semblables en substance : « Dyablement y ait part, quant il a vescu si longuement; car ilz nous feust mieulx mort, s'il feust, passé
a X ans.)') Et adonc icellui Robert de Beaumont, bayneux dudit Raoulet, appella les autres à tesmoings et dist quil disoit mal contre la magesté royal, et quil le nous amenderoit. Et les autres assislens distrent audit Robert qu'il ne feist point mencion de ces paroles, car les cboses qu'il disoient ilz disoient après boire en jauglant ensamble. Et desquèles paroles ledit Raoulet se repenti si tost qu'il les ot dictes. Pour occasion desquelles choses il pourroit recevoir griesve punicion se par nous ne lui estoit sur ce impartie nostre grâce. Si nous a humblement supplié, etc —
Donné à Paris, ou mois de juillet, l'an de grâce mil CGC un'" et IX et de nostre règne le ix®.
Par le Roy, à la relacion du Conseil.
P. DU Perier.
[Très, des Cli. Reg. JJ. ISe, pièce 27.)
LU
fiente de r hôtel de Sicile au roi^ par Pierre, comte d'Alençon.
Argentan, 16 mai 1390.
« Pierre, conte d'Mençon et du Perche, seigneur de Fougères et viconte de Beaumont. — Comme nagaires pour ce que nostre très redoublé segneur mons. le Roy avoit affeccion et volenté de avoir en la ville de Paris un hostel ouquel il se peust privéement ordener pour les joustes que faire se pourraient en la clousture Sainte-Katherine, qui est la plus convenable place de Paris au plaisir de mondit seigneur pour jouster et fair lèles festes, icelui mons. nous eust rescript et prié par ses lectres closes que nous lui voulsissons donner
nostre hostel estant à Paris iiomiiié l'ostel de Sicile , affin que par la closture d'icelui , qui est des anciens murs de Paris , il peust , lui et ceub: que il vouldroit estre avecques lui, entrer sur les rans quant joustes se
feroient à ladicte clousture » — Le comte consent et
donne ses lettres en conséquence, datées d'Argentan, 1G mai 1390. Ce sont les secondes. Il y en a de premières datées de Verneuil, pénultième mars 1389. — Ces secondes lettres sont faites pour bien spécifier que le Roi n'est pas tenu à compensation , comme les premières le marquoient.
On y lit : — « Comme à nous et de nostre héritage soit et appartiengne l'ostel estant à Paris assez près de Sainte-Katherine du Val des Escolliers appelle l'ostel de Sécille, avec les jardins, noblesces et toutes autres choses à celui appartenans. »
{Très, des Ch. Carton J. 151, pièce 95,)