‹ Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VIChapitre 10 sur 199 · Fontmorigny, abbaye du diocèse de Rourges · texte numérisé non relu

Fontmorigny, abbaye du diocèse de Rourges

Henry de Marie, escolier estant en ladicte eompaignie et audit souper, estoit venu et arrivé de nouvel en ladicte ville d'Orléans et estoit logié cheux Pierre Pépin, hostellier, demeurant audit Orléans, à l'enseigne de l'Escu de Bourgoigne, devant l'église de Saint-Lieffart. Et après lesdictes paroles, i'und'eulx, du nom duquel ledit Pitoyte n'est recors, dist : « Alons le batre! » A quoy les autres respondirent : « Alons nous en d'icy quant nous aurons souppé, et nous adviserons que nous ferons. » Et après ledit soupper s'en partirent tous dudit hostel et taverne, et les six d'eulx, dont ledit Pitoyte fu l'un, s'en alèrenl ensemble jusques eraprcs d'un hostel nommé le Petit-Anneau. Et là, eulx six , dont ledit Henry de Marte, qui autresfoiz avoit esté batu et navré par ledit Pierre Langloiz , comme dis est, fut l'un, et ledit Pitoyte l'autre, prinrent tous ensemble complot et furent d'accort d'aler batre ledit Pierre Langloiz. Et ledit complot prins, s'en partirent d'illec, et s'en alèrent chascun en sa maison, eulx armer et quérir du harnoiz tel qu'ils poient finer, comme cotes de fer, jaques, espées, dagues, haches, guisernes et autres harnoiz. Et par espécial, ledit Pitoye print un fort gippon fait de plusieurs toiles, une espée, une dague et un bec de faucon. Et ce fait se rassemblèrent à un coing de rue, nommé le Coin feu Jehan Giresme, près de l'esglise Nostre-Dame-de-Bonnevoiz, et de là s'en alèrent tous en l'ostel dudit Pierre Pépin, hostellier, qui (sic) trouvèrent ouvert. Et les quatre d'eulx, dont ledit Pitoyte ful'un, montèrent amont les degrez en alant en la chambre où estoit logié ledit Pierre Langloiz, lequel souppoit encores , et quatre ou cinq escolliers autres avec lui. Et les deux autres demourè-

rent sur les degrez et aval, ne scet où. Et quant ilz furent montez amont, ledit Pitoyte se tint et arresta en une alée devant ladicte chambre, et les trois autres, dont ledit Henry de Marte ful'un, entrèrent en ladicte chambre, et tantost commencèrent à fraper de leurs guisernes, espées et bastons sur ledit Pierre Langloiz qui estoit à table et souppoit, et lui firent plusieurs playes, tant à la teste comme ou corps et jambes , et tellement le battirent, que quatre ou cinq jours après mort s'en est ensuyeen la personne dudit Langloiz, et est aie de vie à trespassement par le moyen de ladicte bateure. Pour occasion duquel fait, ledit Pitoye, pour doubte de rigueur de justice, s'est absenté du pays. . .

Donné sur la rivière de Loire devant Orléans, le xme jour de novembre, l'an de grâce mil cccc et huit et de nostre règne le xxixe.

Par le Roy, le Grand Maistre d'Ostel et autres présens. Villebresme .

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. coté JJ. 162, pièce 112.)

Permission à Nicole Paynel, chevalier et chambellan du Boi} de fortifier sa maison de Briqueville.

Orléans, avril 1388.

Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Que comme nostre amé et féal chevalier et chambellan Nicole Paynel , seigneur de Briqueville ' , nous eust

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