Au diocèse de Reims
eust féru ledict escuier sur la leste, tant qu'il le couvry de sanc, et non content de ce, eust pris un godendart ' et en eust frapé ledit escuier, telèment qu'il lui perça la cuisse. Et adonc ledit escuier, soy sentant ainsi navré en venant en noslre service, en reppelant force par force, sacha son espée, et en féry ledit mareschal, un cop ou deux, dont on dit que mort s'ensuy en la personne dudit maréschal. Sur lequel fait il nous a requis nostre grâce et miséricorde. Nous adcertes, ces choses considérées —
(Suit la rémission adressée au bailli de Vermandois.)
Donné à Paris, ou mois de janvier, l'an de grâce mil ccc mi" et n et le tiers de nostre règne. Es requestes de l'ostel,
S. de Caritate Annell.
(Arch. de l'Emp. Très, des Cli. Reg. JJ. 122, pièce 23 )
Querelle entre des nobles au sujet des propos d'un page. Paris, septembre 1417.
Nous, avoir receu l'umble supplicacion de Guichart de la Chapelle, escuier, Jehan Bérangier et Jehannin Cessart, ses varies, contenant :
Comme bien an a ou environ, ledit Guichart, qui lors estoit de par nous en garnison ou chastel de Tancarville pour résister à nos ennemis et adversaires
\ . Sorte de pique flamande.
d'Angleterre qui détiennent et occupent nostre ville de Harfleu, feust aie esbatre avecques autres gentils hommes de ladicte garnison en la forest dudit lieu de Tancarville, et mené avec lui une jeune femme. Et eulx esbatant par ladicte forest, le paige feu Pierre Cboe de Valendins, dist audit Guichart par manière de moquerie et dérision tèles parolles ou semblables : « Pague la putain, pague la. » Pour quoy ledit Guichart eust batu ledit paige, sans lui faire sang ne plaie. Dont il se feust aie complaindre audit Choe de Valendins, son maître. Lequel, accompagné d'aucuns autres ses aliez, se feust adrécie ledit jour audit Guichart ainsi qn'il venoit de soupper et ne donnoit de garde f en lui demandant pourquoy il avoit batu sondit paige, etc
(11 s'ensuit un combat où Choe est tué.)
Paris, septembre 1417.
(Arch. de l'Emp. Très, des Cli. Reg. JJ. 170 pièce 42.)
Rémission pour un écuyer auvergnat qui s"1 était réuni a un parti de brigands qui infestaient les environs de Clermonl- Ferrant.
Paris, février 1417.
Charles, etc, Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir reçu l'umble supplicacion des amis charnels de Jehan de Chalus, escuier, demourant en nostre pais d'Auvergne, contenant :
Que un peu avant la feste de Noël, l'an mil mic et xv ou environ, après ce que ledit Jehan de Chaluz fu retourné audit pais d'Auvergne du pais de France où il ii 5
estoit venu par l'ordonnance et commandement de nous, en la compaignie des gens d'armes de nostre amé et féal cousin, le conte Daulphin d'Auvergne, à un jour qu'il aloit de Ville Arnoux à Clermont, il encontra un grant nombre de brigans à l'environ de ladicte ville de Clermont près de Chamalières1. Lesquelx le prindrent et lui firent promettre qu'il seroit de leur aliance et compaignie, ou autrement ilz le destrousseroient, murdriroient et bouteroient le feu en son hostel. Et quant ledit de Chaluz se vit ainsi tenu, fu en grant perplexité , par espécial que autour de son hostel demouroient beaucop desdis brigans. Et doubtant perdre son corps et sa chevance, ne se osa bougier de leur compaignie, mais avecques eulx s'en ala la nuyt ensuivant au lieu de Nomnentprès de Clermont. Auquel lieu estoient logiés certaines gens d'armes de la compagnie du seigneur de Montlaur qui retonrnoient dudit pais de France où ilz avoient esté à nostredit mandement. Lesquelles gens d'armes furent assailliz par lesdis brigans, icellui de Chaluz estant en leur compagnie, et par lesdis brigans y fu tué un homme d'armes et prins clievaulx, harnois, bouges 2 et autres choses qu'ils leur peurent oster. Et le lendemain lesdiz brigans vouldrent que ledit de Chaluz feust leur capitaine général, et lui donnèrent deux des chevaulx qu'ils avoient prins sur lesdictes gens d'armes. Et dès lors en avant, ledit de Chaluz fu et démolira en la compagnie desdiz brigans en plusieurs lieux de nostre dit pais d'Auvergne et en plusieurs as-