La Bassée (Nord
2. Coultre, sorte de sacristain, qui avait les fonctions de sonnei 1rs floches et de garder les «lés de Téçlise.
les autres dessus nommés, dist à ceux qui parloient audit suppliant, qu'il y mectroit Jehan Denisart, qui là estoit présent, et qu'il sonneroit les cloches, ouverroit et clorroit les huis du moustier, et feroit toutes autres choses qui à office de coultre appartiennent. Dequoy ledit suppliant, qui savoitbien lire,escrire et chanter, et estre bien habile à ladicte coultrerie exercer, et ledit Denisart ne savoit lire, escrire ne chanter, fut moult couroucie , et pour ce , par chaleur et après boire, dist, en soy démoquant, audit Escobarie, que l'esglise seroit bien parée et aornée et aussi seroient les seigneurs d'icelle, dudit Denisart; parce qu'il estoit escommeniez pour cause d'une femme mariée qu'il, qui estoit aussi marié à une femme, maintenoit; qui est et estoit chose notoire et manifeste, comme chascun sçet. A quoy ledit Denisart, moult esmeu et couroucie de ce que ledit suppliant l'avoit ainsi injurié, comme il luisembloit, respondi et dist à icellui suppliant telles parolles ou semblables en effect : «Tu mens chevestres, parmi tes dens. Je suis aussi bon en tous endrois que tu ez. » Et lors se leva ledit suppliant, moult eschauffé de ce, tenant un coustel à la façon de Toulouse en sa main. Mais un appelle Garsel, qui là estoit, fist rasseoir ledit suppliant. Lequel incontinant, à la requeste dudit Garsel, se tint coy et s'apaisa du tout pour l'eure, et se print à chanter et à esbastre avecques les autres. Mais ce non obstant, ledit Denisart, qui estoit moult frié et esmeu de ce que dit est, non contens de ce et quérant sa mâle meschance1, assez tost après, en réveillant le chat qui dormoit, que ledit suppliant estoit