C'est de là que vient notre mot billard
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Comme le mercredi xxvnc jour dudit mois de novembre derrenièrement passé, ledit suppliant, Rémi Ledain, Jaquier Bratin, Jehan le Godelier, Jehan de Sainte-Lumière, Marguerite, dicte Labbaye, et Sézille de Drion, filles de vie, eussent souppé ensemble en la maison de Thomassin Gillot, permentier, demourant à Chaalons. Et quant ilz orent souppé, la dicte Marguerite dist qu'il leur faloit aler aval ladicte ville de Chaalons, et a ce s'accordèrent lesditz supplians et les dessusdiz, et se partirent ensemble, les dictes filles de vie et eulx. Et s'en alèrent assez prez de Saint-Pèreaux-Monts de Chaalons1. Et pour ce quilz cuidoient trouver une fille de vie appellée Rosecte, en la maison d'un appelle le Coulemas, ilz hurterent à l'uis d'icelle maison, et demandèrent où estoit ladicte Rosecte. Lequel Colemasleur respondi quelle n'y estoit pas. Mais leur ensengna sa maison. Et en alant en icelle maison, trouvèrent une jeune femme, appellée Gilon, qui par commune renommée faîsoit le plaisir des compaignons pour argent et autrement. Icelle Gilon prinrent et emmenèrent par force et oultre son gré, et fut par ledit suppliant et les dessus diz, menée jusques au lieu dit le Bordel, où les filles de vie ont acoustumé de seoir et reposer pour faire leurs voulentez. Et en une chambre dudit lieu, ledit suppliant, tempté d'art d'ennemi, et pour ce quil avoit bien beu, congnut charnelment ycelle Gilon , et aussi firent aucuns des autres dessusdiz; si comme l'en dit. Dont ladicte Gilon s'est plainte à justice. Pour lequel fait, ledit sup-
1 . Saint-Pierre-aux-Monts de Chàlons-sur-Marne , abbaye de bénédictins.
pliant, doubtanl rigueur de justice, s'est absentez du pais. . . .
(Rémission adressée au bailli de Vcrmandois ou au prévôt de Laon.)
Donné à Paris, ou mois de janvier, l'an de grâce mil ccc mi" et dix neuf et le xxe de nostre règne. Par le Roy, à la relacion du Conseil,
Lamy.
GXXX
Débauche.
Paris, octobre 1400.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir esté humblement exposé de la partie des amis charnelz de Thomas Nepveu , chargié de femme et de deux petiz en fans, povre homme, laboureur de bras, contenant :
Que comme le jour de Karesme prenant, Tan iniÏX xvin, ledit Thomas, estant couchié avec sa femme, par temptacion de l'ennemi se leva d'avec sa dicte femme et se ala coucher avec une jeiune fille appellée Denise, laquelle estoit sa chambrière. Et pour ce que icelle Denise ne lui voult faire son plaisir, lui donna plusieurs cops et donna plusieurs menaces, et fist tant, que par force et contre le gré et volenté de ladicte Denise, il se coucha avec elle et la cogneut charnelment, une foiz seulement. Et après ce, icelui Thomas se retourna couchier en son lit. Et lui estant couchié, ycelle Denise se voult partir de son dit hostel pour
24i RÈGNE DE CHARLES VI.
s'en aler, el commença à hurler à l'uis d'icellui hostel. Lequel Thomas douhtant que ladicte Denise s'en voulsist aler, comme dit est, dist à sa dicte femme qu'elle alast quérir icelle Denise et la fist venir coucher avecques eulx deux. Laquelle femme dudit Thomas se leva de son lit et ala quérir ycelle Denise, et la amena et fist coucher avec ledit Thomas et elle. Lequel Thomas tantost après se reprint à ladicte Denise et la cognut charnelment une autre foiz , contre son gré el volenté. Pour occasion duquel fait ycelui Thomas est détenu prisonnier es prisons de l'évesque d'Orléans, etc. . . .
(Rémission adressée aux baillis de Cépoy et de Chartres. — Un mois de prison.)
Donné à Paris, ou mois d'octobre, l'an de grâce mil cccc et de nostre règne le xxie.
Par le Roy, à la relacion du grant Conseil, ouquel
Vous1, i'évesque de INoyon, maistre Giles d'Estouteville
et autres estiez.
Vitry.
(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 155, pièce 239 bis.)
\. Fous, ce mot désigne toujours le chancelier. Ainsi, le véritable titre des registres du Trésor des Chartes serait celui de Registres de la Chancellerie de France , que plusieurs portent en effet en tête de leurs pièces.
GXXXI
Rémission pour un homme qui avait abusé d'une femme muette, qui était mariée à un cayman.
Paris, mai 1400.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu l'umble supplicacion de Colin Petit, de l'aage de vint ans ou environ, contenant :
Que depuis quinze jours en ça, ledit Colin, estant en la ville de Hermeray1, en la conté de Montfort2, survint un caymant, avecques une jeune femme muette, laquelle, ledit caymant, dit estre sa femme espousée, et laquelle, si comme J'en dit, a esté et est renommée ou pais de Chartrain et ailleurs , de faire pour les compaignons. Pourquoy ledit suppliant ala après ledit caymant et sa femme, en la cornpaignie de Massiot Corbinoys, et dist à la dicte femme qu'il vouloit avoir sa cornpaignie cbarnelment. Et à laquelle, pour ce qu'elle ne respondoit pas, et aussi faire ne le pouvoit pour ce que elle estoit muette, comme dit est, laquelle chose ignoroit ledit suppliant, ycellui suppliant donna plusieurs buffes, et aussi batit-il ledit caymant d'un baston, pour ce qu'il en parloit. Et après la mena ou boys, et la cognut charnelement par deux fois. Et depuis la ramena audit Hermeray, vestue d'une houppelande à homme, d'une, sainture et d'une dague, et d'un chapperon decoppé, que ledit suppliant lui fist
i. Hermeray (Seine-et-Oise).