‹ Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI [microform]Chapitre 107 sur 264 · Jaux (Oise · texte numérisé non relu

Jaux (Oise

gecleray l'autre ou feu. » Dont il fut secondement courroucié, et pour ce print l'autre soûler et gecta à la teste de sadicte femme. Laquelle, de félon courage, print l'un desdiz soulers de son mary et le gecta au feu. Et ce fait s'en fouy et entra en sa chambre. Et ledit Jehan ala après, qui la baty d'une quenoulle, et en icelle bâtant fu rompue. Et après separty d'icelle chambre. Après lequel ladicle femme ferma Puis, et demouraen icelle. Et incontinent retourna ledit Jehan à Tuis de ladicte chambre, cuidant entrer en icelle, tenant en sa main une fourchefière, en laquelle n'avoit que un fourcheron, car l'autre estoit rompu. De laquelle ledit Jehan, afin de entrer en la chambre, frappa d'icelle fourchefière un seul coup contre la paroy, qui estoit déterre, duquel coup il fist un trou, à l'endroit duquel estoit ladicte femme, laquelle, par cas de fortune, d'icelle fourchefière, en frappant ledit coup par ledit trou, fut actainte parmy la gorge. Duquel coup, par faulte d'appareil, de petit gouvernement, ou autrement, incontinent ou assez tost après elle ala de vie à trépas. Pour occasion duquel cas ledit Jehan, doublant rigueur de justice, s'est absenté du pays ; délessié ses trois petis enffans qui n'ont de quoy vivre parce que tous les héritages et biens meubles dudit Jehan leur père ont esté et sont mis en nostre main, etc.

(Suit le rémission adressée au bailli de Senlis et au prévôt de Compi^gne, avec cette clause : a Parmy ce qu'il tendra prison fermée par l'espace d'un mois, et après ce fera un pellerinage à Nostre-Dame-du- Puy en Auvergne et en rapportera certificacion dedens trois mois après eusuivans. »)

Creil, mars 1417.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 170, pièce 122.)

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Meurtre (Tune paysanne par son mari, Paris, juin 1418.

Charles, par la grâce de Dieu roy de France. Savoir faisons à touz présens et advenir. Nous avoir receu l'umble supplicacion des parens et amis charnelz de Jaquet le Bloy, simples homs laboureur, demourant en la parroisse d'Aze ou diocèse de Chartres, chargié de plusieurs enfans, contenant ;

Comme ou mois de septembre derrenièrement passé, luy et feue Jehanne, jadis sa femme, (eussent alez audit lieu d'Aze, aux nopces d'un appelle Jehan le Fillendrieu et de Marion, jadis femme de feu Jehan de Blois. Ausquelîes nopces ladicte Jehanne, lors femme dudit Jaquet, qui estoit coustumière de trop boire et soy enyvrer, et aussi chéoit souvent du hault mal, beut tant qu'elle s'en yvra. Et pour ce, ledit Jaquet, véant sadicte femme aiant ainsi beu oultre mesure, voulant éviter son deshonneur, fist tant avecques elle que après soupper il la fist partir desdictes nopces, en la voulant admener dudit heu d'Âze au lieu de la Hébergerie, ouquel ilz demouroient. Et en eulx alant ensemble sanz compaignie d'aucun, pour ce que ledit Jaquet remonstroit à sadicte femme la honte et villenie qui chascun jour pourroient pour cause de ce recevoir la lignée d'entre eulx, mesmement que icelle femme estoit petitement renommée de proudommie de son corps, sadicte femme le charga de langaige et paroles. Dont ledit Jaquet fut courrou-

cié et esmeu. Et trouva en son chemin ung baston, duquel il donna à sadicte femme deux ou trois coups. Et pour ce que sondit baston rompy, luy dorna deux coups par les cuisses, d'un petit coustel, du pris de deux deniers, que au matin en alant ausdictes nopces, luy et sadicte femme, avoient trouvé. Et ce fait, s'en ala ledit Jaquet en son hostel, cuidant que sadicte femme , après qu'elle seroit hors de son ire et courroux, s'en retournast après luy, ou qu'elle retournast aux nopces. Maiz elle ne retourna point à l'hostel. Et fist ledit Jaquet, le lendemain trèsbien matin, lever ses diz enfans pour aler en l'ostel dudit Fillendrier. Et s'en ala ycellui Jaquet à sa besoigne, cest assavoir mener du fiens aux champs. Lesquels enfans assez tost retournèrent devers ledit Jaquet leur père, en criant et disant qu'ils avoient trouvé Ifur mère qui estoit morte, si comme il leur sembloit. Et lors ledit Jaquet, en grant desplaisance, laissa tout et retourna avecques sesdiz enfans. Et assez près du lieu où il l'avoit bastue, la trouvèrent morte, dont il fust moult doulant et courroucié ; la prindrent et misdrent dans la charecte dudit Jaquet, qu'il y mena, et Tamenèrenl en son ostel. Ouquel lieu il la garda jusques au soir, qu'il dist à ses voisins qu'il l'avoit trouvée morte de sa maladie du hault mal, que souvent elle avoit. Et la fist ensevelir et enterrer, bien et honnestement, selon son estât. Et depuis ce, c'est (sic) icelluy Jaquet toujours tenu et demouré en sondit hostel, sanz ce que dudit cas il ait esté accusé ne poursuy. Et jusques à ce que le mercredi, \uf jour de ce présent mois de juing, que ledit Jaquet se transporta au lieu du Temple de Montdoubleau, auquel lieu il trouva Jehan Rahier, sergent

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142 RtGNE DE CHARLES VI.

de nostre très chière et très arnée cousine, la Royne de Sicille, en la baronnie de Monldoubleau, lequel, par souspecon dudit cas, si comme il disoit, pnnt ledit Januet prisonnier. Et depuis le délivra, o la cauc.on et liide Jehan Hubert, de Jehan Violeau et de Jehan le Bloy, lesquels lepluvrent de rendre à la procha.ne assise du Mans au jour de son appel, à la pe.ne de d.x livres tournois. Et aussi a promis ledit Jaquet de soy vrendre, à peine d'estre ataint dudit cas. Pour occasion desquelles choses, ledit Jaque n'ose soy tenir ne demourer en seurté ensamaison, etn oseroit soy rendre ne comparoir en personne à ladicte assise, maiz seroit en adventure, etc —

rs„i, la rémission avec celte clause : « Parmi ce qu'il fera dire trente ™et: pourTaZe deiïuncte, et tenra prison fermée ung mo« au pam et à l'eaue. ï)

Paris, juin lilS.

(Arch. del'Emp. Trésor des Ch, Reg. JJ. 170, pièce 148.)

Rémission pour un marchand gainier, qui h la foire de Crépr en Valois, s étant pris de querelle a.ec un reh^ gieux, au sujet de sa marchandise, tue celui-ci.

Paris, février 1390.

Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. De la partie des amis charnelz de Jehan le Voel, povre gainnier, demourant nagaires à Senliz, nous avoir

esté exposé : .> . ./

Que le jour de Saint Arnoul derrenierement passe,

ledit 3ehan le Voel ala en Crespy en Valoys, h une

foire qui estoit audit lieu, et illec mist en vente sur un estai plusieurs gainnes, petiz couteaux, coffres et autres denrées qu'il avoit, ainsi comme marchans ont acoustumé de faire en tel cas. Auquel estai vint une damoiselle accompaignée d'un escuier, laquelle prinst etbargaigna* un des dix coffres, ferré de laiton, que ledit Jehan lui fist x s. p., et elle en offri iiii s. Sur lequel fait seurvint un religieux de l'ordre de Saint- Benoit, nommé frère Regnault Billouart, qui demanda à ladicte damoiselle qu'elle faisoit illec. Laquelle lui respondi qu'elle vouloit acheter ledit cotTret et qu'elle en avoit offert et voulu donner un s. Lequel religieux dist que il n'en valoit que deux. Et ledit Jehan lui respondi que il lui cousteroit plus. Et icellui religieux dit de rechief, moult hault, qu'il ne valoit que ii s. Auquel ledit Jehan dist : « Je ne sçay qui vous estes, ne se vous estes marchant, maiz se vous aviez le coffret et la ferreure, si ne le vous ferreroit on mie pour II s., et se vous estes marchant, jamaiz ne puissiez vous gaignier en marchandise plus que vous me offrez. » Et lors ledit religieux print ledit coffret et le gecla à terre et le foula aus pies. Et ledit Jehan lui dist : « Sire ! que faites vous ? que vous demandent mes denrées ? » Et tantost après ledit religieux print un autre coffre, en disant audit Jehan : « Garçon vous serez battu. » Et gecta ledit second coffret contre icellui Jehan, qui gauchi afin qu'il n'en feust féru ou blécié. Et cheut ledit coffret contre son estai et abati une tire des couteaulx d'icellui Jehan. Et incontinent après ce, ledit religieux lui dist de rechief : «Garçon,

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VOUS serez batu avant que vous partiez de ceste ville.,. Aquoy ledit Jehan lui respondi : «Sire, je ne su.s garcoi ne que vous estes. Je vous pry laissiez rnoy en paix. Vous m'avez assez domagié, et se le ba.lli feust Iv,' je m'en plaignisse à lui. » Et adont print un coùstel sur sondit estai, et dist doucement aud.t rehoieux : «Sire, Iraiez vous arrière, et ne me frappez point. Car se vous me frappez, je vous reffraperay. >, Et quand icellui religieux vit qu'il nepovo.t atlamdre audit Jehan, il print une balle plaine desd.ctes gaumes et autres denrées, et les lui cuida gecter a la teste, mais tout chey à terre. Auquel religieux les bonnes gens illec présens dirent : «Sire, vous avez tort. Que demandez vous à ce marchant? Il ne vous demande riens. « Lequel religieux respondi : « ^^r 1^ -§ Dieu! ilserabatuz. » Et lors se parti .cellm religieux et ala quérir un bâton, et retourna tantost devei-s edil Jehan qui recueilloit ses denrées que il lui avoit abatues, et lui dist : » Par le sang Dieu ! quoy qu'il me couste tu seras batu. » Et d'icellui bâton le<lit rel.g.eux cu.dant frapper ledit Jehan sur la teste, l'en assena sur le bras, eue il tendi audevant, et s'esforça de le -fTerr.r encores. Et lors ledit Jehan, se véant ainsi féru et v Uene senz cause par ledit religieux, et pour reppeller la fureur et force d'icellui religieux, et pour doubte qu . „e le tuast ou affolast, yssy de son estai et pnst e embrassa ledit religieux, et d'un petit coustel qu d pr st sur sondit estai le frappa en un seul coup ou cos e, dont mort s'en estensuye en la personne d'icellui religieux. Pour lequel fait ledit Jehan, etc. . • •

° «'abseme du pays. -Rémission adressée au bailli de Senlis. avec «,« coisiSn . IZ ledit religieux es.oitbomme ncseux et bngueux, et

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de m.iuvaise vie et dissolue, et coustumier de faire noises et rioses, si comme on dit. i

Donné à Paris, ou mois d'aoust, l'an de grâce mil un" et X et le x^'de nostre règne.

Par le Roy, à la relacion du Conseil,

J. DE CONFLAIVS.

(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 139, pièce 44.)

accapareur de sel.

Tours, 10 décembre 1408.

Charles, par la grâce de Dieu roy de France. Savoir faisons à tous présens et avenir. A nous avoir esté exposé de la partie de Jehan Galhart, charpentier, demourant à Saint-Frageoul , en la sénéschaucie de Thoulouse :

Que jà pieçà, deux marchans de sel vindrent en ladicte ville de Saint-Frageoul, pour vendre du sel. Lesquelz, un homme dudit lieu, moult convoiteux, nommé François Coulon, de fait fist descendre en son hostel, à tout leur dit sel, afin que il le vendist et adenerast aux habitans d'icellui lieu, tout à son plaisir, et plus que n'eussent fait les dis marchans. Et pour ce que icellui exposant, lors présent et véant la convoitise dudit François, qui estoit contre le bien publique, dist à icelui François que il faisoit mal de retenir les denrées toutes pour lui, que avoient amenées lesdiz marchans pour vendre aux habitans dudit lieu, etc....

(Querelle. — Coulon menace le charpentier de le dénoncer à la comtesse de Comminges comme auteur de plusieurs larrecins. — Le char-

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Lsi avait un couteau à la n«in. - Rémission.) Tours, 10 décembre 1408.

(Arch. de l'Emp. Très. de. Ch. Reg. JJ. 163, pièce 9b.)

Tr/^sfe condition des marchands.

Paris, novembre M\o.

Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receuelumblesupplicacion des amis cliarnelz de Robert Widecoq, povre marchant de troniaiges, demourant au Gros Quesnoy, en Bray, ou diocèse de Rouen, aagiédexL ans ou environ, conte-

"'qU comme à un jour de jeudi ou mois de novembre derrenier passé, environ heure de jour fa.lh , led.t Robert s'en venoit avec aucuns autres compaignons, marchans de fromaiges, à tout ses denrées et chevauh, pour les vetidre et mener à Amiens. Et ams. qu .1 s en venoit, ù encontra à un trait d'arc lo.ng de la Chapelle ou environ, avec ses autres compaignons, un petit homme vestu d'une robe de pers', loquetee par dessoubz. à tout un plancon' à son col, et le salua, sans autre chose dire. Et estoit un homme derrière eulx, qui estoit de la compaignie dudit Robert, nomn.e Jehan Main, marchant, auquel Jehan Alam, lec h homme loqueté den.anda des nouvelles. lequel au

\ . De drap bleu verdâtre.

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