LXXXIV
Rémission pour la femme du maitre maçon de réfy^fj^ Saint-Quentin, maistre des oeuvres de maçonnerie du duc
de Bourgogne. . ,,nn
Paris, septembre 1400.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir reçeu l unible supplicacion des parens et amis charnelz de Agnes, femme de Giles Largent, maistre maçor de Téglise de Saint-Quentm en Vermandois, et maistre des œuvres de maçonnerie de nostre très cher et très amé oncle le duc de Bourgongne, en son pays d'Artois, prisonnière audit heu de
Saint-Quentin, contenant :
Que comme le juedixxvif jour d'aoust derram passe ot un an ou environ, Herhn et Jacot, disFèron, frères, nepveux de ladicte Agnès, feussent venus a icelJe
Agnès en sa maison, eulx complaindre à elle de feu Jehan de Trois^ maçon, en disant, par ledit Herlin, que le jour devant, ledit Jehan de Trois lui avoit dit au marchié de Saint-Quentin qu'il estoit marchant de bois de nuit, et sembloit audit Herlin que il vouloist dire que il feust larron, combien qu'il eust achecté le bois à son argent et paie comptant ; qu'il portoit, lui et ses compaignons, quant ilz avoient fait leur journée et ouvrage, sur la nuit. Auquel Jehan d'Artois ledit Herhn dist : a Tu me dis villenie, et en vérité, se je puis, je te courouceray. » Et pour ce ledit Herlin, moult dolent et couroucié des dictes parolles, vint par devers ladicte Agnès, sa tante, et lui dist qu'il avoit entencion de balre ledit de Trois pour les dictes parolles, et l'en faire desdire. Auquel Herlin et à sondit frère, elle dist qu'il avoit bien deservi d'estre bien batus. En disant par ladicte Agnès, ausdis frères, que ledit Jehan de Trois feust bien saigniez et bien batus, et que tantost qu'ilz l'aroient batu, ilz se meissent en franchise, et elle les aideroit et conforteroit au mieulx qu'elle pourroit. Lesquelz respondirent que ainsi le feroient. Et tantost après ces parolles, ilz se partirent de la maison de ladicte Agnès. Et le lendemain au matin, en alant leur chemin par ladicte ville, rencontrèrent ledit Jehan de Trois, et ramenans à mémoire les dictes parolles, le bâtirent et navrèrent à sang et à plaie. De laquelle navreure icellui Jelian de Trois, dix ou douze jours après ou environ, par son petit gouvernement ou autrement est aie dévie à trespassement, si comme l'en dit. Pour occasion duquel fait, ladicte Agnès a estéprinse et mise en prison audit Saint-Quentin, et desja ont procédé contre lui les hommes jugeant audit lieu parleur juge-
ment pour la faire morir, et tant quelle a esté menée jusques à la justice dudit lieu et liée à Tatache, preste de ardoir, qui est demeuré à faire, pour ce qu elle s'est dicte grosse d'enfant sentant. Et depuis fu ramenée ès-dictes prisons, où elle a esté par l'espace de un mois ou environ, et encores, à grant povreté et misère et en aventure de briefmentetlionteusementfiner des jours, se nostre grâce et miséricorde ne lui est impartie, requérant, etc.
(Rémission adressée au bailli de Vermandois et au prévôt de Saint- Quentin.)
Donné à Paris, ou mois de septembre, Tan de grâce mil cccc et de nostre règne le xx'.
Par le Roy, a la relacion du grant conseil,
Le Bègue.
(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. ioo, pièce 225.)
Vétérinaire, Paris, mai 1416,
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir reçeue Tumble supplicacion deDrouetGuibert, marescbal, demeurant à Lisy-sur-Ourc, chargié de femme et de plusieurs enfants, contenant :
Que comme le duc de Bourgongne estant derrenièrement en la ville de Laigny sur Marne , le sire de Vergy, son filz, et plusieurs autres seigneurs et gens armez en très grant nombre, se feussent venus logier en ladicte ville de Lisy, en laquèle ilz demeurèrent et
GENS DE MRTIERS.
séjournèrent longue rspace de temps. Pendant lequel, plusieurs d'iceulx gens d'armes menèrent ou firent mener devers ledit suppliant, qui bien se congnoissoit en tel cas, plusieurs chevaulx qui lors estoient malades et malhaignes de plusieurs maladies. Et pour ce que ledit suppliant les gary et qu'ilz virent et appercurent en lui très grant souffisance de son mestier, et qu^ilz en avoient bien à faire, ils lui firent très grant chère et lui monstrèrent très grant signe d'amour, et tant qu'il est avecques eulx très grant congnoissance et affinité. Et après firent tant, que par blandices ou autrement, quant ils se partirent de la dicte ville, pour les grans biens et prouiïîz qu'il/ lui promisrentà faire, non cuidant mesprendre, il se parti d'icelle ville et s'en alla avec eulx en ladicte ville de Laigny. En laquèle il fu avec eulx par aucun temps, cuidant que ledit duc de Bourgongne et ceulx de sa compaignie feussent mandez venir devant nous pour nous servir, laquèle chose ilz disoient et publioient souventes fois. Et depuis, quant ledit duc de Bourgongne se parti de ladicte Mlle et qu'il s'en ala en pays de Flandres ou ailleurs où bon lui sembla, ledit suppliant, par les promesses que lui firent ledit seigneur de Yergy et sondit filz, ou aucuns de leurs gens et serviteurs pour et au nom d'eulx, de le très bien contenter et paier, il s'en ala avec eulx jusques en leurs hostelz, et illecques a peu de temps demouré. Et depuis s'en est retourné en son hostel de ladicte ville de Lisy, où il a esté par aucun temps. Et pour ce qu'il a doubté que en faisant les choses dessus dictes il n'ait offensé et mespris, il se soit et s'est absenté du pays, etc.
(Suit la rémission, adressée au prévôt de Paris.)
Donné à Paris, ou mois de ,nay, l'an de grâce mil cccc et seize et de nostre règne le xxxvi«. Par le Roy, à la relacion du conseil,
Charekton.
(Arch. de lEmp. Trc,. des Ch. Reg. JJ. 169, pièce 137.)
LXXXYI
Don d^une rente sur une maison de Paris fait par le roi a Jean d^J.ignon, son ménestrel, qui l amU bien ser.i pendant çingt-quatre ans.
Paris, 24 janvier 1417.
Charles, par la grâce de Dieu roy de France. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir reçeul umbie supplicacionde Jehand'Âvignon, nostre ménestrel,
contenant : ,, i c »
Que comme dès le viii^ jourd'aoust 1 an md un cl neuf derrenièrement passé, il achecta à tousjours perpétuelment, pour lui, ses hoirs et ayant cause, de Colin Béry et de Jehannette, sa feu.me, deu.euranl au Chaufour, lez nostre ville de Paris, une maison, jardin et terre derrière, et tout le lieu ainsi qu'il se comporte, que les dis Colins et sa femme disoient avoir de leur conquest, séanthors de nostredicte ville de Pans prez dudit Chaufour, tenant d'une part sur a rivière de Seine et sur les fossez de P-is, et dautre part a Gaultier le Blond, en la censive de l'eghse du Temp e à Paris, chargée de trois deniers de fons de terre et de quatre solz parisis de rente, pour toutes charges, comme par lettres sur ce faictes et passées ledit jour soubz le seel de nostre Chastellet de Paris puet plus a
plein apparoir. Et il soit ainsi que depuis ledit acliast fait desdis maison et héritages, iceulx maison et héritages, par les divisions et guerres qui ont esté en nostre royaume, ayant esté démoliz et abattuz et miz en ruyne, sans ce que icellui suppliant en ayt esté par nous aucunement récompensé, qui est en son très grant préjudice et dommage. Pourquoy nous, en récompensacion des choses dessus dictes, et considérés les bons et agréables services que nous a faiz ledit Jehan d'Avignon depuis xxxiiii en ça qui est nostre ménestrel, et espérons qu'il face ou temps avenir, et pour plusieurs autres causes à ce nous niouvans, à icellui Jehan d'Avignon avons donné, cédé, quictié et transporté, et par ces présentes donnons, cédons, quittons et transportons pour lui ses hoirs et ayant cause, à tousjours perpétuellement et héréditablement^ soixante sols parisis de rente que prenoit chascun au feu maistre Nicolle d'Orgemont, en son vivant doyen de Tours, sur l'ostel dudit Jehan d'Avignon^ séant en la rue Saint-Pol à Paris, qui fut à feu Jehan d'Orléans, et derrenièrement à Héluis la Pépine, auquel pend l'enseigne du Croissant, avec les arrérages qui nous en peuvent estredeuz. Laquelle rente estoit à nous appartenante par la confiscacion des biens dudit maistre JNicole, lequel a esté condempné en chartre perpétuelle pour crime delèsemagesté par lui envers nous commis. Si donnons en mandement par ces présentes à nos amés et féaulx gens de nos comptes et trésoriers à Paris, et aux commissaires ordonnez sur le fait des rébellions et désobéissance, etc.
Donné à Paris, le xxrn^de janvier. Pan de grâce mil cccc et dix sept et de nostre règne le xxxviif .
i68 RÉGINE DE CHARLES VI.
Ainsi signé : Par le Roy en son conseil, aiuiuel l'arcevesque de Sens, messire Guillaume Le Boutellier, le sire de la Louppe et plusieurs autres estoient.