De Rosebeke
comme le mercredi après la saint Vincent derrenièrement passée, se feussenl arrivez es faux bours de Saint Florentin quatre juifs, l'un appelle Raphaël, l'autre Abraham, et des noms des deux autres ne sont pas recors. Les quielx supplians penssans que les diz juifs s'en alassent et en foissent hors de nostre royaume pour aucune cause, prirent aucuns de leurs armeures et alèren.t environ l'entrée de la nuit sur les diz juifs en l'ostel où il estoienl logiez es diz faux bourgs, et prirent trois des diz juifs, c'est assavoir ledit Abraham et les deux autres dont il ne scevent les noms, et les menèrent hors de ladicte ville et leur ostèrent environ un livres tournois d'argent, un fermelet d'or, une ferrure d'une courroye d'argent, un annel d'or ou d'argent, un signet d'argent, un chaperon de drap de laine, trois espées et aucunes autres menues choses qu'ilz avoient sur eulx, et les battirent de buffes, sanz férir de couteaulx, bastons ne d'autres choses, fors des mains seulement. Et en tirèrent l'un en la boe, et leur usèrent de menaces, en disant qu'il paieroient douze frans avant qu'il les laisî^assent aler. Des(]uielx douze frans les diz juifs ne paièrent onques riens ; maiz les laissèrent aler les diz supplians, et leur rendirent partie de leurs diz biens. Et lendemain, à matin, s'en ala l'un des diz supplians, c'est assavoir led. i>jicolas, avecquesles diz juifs, à Troyes, paisiblement et sanz penser mal ne villenie. Et au soir, quant ilz furent arrivé audit lieu de Troyes, lesdiz juifs firent arrester ledit Nicolas par la justice, et lui fu assigné journée par devant nostre bailli de Troyes au lendemain à matin. Lequel Nicolas, doubtant de la justice, s'en parti de ladicte ville de Troyes, etc.
Donné à Paris le vi® jour de février, l'an de grâce mil ccc iiii" et deux.
{Très, des Ch. Reg. JJ. 122, pièce 78.)
XXITT
Juifs de Mantes persécutés .
Paris, mai 1383.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir oye l'umble supplicacion de Guillaume Mauvoisin demourant à Mante, contenant : Que jasoit que de la somme de ii"" frans qu'il avoit pieça empruntée à Croissant de Vezou, juif, lors demourant au dit lieu de Mante, ensemble les montes d'icelle somme * de laquelle il s'estoit obligiez à luy pardevant le tabellion de Mante, il ait fait hbéralment de sa voulenté et sanz aucune contrainte bonne satisfaction audit juif. Néanlmoins, pour ce que ledit suppliant, après ce que les juifs demourans en la dicte ville de Mante furent Iriboulez et molestez par le commancement de ceulx de Paris, ledit suppliant qui ne savoit se les diz juifs seroient du tout mis hors de nostre royaume ne que l'on en feroit, dist à un clerc du dit tabellion qu'il vouldroit bien estre rayé dudit registie et de l'arrest dudit tabellion, se il y estoil pour la dicte somme, afin que l'obligacion ne fust grossée contre luy et qu'il en donrroit voulentiers audit clerc unes chauces, combien que ledit suppliant ne sceust onques De ne sçet se le dit clerc en iist riens, ne onques puis