Poinçonnées aux armes
fondre. Lequel orfèvre lui eust dit, que pour cause des dictes armes il seroit péril de les fondre et dépécier. Et pour ce, icelle Jehanne, doublant, parce que dit est, encourre ou avoir encouru aucune pêne, eust rendu à nostre amé et féal Guy de la Trémouille, chevalier et chambellan de nous et nostre dit oncle, et à révesque de Baleham, son confesseur, toutes les dictes LV escuelles, par devant ses parties. Auquel nostre oncle ledit Estienne les avoit emblées. Et avec ce, ledit Estienne eust baillié en garde à ycelle Jehanne m houpelandes fourrées, iiii ou v, tant anneaux comme verges d'or, demi once de perles, et un gobelès d'argent, les quieulx elle double ycelui Estienne avoir aussi emblez. Pour occasion desquelles choses, ycelle Jehanne soit détenue prisonnière en nostre Chastelet de Paris, et nous ait fait supplier, comme en tous autres cas elle soit et ait tousjours esté de bonne renommée, et avec ce, nous estans en enfance nous alaitast par aucun temps de son lait, nous, sur les faiz et cas dessus diz li voulissions faire grâce et avoir de elle et de ses enffans pitié et compassion. Nous, pour considéracion des choses dessus dictes, etc....
Ce fu fait à Braye-Conle-Robert, le xxvu" jour du mois d'avril, l'an de grâce mil ccc ini" et deux et le second de nostre règne.
Par le Roy, à la reiacion de monseigneur le duc de Bourgoingne.
J. Blanchet.
(Arch. de l'Emp. Très, des Ch, Reg. JJ. 120, no 208.)
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P^ol dans une abbaye Je femmes.
Paris, novembre 1382.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. A nous avoir esté exposé de la partie de Huguenin Renart, dit Brigues, de Cucy, en Auvergne, povre laboureur de bras :
Que comme à certain jour, environ la Saint Michiel derrenièrement passée, après ce que il estoit serviteur et familier de l'abbesse dudit Cucv', eusl ouvré tout le jour à pressurer et entonner vin pour ladicte abbesse se feust alez coucbier en la dicte abl)ave, ou lie 1 dit Au Sépulcre, avec un autre varlet, appelé Lamit, sacristain et cbevecier de la dicte al)baie. Et illeuc, si comme ilz se vouloient coucbier, seurvint Jelian Bardet, prestre, serviteur et familier de la dicte abbesse, lequel leur dist que en la chapelle de Saint- Benoist de la dicte abbaie, estoit l'escrin ou huche de défuncte Marguerite de Lespinace, nonnain de la dicte abbaie, ouquel escrin ou huche avoit grant finance, si comme on présumoit. Après lesquelles paroles, les diz prebstre, Lamit, et Huguenin exposant, dessuz nommez, meuz de convoitise, par la temptacion de l'ennemi, de commun assentement aîèrent au lieu où estoit la dicte huche, laquelle estoit fermée de clef et de feraille, et icelle essai èrent à ouvrir , sans froissier ne sai^z rompre. Et ce fait, pour ce qu'ilz ne la po-
\, L'al)baye de Cusset, au diocèse de Clermont.
voient ouvrir sanz rompre ou faire noise, eulz doubtans estre illeuc seurpris, prindrent la dicte huche et la portèrent toute fermée de la dicte chappelle à une grandie de la dicte abbaie, et la muçerent en un tas de foin, où elle demoura jusques au lendemain, qu'il vint à connoissance que la dicte huche estoit ostée ou perdue. Et lors, ledit exposant, soy repentant dudit fait, saichant qu'il avoit mespris, dont formant le desplaisoit, il, de son bon gré et voulenté, sanz contrainte d'aucun, confessa ledit fait à Gaviot de La Farge, sérourge* de la dicte abbesse et son gouverneur ou conseiller, afin que la dicte huche, ainsi qu'elle estoit, feust remise en son lieu. Et en persévérant en sa repentance, afin que hastivement la chose feust réparée sanzdomaige ne esclandre aucun, ala par devers Rahoust Vandast, nostre sergent et prévost de Cucy, et le mena au lieu où la dicte huche estoit, et lui confessa le fait. Lequel nostre sergent arresta incontinent le dit exposant. Maiz, pour double de rigueur de justice, il se absenta et brisa ledist arrest. Pour lesquelles choses , nostre bailli de Saint-Pierre-le-Moustier ou son lieutenant, a procédé à ban contre icellui exposant. Et pour ce est vagabondes hors de nostre royaume. Si nous a fait humblement supplier, etc.... Donné à Paris, l'an de grâce mil trois cens un" et deux et le tiers de nostre règne, ou mois de novembre. Par le conseil,