G. HOUSSAYE
\ . Beau- frère.
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j98 RÈGNE DE CHARLES VI.
f^ol auec effraction.
Paris, avriH399.
Charles, etc. Savoir faisons à lousprésens et avenir. Nous avoir receii l'umble supplicacion des amis charnelz de Perrin le Cousturier, prisonnier en noz prisons à Chartres, contenant :
Comme en ce présent mois, à un jour de mardi, environ le point du jour, lui temptë de l'ennemi, se feust transporté en l'ostel de Perrin George, demourant aux Maisons Rouges, ou bailliage de Chartres, lequel il ouvry, car l'uis n'estoit appoié que d'un truel (ou tinel) de bois par dedens, et entra en la chambre où estoit couchiée la femme dudil George et ses enfans. Et lors sacha son bazelaire, faisant semblant de frapper lesdiz enfans, et en disant à ladicte femme, que elle lui avoit fait desplaisir aiUeurs que léans, et il s'en vengeroit incontinent ou une autrefoiz. Et lors, ladicte femme luy respondi, que elle ne luy cuidoit avoir riens mesfliit, et que se elle lui avoit aucune chose mesfait, elle estoit preste de luy amender. Et pour doubte de ce que ledit Perrin ne blt-çast les enfans de ladicte femme, elle, qui estoit blasmée et diffamée de faire de son corps à sa volenté , et est encores, se leva et bailla sa bourse et sainture audit Perrin. Lequel print en ycelle xiii grans blancs, et puis regecta à ladicte femme sadicte bourse et sainture, et d'illec s'en ala. Mais tantost il retourna, et dist à la dicte femme, cjue se jamais e^le en parloit ne
se plaignoit ducit argent, qu'il la courouceroit. Laquelle lui accorda. Et ainsi comme il s'en al oit hors dudit hostel, il vit à l'uys dudit George une fillecte, qui estoit fille de ladicte femme et dudit George, laquelle s'en aloit cryant à haulle voix. Et pour doubte que on ne s'en apperceust, la prist et ramena oudit hostel. Mais ce nonobstant, tantost après fu prins et menez en nos dictes prisons, esquelles il est à grant povreté et misère. ...
(Rémission adressée au bailli de Chartres.)
Doimé à Paris, ou mois d'avril, Tan de grâce mil ccciiii" et dix neuf et le xx'' de noslre règne. Par le Rov, à la relacion du conseil
Mercier.
(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 15i, n» 682.)
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Association de voleurs. — Orfèvre de Paris receleur.
Paris, décembre 1417.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir reçeu l'umble supplicacion de Jehan le Lieur, povre jeune homme, aagié de xxvi ans ou environ, hannapier* et orfèvre, chargié de femme, demourant à Paris, prisonnier en nostre Chastellet de Paris, contenant :
Que environ la Chandeleur derrenièrement passée, un appelé Jehan Cuignet, autrement dit d'Arcys, soit
L Faiseur de hanaps, ou coupes à boire.
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disant à nostre très cher et très amé cousin, le conte de la Marches feust \enu pardevers ycellui suppliant, en luy demandant s'il vouloit acheter une once d'argent depecié par menues pièces qu'il disoit estre d'étoffes d'argent qu'il disoit avoir gaignées ou pais d'Italie et en la ville de Soissons. Laquelle once d'argent ycelhii suppliant eust achactée la somme de treze sols parisis. Lequel argent haillié, et après ce qu'ilz eurent beu ensemble en une taverne, ycellui suppliant eust dit audit Cuignet, que se ilavoit verges, anneaulx ne autres pièces d'or ou d'argent, qui les luy portast, et il les luv feroit autant valoir que homme de Paris. Et depuis ce, est assavoir un mois après ou environ, ycellui Cuignet feust retourné par devers ledit suppliant, et luy eust aporté à vendre iiii onces d'argent pareil au premier, et qu'il disoit estre venues desdiz lieux. Lequel argent il eust vendu à ycelluy suppliant, qui d'ycellui le paia au pris dessusdit. Et encores, la veille de Pasques fleuries ensuivant et derrenièrement passé, lui eust, ycellui Cuignet, apporté cinq onces d'argent à vendre, qu'il eust vendue chascune once la somme de xii s. p., dont il eust lors promptement paie les iiii onces, et l'autre once lui eust rabatu sur la façon de une xii"" de verges et deux signes d'argent qu'il fist pour ledit Cuignet. Et oultre, environ la feste de Saint Jehan Baptiste derrenièrement passée, ledit Cuignet eust aporté sept onces d'argent en menues pièces, qui sembloient estre d'un galice doré, lequel argent il vendi audit suppliant, chascune once la somme de xii s. p., qui lui paia lors, en disant
\. Jacques de Bourbon.
oultre par ledit Cuignet audit suppliant, que il avoit de l'autre argent que il avoit muscié en terre, et lequel il disoit avoir gaigné enladicte ville de Soissons. Pour quoy, assez tost après, feust retourné ycellui Cuiguet pardevers ledit suppliant. Auquel il eust fait faire une sainture d'argent pesant deux onces et demie, plusieurs annelez pour un gipon, et un signet. Et pour ce faire, lui eust baillé l'argent, et lui eust dit lors, que à ceste fois il voulsist estre son compaignon, et que s'il avoit trouvé un compaignon, il gagneroit ce qu'il vouldroit, et que ou cas que ycelluy suppliant ne le vouldroit estre, qu'il luy en feist finance d'un autre. Depuis lesquelles choses, feust venu pardevers ledit suppliant un nommé Robin du Chesne, tondeur de grant forse, si comme il disoit, et lui eust apporté à vendre demie once d'argent despécié, qui sembloit estre d'une tasse, qu'il vendi audit suppliant vi s. vni d. p. Et lui eust fait faire un signet d'argent, en soy renommant et disant qu'il estoit à nostre amé et féal conseiller et chambellan, le prévost de Paris. Avecques lequel Robin estoit lors un preslre, nommé Jehan de Villers, qui disoit estre son cousin. Lesquelz eussent dit audit suppliant, qu'il faisoit bon gaignier par ce mauvais temps. Pour quoy, ycellui suppliant lors eust supposé que yceulx Robin et prestre estoyent compaignons dudit Cuignet, et que il les avoit envoyé par devers lui pour savoir sa voleinté. Dont ledit suppliant, espérant qu'il deust gaigner avecque eulx, eust esté lors joyeux. Et fussent alez boire ensemble, et après ce qu'ils eurent beu, au déparlement lui eussent dit, que avant qu'il feust un an il gaigneroit à eulx. Et trois jours après ou environ, ycellui Robin feust retourné