‹ Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI [microform]Chapitre 127 sur 264 · Bucby [Seine-Inféricurc · texte numérisé non relu

Bucby [Seine-Inféricurc

merises à iceuk ses enfans, il leur demanda où esloit leur mère, Et ilz lui dirent : « Elle est en celle chambre. » Et tantost que la dicte mère desdiz enfans oy parler ledit suppliant son mary, à iceulx enfans , elle issy hors de ladicte chambre. Et quand icellui suppliant l'apperceut, il lui dist : « Jehanne, va tantost dire à Mathieu le Tournier, qu il voise ouvrir le grenier pour me bailler une mine d'avoine. « Et elle lui respondi qu elle iroit voulentiers. Et tantost après, elle print ledit plat d'estain, ouquel il y avoit encore desdictes merises, et le porta sur une assiette emprès Tuis de ladicte chambre. Et puis après en ladicte chambre entra, et tantost s'en issit. Et quant elle en fut issue, ellela ferma à la clef, et print un enfant qu elle nourrissoit de sa mamèle, qui n'estoit pas sien, mais le nourrissoit pour gaignier, et puis s'en ala, à tout ledit enfant, faire le message que ledit suppliant lui avoit dit. Et icellui suppliant demoura avec sesdiz enfens, qui mengeoient lesdictes merises. Et après ce, ledit suppliant ala à l'uis de ladicte chambre pour entrer dedens pour prendre une linge robe, mais il trouva que elle estoit fermée. Et tantost icellui suppliant ala à sa sainture et tira son coustel, duquel il recula le pelé de la serreure de Fuis de ladicte chambre, par une fenestre, où il bouta son bras, tant qu'il ouvrit ledit huis, et entra dedens icelle chambre. Et tantost qu'il y ?ut entré, il s'en ala tout droit à une establette où ladicte Jehanne avoit nourry un veau de lait. Et ainsi comme ledit Jehan se retourna, il vit et apperceut un homme qui estoit couchié en la ruelle du lit. Et lors ledit suppliant lui demanda : « Qui es tu là? » Lequel homme lui respondi « Se suis je. «

Et pour ce que ledit suppliant appercut lors que c' estoit Jejian Pinel, son voisin, duquel et de sa femme avoit esté parlé et murmuré que iceulx Pinel et sadicte femme s'esbatoient aucunes foiz ensemble charnelment, icellui suppliant, tant par lemptacion de l'ennemi, courroux et mérencolie qu'il avoit prins en lui d'ainsi avoir trouvé mucié ledit Pinel en la ruelle dudit lit, donna à icellui Pinel, qui lu estoit, deux cops de Cousteau ou senestre costé, environ le bras. Et ainsi que le if cop descendi sur ledit Pinel, il dist audit suppliant qu'il ne se perdistpas pour lui. Et lors icellui suppliant lui dist qu'il le feroit lever. Et en ce disant, ledit suppliant print une hoete. Et quant ledit Pinel vit que icellui suppliant tenoit ladicte hoecte, il se leva et passa par dessus le lit en traînant ses bras, dont il sailloit sang, tant que ledit lit en fut bien honni. Et pour ce que ledit Pinel venoit lors audit suppliant, il lui gecta ladicte hoecte et l'en féry à la destre espaule, tant qu'il se espoia et mist contre la paroy. Et lui estant là appoié contre ledit apparoy, ledit suppliant lui donna un autre cop de ladicte houecte par les rains, tant qu'il cheut par ladicte chambre. Et après ce, ledit Pinel fut emmené en son hostel, à son pié, à l'aide de ses voisins. Et le lendemain, icellui Pinel a a de vie à trespassement, environ heure (sic). Pour lequel fait et cas dessusdit, ledit suppliant, double rigueur de justice; s'est absenté du pays, etc. . . .

(Rémission adressée au bailli de Caux.) Paris, 7 novembre 1408.

Maire de Chauny qui, en revenant de faire sa ronde pour le guet, trouve sa femme couchée avec un jeune homme,

Rouen, novembre 1413.

Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receue Tumble supplicacion de Guillaume Bricart, contenant :

Que comme le xx^ jour dudit mois d'octobre derrenièrement passé, ledit suppliant qui avoit esté maire et estoit encore de la ville de Chauny, auquel comme chef de la commune le compétoit avoit la cure du gouvernement de ladicle ville et pourveoir aux affaires d'icelle, feust alez de nuyt environ les murs de ladicte ville et ailleurs, pour icelle visiter et solliciter les bonnes gens qui faisoient le guet de faire bon guet et bonne diligence de garder ladicte ville, et les mectre en bonne ordonnance, comme à son office appartenoit, pour ce que alors les Anglois estoient à six ou sept lieues d'illec, comme l'en disoit. Et environ quatre et cinq heures après minuit, pour ce qu'il commençoit à pleuvoir, s'en feust, ledit suppliant, retourné en son hostel, ouquel il eust trouvé sa chambre fermée. Laquelle il eust fait deffermer par sa femme, qui estoit dedens couchée en son lit. Et là eust apperceu et advisié en la ruelle de son lit un jeune homme, nommé Jehan Mairel, tout nu excepté de sa chemise, et sans braves. Pour laquelle cause, et aussi cjue sadicte femme avait fermé l'uis de sadicte chambre, et que sadicte femme estoit toute nue en son lit, il, doubtant que

icellui Mairel ne feust illec venu pour villener sadicte femme, eust esté meu et courcié, et d'un badelaire qu'il avoit eust frapé ledit Jehan Mairel un cop seulement ou costé. Après lequel cop ledit Mairel s'en feust fouy tout nu excepté de sa chemise, et assez tost après feust cheut dudit cop à terre, et après ce qu'il feust levé dudit lieu, feust tantost après aie de vie à trespassement. Pour occasion duquel cas. . . .

Rouen, novembre 1413, (Arch. de l'Enip. Très, des Ch. Reg. JJ. 169, pièce H.)

Femme violée dans un bois, (On lit dans une lettre de rémission de l'an 1380.)

•f Et sur ce ledit de Clary estant en espie ou bois de ladicte Folie, la femme dudit Adenet feust venue oudit boys, et y amena certaines bestes aumailles pour pasturer. Lequel de Clary print ladicte femme et la bâti moult inhumainement, lui lia les mains par derrières, et fist d'elle sa volenté violentement.... qu'il s' estoit vanté de la femme dudit Adenet, et qu'il avoit baignié avecques elle. . . .

(Rémission pour celui qui avait tué ce Clary.)

(\rch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. il2, pièce 52.)

RKGNE DR CHARLFS VI.

Rémission pour un cas (fefforcement.

Paris, août 1390.

On lit dons une rémission pour Jehannin Thibaut, demeurant à Sergy près Pontoise :

Que la veille de la feste de Saint Jaques et de Saint Chrislofle' derrenièrement passée, Anesot la Soudée, fille de Pierre Marie, vint par eau en un batel, de Mante en ladicte ville de Sargy', en pélénnage, s. comme elle disoit. Et estoit renommée de faire pour les compaignons, et que elle, estant mariée, par son mauvais gouvernement a esté absente de la compaignie de son mari par l'espace de quatre ans ou environ, et est encores. Et si a eu cependant un enfant d'un prestre El aussi a esté depuis, et est encores ainsi comme toute commune, si comme l'en dit. Laquelle, ledit suppliant et plusieurs autres en sa compaignie, alerent prandre oudit betal, et l'emmenèrent de fait en plusieurs lieux, et la congnurent cliarnelemeut contre son gré et voulenté. Dont elle se complaint à justice. Et pour ce ledit suppliant a esté pris et mis es prisons des religieux, abbé et couvent de S. Denis en France, audit lieu de Sargy. . . .

Paris, août 1390.

(Arch. de l'Emp. Très des Ch. Reg. JJ. 139, pièce 33.)

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