Cosne-sur- Loire (Nièvre). — 2. Meunier
force et malgré qu'elle en eust, depuis qu'elle fui ainsi emportée comme dit est, elle avoit esté congneue charnelment, ledit Perrin a esté prins. . . .
(Rémission adressée au bailli de Sens.)
Paris, août 1390.
(Arch. de l'Enip. Très, des Ch. Reg. JJ. 139, pièce 82. pièce avec des variantes aux nos io3 et 141 .)
— La même
Haine mortelle entre deux amis a la suite cTun mariage.
Paris, 7 février 1388.
Charles, etc. Nous avoir esté exposé de la partie de Guillemin Longuespée, nostre varlet de chambre :
Que comme par lonc temps il eust eu grant acointance et amour entre lui et Loys de Pigno, et ce feust ledit exposant descouvert fmablement audit Loys, en lui disant que sa femme estoit alée de vie à trespassement et qu'il se vouloit marier, pour ce qu'il lui sembloit que son mesnage se degastoit et déperissoit, pour ce qu'il n'avoit qui en pensast, priant ledit Loys que en ce lui voulist aidier et le conseiller comme son ami. Lequel Loys véant que ledit exposant estoit assez enclin à ouvrer et faire par son conseil, le conseilla et ennorta tant, qu ilprist à femme une jeune fille, serourge dudit Loys et suer de sa femme, laquelle ledit Loys lui affermoit estre très bonne fille et pucelle. Et tant de bien lui dist de ladicte fille, qui pour lors estoit de l'aage de XV ans ou environ, que ledit Guillemin soubs la confiance dudit Lovs et pour le bien qu'il disoit de ladicte lille, se consenti à la prendre à femme et la prist, créant
que pour l'amour et acoinlance qu'il avoit audit Loys et ledit Loys à lui, si comme il lui sembloit, ledit Loys lui deist vérité. Car il s'en fioit à lui comme il eust fait en son propre frère germain. Néantmoins, la première nuit que ledit Longuespée coucha avec ladicte femme, il trouva qu'elle n'estoit point pucelle, si en fut moult dolent et courrouciez, et cognut bien que ledit Loys Tavoit déceu. Et le lendemain le dist audit Loys, en lui disant qu'il estoit faulx et mauvais de le avoir ainsi déceu et tray, et qu'il le courrouceroit du corps, et qu'il n'avoit pas trouvé véritable ce que de sa femme lui avoit dit et affermé, etc
(Ce Longuespée rencontre son faux ami à Notre-Dame-des-Champs et le tue. — Rémission adressée au prévôt de Paris,)
Paris, 7 février 1388.
(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 133, pièce 9().) 4t
Attentat (Tua maître sur son apprentie, Paris, septembre 1409.
Charles, etc. Savoir faisons. Nous avoir esté humblement exposé de la partie des amis charnelz de Jehan de Fontenay , dit Mauvoisin :
Que comme en l'an mil cccc et huit, un nommé Vivion Robenart et sa femme, demourans à Vernueil ou Perche, qui avoient alors l'administracion et gouvernement d'une jeune fille nommée Robine, de l'aage de ix à dix ans ou environ , et plusieurs des parens et amis charnelz d'icelle Robine, d'une voulenté et consentement eussent en ycelui temps donnée ycelle Robine
audit Jehan de Fontenay, dit Mauvoisin , pour ycelle nourrir ou faire nourrir, et aprendre mestier, et d'icelle ordonner au bien de kdicte fille et plaisir dudit Jehan de Fontenay. Et de fait, lui baillèrent et admenèrent ycelle Robine au dehors de ladicte vil e de Vernueil, et montèrent ycelle à cheval derrière e varlet dudit Jehan de Fontenay, et emmenèrent ycelle en rostel dudit Jehan , à Dangy. Et à ycelle nourrie et gouvernée bien et deuement depuis le mois de iuing oudit an iiii« et huit, qu'il emmena ladicte Robine, iusciues au mois de février ensuivant, que ladicte Robine demanda audit Jehan de Fontenay d'estre mise à mestier. Le(]uel Jehan de Fontenay, voulant le bien et prouffit d'icelle Robine, et ce qu'elle se sçeust vivre et gouverner pour le temps avenir, se feust partie de son dit bostel , et ycelle admenée à Paris et louée et mise avec une nommée Sainteron, alors demourant en la rue Saint Martin a Paris, entre les deux portes, pour aprendre le mestier de boursière et de broderie. Lacmelle Sainteron print ycelle Robine et se chargea de lui monstrer et aprendre ledit mestier, et de lui quérir ses nécessitez boire, manger, vestir et chaussier. C'est assavoir du karesne qui fu oudit an nii; et huit, jusques à la Saint Jehan iiu^ et neuf, et de ladicte Saint Jehan jusques à trois ans après ensuivans. Et il soit ainsi que ce fait, ledit Jehan de Fontenay, pai' plusieurs fois qu'il est venu à Paris pour aucunes allaires et besoignes lui touchans, soit aie aucunes fois veoir ladicte Robine en l'ostel de ladicte Sainteron, sa maistresse. Et à Tune d'icelles fois, ait requis ou fait requérir par aucuns de ses gens ou autres, que ladicte Sainteron lui prestast ladicte Robine pour aler en son
GRIMES ET DÉLITS. 2i0
hostel, où il estoit logé à Paris. Laquelle Sainteron, de bonne foy et sans y penser à mal, lui ait par aucunes fois envoie ladicte Robine. Et par espécial, à la prière et requeste d'icellui Jehan de Fontenay, ait ycelle Sainteron envoie ladicte Robine, son apprentisse, audit Jehan de Fontenay, au mois d'aoust derrenièrement passé, et ycelle laissée avec ledit de Fontenay en sondit hostel à Paris, à sadicte requeste et prière, depuis un jour de samedi, environ heure de vespres, jusques au lundi ensuivant. Et le dimenche, entre ledit samedi et lundi, que ycelle Robine fu avec ledit Jehan de Fontenay, ala ycelle Robine couchier et gésir toute nuit avec ledit Jehan de Fontenay, par l'enortement et prières que lui avoit faictes ycelui de Fontenay, et en ycelle nuit se feussent ledit F'onlenay et ladicte Robine forment acolez et baisiez l'un l'autre, et telement se eschauffa et esmeut ycelui Jehan de Fontenay, que tant pour ce, comme par temptacion de l'ennemy, il congneut charnelement ladicte Robine, jassoit ce que en acouchant à elle, elle lui disoit par plusieurs fois qu'il la bléçoit. Laquelle chose venue à la congnoissance de ladicte Sainteron, maistresse d'icelle Robine, ycelle Sainteron, à la dénonciation d'icelle Robine, qui de ce faisoit complainte a elle, ledit Jehan de Fontenay a esté pris et emprisonné es prisons de nostre Chastellet de Paris, où il a esté et est en grant povreté et misère et en voie d'estre pour ce exécuté et finir ses jours, se sur ce ne lui est par nous impartie nostre grâce. En nous humblement suppliant, que les choses dessusdictes considérées, le bien, amour et nourrelure que ycellui de Fontenay a fais à ladicte Robine, et encores a toute volunté de faire, et de la ai-
der à marier, et que en tous autres cas il a toujours esté et est homme de bonne renommée. . . .
Paris, septembre 1409.
(Arch. del'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. I64, no 1.)
Tentatiue de uiol sur une fille de cinq ans. Paris, avril 1410.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir reçeu l'umble supplicacion de Guillaume Guérart, tavernier, demeurant à Meleun, contenant :
Comme environ la sepmaine de devant Pâques Fleuries derrenièrement passée, Jehanneton, fille d'un compaignon charpentier nommé Perrin, aagiée d'environ cinq ans, feust venue en son hostel, tenant un pot en sa main. Et elle, entrée oudit hostel, eust appellée la femme audit suppliant pour lui traire du vin, laquelle estoit lors en la ville, et pour ce ledit suppliant, qui estoit en sa chambre, descendi d'icelle, tenant une pomme en sa main, pour traire du vin à ladicte fille. Laquelle, quant il fut descendu, il donna ladicte pomme, en lui disant qu'elle chantast la chançon que son père lui avait aprinse. Et lors icelle fille se print à chanter. Et lors [à] icelle fille ce pendant lui ala traire du vin. Et lui, retourné par temptacion d'ennemi, la print et la coucha sur une table et lui mist la main à sa nature, et en ce faisant la leva toute droite sur ladicte table, et lors s'efforça de lui bouter son membre dedens sa nature, et de fait y liurta, sans ce qu'il la corrumpist. Et lui, ayant honte et vergon-
gne de son péchié, la descendi d'icelle table, et l'en envoya, à tout son vin, en Tostel de son dit père. Laquelle fille est depuis alée jouant parmy les rues dudit Meleun avec les autres enfans, comme elleavoit acoustume, et fait encor chascun jour, sans pour ce avoir esté malade, ne en faire semblant. Pour lequel cas, ledit suppliant est prisonnier en noz prisons de Meleun. . . .
(Rémission. — d Parmy ce que ledit suppliant demeurra trois moys au pain et à l'eau en prison fermée. »)
Paris, avril 1410.
(Arch. de l'Emp. Très, des Ch, Reg. JJ. 164, pièce 167.)
CXYIII
Teîitatwe de i^iol.
Paris, janvier 1415.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir esté exposé de la partie de Guichart Granghon , povre homme laboureur, chargié de femme, de la parroisse de Mariolz, * disant :
Que ou mois de novembre derrenier passé, ledit exposant, Jehan Fanghoux, prestre, et Durant Dorier, parlèrent ensemble et proposèrent entre eulx qu'ilz feroient venir soupper ou chastel et forteresse de Mariolz, avecques Jeliannet Péalacot, filz de Pierre Péalacot, chastellain dudit lieu de Mariolz, Guillaume Neyme, dit Giornin. Et quant ledit Guillaume seroit dedens ladicte forteresse, icelle forteresse seroit fermée