C'est-à-dire : prenez garde qu'il y a là un enlant
1res divers criz, en disant que la l'en vouloit efforcer. Et en voulant yssir de ladicte chambre, encontra ledit Fanghoux, et tèlement le bouta qu'il tomba à terre. Et lesdiz père et mère dudit Guillaume furent jà levez. Et s'en fuyrent lesdiz exposant, Fanghoux et Dorier. Et parlant de ladicte chambre, ledit exposant, cuidaul prendre ses robes, prist la robe de ladicte Gibel et l'emporta. Laquelle depuis lui a esté rendue. Pour lequel cas ledit exposant a esté prins et est détenu en prison
(Rémission adressée au bailli de Saint-Pierre-le-Moustier, avec clause de prison fermée au pain et à l'eau pendant huit jours.)
Paris, janvier 1415.
(Arch. de l'Emp. Très, des C/i. Reg. JJ 189, pièce *1.)
Détails de mœurs. — Querelle à une danse, Pont-de-1'Arche, 25 mars 1381.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Que nous estans en nostre ville de Pont-de-l' Arche, en laquelle nous sommes de nouvel venuz après nostre sacre, à cause de nostre joyeux advènement, et pour contemplacion de plusieurs travaux et domages que a euz et souffers Jehan Pesquet , en nostre service , à cause de noz guerres, par lesquelles il a esté long temps prisonnier en Angleterre , et qu il a esté à la prise du navire qui naguères a esté pris par noz gens àHarfleu, de nostre auctorité, pleine puissance et grâce espécial, avons au jour d'uy fait ledit Jehan Pesquet délivrer
des dictes prisons, esquelles il estoit détenu prisonnier
pour ce que :
Le xii' jour de janvier derrenièrement passé, Thomas de Hors-la-Ville, pour soy esbatre estoit alez en la ville de Bonaincourt en Pontieu, en laquelle ou près d'icelle, en une friche, avoit unes dances, esqueles estoit la femme d'un appelle Pierre Roussel, de la ville de Beuzenville. Laquele, pour ce qu elle avoit gans blans sur les mains, il prist parla main. Et pour ce qu'elle lui dist qu'il lui avoit osté ses anneaux de ses doiz, combien qu'il n'en estoit riens, comme courroucié et honteux, pour les gens qui présens estoient, lui donna une bufe, laquèleensoy revenchant lui en donna une autre. Et ainsi qu'il s'en aloit, il trouva un four en ladicte ville, où il avoit du feu, ouquel, pour les paroles et injures que elle lui avoit dictes, il la boula. Duquel elle futantosl mise hors. Et depuis, lendemain, ala ladicte femme pardevers le dit Thomaz en soy excusant des vilenies et injures que dictes lui avoit, en lui priant que pardoimer lui vouloit, et que en vérité elle avoit lesdiz anneaux trouvez en sa bourse. Et autel fist son mari, m jours après ou environ, et lui dist qu'il amoit mieulx paier partie de l'amende qui povoit appartenir au seigneur de Beuzenville, que qu'ilz nefeussent amiz, et lui pria qu'ilz alassent boire ensemble d'une pinte de vin, avec un appelle Jehan De Par Dieu, lequel il prenoitpour soy, et que il en voulsist prendre un autre pour lui. Lequel Thomas le fist. Et prist pour lui Laurent Pesquet, frère dudit Jehan. Lesquelz Jehan et Laurens ne les peurent mettre à accort, dont ledit Thomas fu moult courrouciez, et paia sa part de l'escot, et dit audit Roussel, qu'il ne tenoit pas à lui que
l'accort ne feust fait, et puis que ne le vouloit, qu'il se rendoit son ennemi et monstroit bien qu'il lui vouloit mal; en lui disant qu'il se gardast de lui. Après lesquelles choses, ledit Thomas qui, selon la coustume du païs se doubtoit et devoit doubler dudit Roussel, vint aux diz Jehan, Laurens et Richart Pesquet, frères, ses amis et parties, et leur exposa les choses dessus dictes. Lesquelz, tous ensemble, vindrent de nuit en l'ostel dudit Roussel, en ladicte ville de Beuzenville, pour le villener, et frapèrentà l'uys de son jardin. Lequel, tantost qu'il oy ce, se parti de sa maison par l'uys de devant ; lequel ilz suyvirent, et bâtirent tèlement, que assez tost après mort s'ensuy en sa personne. Et par ces mêmes lui avons remis, quictié et pardonné, etc. . . .
Donné oudit Heu de Pont-de-F Arche, le xxv' jour de mars l'an de grâce mil ccc un xx et un.
(Arcli. deVEmp. Très, des Ch. Reg. JJ. 120, pièce 221.)
GXX
Philtre amoureux {fendu par un juif à une lingère
de Paris.
Paris, février 1381.
Charles, etc. Savoir faisons à touz présens et avenir. A nous avoir esté exposé de la partie de Jehannette de rOspital, autrement de Lyon, povre lingère, demeurant a Paris :
Que comme naguières elle feust alée par devers un juif, nommé Bonjour, demourant audit lieu, pour emprunter certainne finance, dont elle avoit besoing. Et II 15
pour ce que lors elle sentoit grant mal et doleur en sa teste, en eust demandé remède audit juif, qui se entremet de médecine, et icellui juif lui eust dist que elle lui apportast son urine. Elle lui apporta lendemain matin. Laquelle veue par ledit juif, il lui demanda si elle estoit mariée. Et elle dist que non. Et lors ledit juif lui dist que elle amoit très grandement un homme. Et lui dist en effect que c estoit voir, et que elle en amoit un plus que nul autre, et qu elle vouldroit quMl Teust espousée, mesmement que aucune foiz il lui en avoit donné espérance, mais il lui sembloit qu'il en estoit refroidiez. Sur quoy ledit juif lui dist que se elle le vouloit bien paier, il lui enseigneroit ou bauldroit chose par laquelle elle vendroit à son entencion, et que se elle le portoit sur lui, * elle n'auroit jamais povreté. Pour quoy, elle désirant venir à estât de mariage afin deescbever fornicacion, adjoustantfoy, comme simple femme que elle estoit et est , aux paroles dudit juif, marchanda avecques lui à quatre frans d'or pour ce avoir de lui. Et par trait de temps lui en bailla une sienne ceinture en gaige. Et ledit juif lui bailla un po de chose, enveloppée et cousue en cendal, sans ce que elle veist que c'estoit. Et lui dist que elle le portastsur elle , à l'endroit de son ventre, quant elle auroit acolé ledit homme que elle amoit ainsy, et elle vendroit à son entencion. Maisjasoit ce que elle le feist tout ainsy que ledit juif lui avoitdevisié et enseignié, toutesvoyes ne laespousa point ledit homme, ains s'est mariez en une autre, qui ancores vit et demeure avec lui. Pour lequel fait, ladicte exposante est à présent prisonnière
i . Sur lui est ici pour sur soi.
VA
en nostre Chastellet de Paris, et sedoubte d'estre pour ce poursuye par rigueur de justice, se par nous ne lui estoit faicle grâce. Si nous a fait humblement supplier, que considéré que par avant elle n'avoit point machiné en ladicte sorcerie, mais seulement y donna son consentement, comme simple, parla suggestion dudit juif; que la chose n'a eu aucun effect; ne aucun mal ne s'en est ensuy, la grâce Dieu! et que onques maiz elle ne fu aclainte ou reprise d'aucun vilain cas, nous lui veuillons surce faire ladicte grâce. Pourquoy nous, ayant compassion de ladicte Jehannecte en ceste partie, etc
(Suit la rémission adressée au prévôt de Paris.)
Donné à Paris, ou moys de février, l'an de grâce mil CGC un" et un et le second de nostre règne. Es requestes de Tostel, Bordes. Evrardus.
(Arch. de TEmp. Trcs. des Ch. Reg. JJ. 120, pièce 202.)
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