Touques, à trois lieues de Hontteur
nommé Cbastellain, qui esloit en la chambre d'icelliii \'iconle. Auquel ledit exposant demanda s'il esloit homme qui peust entrer avec lui. Lequel clerc respondi que oil. Adonc icellui clerc se leva et ouvry luis audit exposant. Lequel exposant avec ce, lui demanda s'il esloit homme qui peust mectre auiendement en une amende quilavoit faicte, laquelle estoit enregistrée en son papier. Lequel clerc respondi que, quant estoit de lui, qu'il n'y povoit mectre d'amendement. Lors ledit exposant lui dist, que s'il y povoit mectre amendement, qu'il lui donroit dix solz. Lequel clerc lui respondi qu'il n'en feroit riens. Adonc ledit exposant lui dist qu'il lui voulsist lire le registre où sadicte amende estoit enregistrée. Lequel clerc lui respondi que voulentiers lui liroit. Et ainsi que icellui clerc lut ledit registre audit exposant, il avisa une tache d'encre en un (eullet ouquel sadicte amende estoit enregistrée. Lt par tant lesdis clerc et exposant se départirent de ladicte chambre. Lequel exposant, quant il ot laissié ledit clerc , se transporta en un jardin dudit viconte, et ala en un treillis de fer auquel il bouta son bras, et fist tant qu'il attaint audit papier et en prist deux feulles, esquelz sadicte amende et autres estoient enregistrées, et les mist en son sain, en s'en ala en sa maison, et les ardi. Pour lequel cas ledit exposant a este emprisonné ou chastel de Touque. . . .
(Arch. de l'Erap. Très, des Ch. Reg. JJ. 155, pièce 353.)
CXXXVTI
Faux, Paris, avril 1416.
Charles, etc. Savoir faisons à tousprésens et avenir Nous avons receu l'unible supplicacion des amis charnelz de Jehan Douvin, povre laboureur, chargé d'une femme et d'un enfant, demeurant à Chattencourt près de Fonches, en l;i prévoslé de Rove, contenant •
Que comme icellui Jehan ait "esté commis ou ordonné à cueillir et porter an buffet d'Amiens la somme de dix livres tournois, à laquelle avoit esté et estoit assise et imposée ladicte ville pour la taille et impos derrenièrement mis sus, et laquelle il cueilli. Et il soit amsi, que lui retourné audit lieu de Chattencourt il fist lire par un clerc sa quictance, qu'il avoit eue du clerc du receveur des aides illec. Et pour ce que icelle quictance ne contenoil que la somme de huit livres tournois, il fist rasurer icelle somme, et y escrire dix livres tournois. Pour laquelle défaulte il a esté pris et euiprisonné. ...
Paris, avril lil6.
(Arch. d,. l'Emp. Tris, des Ch. Reg. JJ. 169, pièce 199.)
cxxxniT
Fabrication de faux coings de monnaies.
Paris, septembre U08.
Charles, etc. Savoii- faisons à tous présens et avenir Nous^avo.r receu l'humble supplicacion des parens et
amis charnelz de Jehan Béraut, ouvrier et potier d'estain^ contenant :
Comme quinze jours ou trois semaines avant Noël dernièrement passé, autrement ne scevent lesdiz supplians d'éclairer le temps, ledit Béraut se feust transporté en l'ostel d'un appelle Perrin Cliouen, allogeur* et faiseur d'alloges, demeurant à Partenay. Auquel ledit Béraut eust fait forgier deux pièces de fer en la forme de deux coings, disant icellui Béraut qu'il vouloit marquer ou graver en cliascun desdiz coings un las d'amours pour signer ou marquer les goubelez d'estain de sa façon. Lesquelz coings ainsi forgiez, leditBéraut eust porté en sa maison où il demouroit, audit lieu de Partenay, et iceulx coings eut gardé, sans y marquer ne graver aucune chose , jusques au premier jour de Tan après ensuyvant. Et lequel jour passé, ledit Béraut se feust prinst à graver lesdiz coings. C'est assavoir, l'un en forme et semblance d'un grant blanc de dix deniers tournoys devers la croix , et l'autre des diz coings a la semblance dudit blanc de dix deniers tournois devers la pile, et au plus prez, à son povoir , de la forme et semblance que sont lesdiz blans de dix deniers. Après lesquelz coings ainsi i^ravez, ledit Béraut print de i'estain dont l'en fait les pintes, lequel esta in icellui Béraut geta en mole aussi comme de l'époisseur dudit blanc de dix deniers tournois, et le coppa en pièce de la semblance et grandeur desdis blans de dix deniers; et en fist bien jusques à l'estimacion de soixante pièces ou environ. Et ce fait, ledit Béraut frappa lesdictes pièces esdiz coings, dont
i. Horloger.
les aucunes se marquèrent bien, et les autres non. Et depuis, ledit Béraut fist paiement desdictes pièces marquées en forme de monnoye, tant par sa main comme parla main de sa femme, jusques au nombre de deux pièces seulement. Pour lequel cas, et après informacion sur ce premièrement faicte, ledit Béraut fu prins et détenu prisonnier es prisons dudit lieu de Partenay et pardevant le chastellain d'icellui lieu confessa, ledit Béraut, avoir fait les choses dessusdictes.
(Le bailH de Touraine — « a condempné ledit Béraut à recevoir et prandre peine capital et d'estre mort, c'est assavoir d'estre boully ainsy que faulx moimoyeurs et faiseurs de fausses monoves conderapnés à mort 1 ont accoutumé à estre. » )
Paris, septembre 1408.
GXXXIX
Fabrication de fausse monnaie.
Paris, novembre 1408.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu l'humble supplicacion de Jehan Murgault, povre jeune homme , de l'aage de xxni ans ou environ, laboureur de bras, demourant à Yssy lez Paris, à présent prisonnier en nostre Chaslelet de Paris, contenant :
Que comme le vendredi ix' jour de ce présent moys, ledit suppliant, qui est un très-povre homme, par temptacion de l'ennemy eustprinz deux petiz plastraz en entancion de faire de la monnoye d'estain, et esdiz plastraz fist le mosle et emprainteen forme d'un blanc
de huit deniers, et y fist croix et pille d'un autre blanc de huit deniers Et ledit inosle ainsi fait , print une escuelle d'estain et la fondi, et ce fait, gecta dudit estain fondu dedans ledit mosle, et fist jusques à xlvi blans, en forme et semblance de blans de huit deniers la pièce. Et en ce faisant, mist et vacqua tout ledit jour, et bien jusques à deux chandelles de nuit. De laquelle monnoye il misl ou valloua? le lendemain, c'est assavoir le x« jour de cedit moys, deux blans aux estuves, à l'abruivrouer Paupin , et un blanc, à disner, à Tymage Saint-Martin. Et pour cause de ce que lesdiz blans furent apperceus, ledit suppliant fut prins et amené prisonnier oudit Chastelet. Et a esté trouvé saisy de environ xi pièces de ladicte monnoye, qu il dvoit muciez sur lui. Es quelles prisons il a esté questionné, et a confessé ledit cas. Pour occasion duquel, il doubte estre condamné à souffrir mort. . . .
Paris, novembre 1408.
(Arch. de l'Erap. Très, des Ch. Reg. JJ. 163, pièce 52.)
Orféçre que la misère pousse à faire de la fausse monnaie,
Saint-Denis, février 1417.
Charles, par la grâce de Dieu royde France. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu rumble supplicacion des parens et amis charnelz de Henrvetde Rains, orfèvre, demourant à Paris, povre hom^e, aagié de xxviansou environ, cargié déjeune femme, aagée de xviii ans ou environ, contenant :
Que'comme depuis quatre ans en ça, les gaignes du
dit niestier ayent esté très petites et comme de nulle valeur à povres gens qui n'ont pas la puissance de garder leurs ouvrages dudit mestier, ne de faire iceulx ouvrages de leur propre. Et que pour ce que icelluy Henryet véoit qu'il gaignoit pou ou néant de son dit mestier et n'en povoit avoir sa vie , et qu'il avoit un hostel en ladicte ville de Paris chargié de rente, ouquel len a acoustumé de tenir hostellerie, icellui Henryet se soit entremiz depuis m ans de y logier des gens pour y cuidier gaigner aucune chose pour sa dicte vie. Et depuis ii ans, y ait eu des gens d'armes logiez, ausquelz il n'ait riens gaigné, ains y a perdu, par ce qu'il n'a peu estre paie d'eulx. Et se soit ledit suppliant, depuis demi an, trouvé en debte envers plusieurs personnes de plusieurs debtes, pour lesquelles debtes il a esté très souvent et presque chacun jour semons ou ajourné, ou exécuté. Par quoy ledit Henryet voyant que de sondit mestier ne autrement il ne povoit gaigner la vie de lui et de sadicte femme, et que très souvent ils étoient en telle nécesité et indigence qu'il leur faloit emprunter pour acheter du pain ou de la char pour leur povre vie , et que pour ce, aucuns de leurs biens estoient engagez, et les autres prins par exécution, et ne savoit comment il se pourroit acquitter, ne gaigner la vie de lui et de sadicte femme, pour le temps avenir, par espécial durans les guerres et divisions qui de présent ont cours en nostre Royaume, meu de desespoir et de temptacion de l'ennemy, depuis deux mois ença s'est advisé de faire certains coings à monnoyer, desquelz il a forgé, en gros non soufFisans, jusques à cinq ou six francs, qu'il a employez et allouez en acquit d'aucunes de ses debtes
Pour occasion duquel cas ledit Henryet ait nagaires esté et encores soit détenu prisonnier en nostre Chastellet de Paris. . . .
(Suit la rémission avec la clause. — « Parmy ce toutes voyes que ledit Henry baillera el rendra royaument et de fait,promptement,lesdiz coings dont n a usé à faire lesdiz gros, à nostre prévost de Pans ou son lieutenant, et qu'il demourra prisonnier en prison fermée, au pam et a l'eau, jusques à Pasques prouchainement venant. »)
Donné à Saint-Denis en France, ou mois de février, l'an de grâce mil cccc et dix-sept et de nostre règne le xxxvin.
(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. JJ. 170, n^ 117.)
Faux monnoyeur.
Paris, décembre 1418.
Charles, par la grâce de Dieu roy de France. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu l'umble supplicacion de Guillaume Thibault, aagié de XXX ans ou environ, povre homme laboureur, chargié de femme et d'une petite fille, demourant à la Grenouillère en la parroisse d'Olnay \ contenant :
Que huit jours avant la Toussains, l'an mil cccc et dix sept ou environ, ledit suppliant fu en propos et mist peine à faire deux moles de pierre ' pour gecter et faire des viroles d'estain en une Oeuste ' fendue qu'il avoit. Et pour ce que ledit suppliant ne put ou sceut faire et construire iceulx mosles à faire les dictes