Cf. Félibieii. Histoire de Paris, IV
PIÈCES IINÉDITES.
de Paris jusques à tant que par la court en soit autrement ordonné*.
Et pour se (^/c)mectre à exécucion, a esté commis Robert Chanore, huissier de céans, et lui a la court commandé que pour faire plus solennellement cet exploit, il appelle avec lui aucuns de ses compaignons huissiers. Et quant au surplus la cour s'informera de ce que dit est, et ordonnera ce qu'il appartiendra.
(Reg. XV du Crim., fol. 196.)
Vendredi xx!!*" jour d'aoust, l'an mil cccc iiii.
Aujourduy a esté faicte et prononcée en présence du Roy, en son grant conseil, certaine ordonnance par laquèle la maison de messire Charles de Savoisy, chevalier, doit eslre démolie, entre autres choses pour l'offense faicte à l'Université de Paris à la procession derrenierement faicte à Saincte-Kalherine du Val des Escoliers ; laquelle ordonnance a esté receue par maistre Nicole de Baie, greffier civil de céans.
(md., fol. 206 vo.)
Lundi premier jour de septembre m cccc nii.
Laurens de Ponce, varlet de Hennés, escuier de messire Charles de Savoisy, lequel Lorens estoit prisonnier pour souspeçon d'avoir esté consentant de l'offense faicte à l'Université à la procession derrenierement faicte à Sainte-Katherine du Val des Escolliers, actendues les informacions et la relacion de sondit maistre, a congié de soy en aler quousque etc.
i , L'original de la condamnation prononcée par le roi le 22 août, se trouve aux Arch. de l'Emp., carton M. 57.
Samedi, 6 septembre 1404.
Veues les informacions et procès faiz par la court de céans à Vencontre de Ferran Descalles, espaignoul, Gillequin le Queux et Gérart l'Autrussier, serviteurs de messire Charles de Savoisy, chevalier , prisonniers ou Chastellet de Paris pour certaines offenses et injures par eulx faictes à l'Université de Paris et ses suppoz en la procession derrenierement faicte à Saincte-Katherine du Val des Escoliers, il a esté ordonné par arrest, que lesdiz prisonniers seront menez nuz en chemise du Chastellet de Paris jusques à Tesglise de Sainte-Genève (Sainte-Geneviève), tenans chascun une torche alumée, et illec feront amende honorable un genoul à terre, et crieront mercy au Recteur et à l'Université de Paris pour les injures et offenses qu'ils ont faictes à l'Université et aux suppoz d'icelle; et ce fait, demourront lesd. torches à ladicte église de Sainte-Genève; et seront ramenez lesdiz prisonniers et batuz de verges, primo ou carrefour Saint-Sevrin, secondement en la grant rue Saint-Anthoine au devant de la rue des Ballaiz, et tiercement au devant de la place où fut l'ostel de messire Charles de Savoisy, quartement au carrefour de la porte Baudet, et derrenierement au devant du Chastellet; et d'illec seront remis eu leurs prisons.
Item^ la court les bannist du Royaume jusques à troys ans.
Item^ en chascun lieu où lesdiz prisonniers seront batuz comme dit est, sera crié et publié à haulte voix en la manière qui s'ensuit :
(f Or escoutez! On vous fait assavoir de par le Roy
ê 204 PIÈCES IINÉDITES.
notresire et de par nosseigneurs de Parlement, que Ferran Discalles, Gillequin le Queux et Gérart TAutoussier, qui cy sont présens, pour certains grans offenses et injures par eulx [failes] à l'Université de Paris et aucuns leurs suppoz en la procession par eulx faicte derrenièrement à Sainte-Katherine, ont esté condampnez à faire amende honnorableà ladicte Université et à estre batuz en ce lieu cy et en certains autres lieux de la ville de Paris, et avec ce sont banniz du Ro}'aume jusques à troys ans.»
Et ainsi a esté fait et exécuté ce jour, moy présent, Jehan de Cessières.
V^endredi xif jour de septembre m cccc nii.
Masse d'Aasse, prisonnier, pour tant qu'il avoit esté souspeçonné de l'offense faicte à l'Université en la procession derrenièrement faicte à Saincte-Katherine, veuz et considérez les procès sur ce fais, a esté par ordonnance de la court délivrez de prison.
Ferran Discalles, Gillequin le Queux et Gérart Lautrussier, prisonniers ou Chastellet de Paris, qui samedi derrenier passé furent banniz du royaume comme contenu est ci-dessus, ont congié de la court d'eulx partir et en aler hors du royaume, et pour ce faire leur est donné terme jusques au xxi® jour de ce présent mois de septembre.
{Ibid.f fol. 207.) Par lettres du 15 septembre 1406, le roi permit à Charles de Savoisy de reconstruire son hôtel.
Mention de la révolte des Liégeois contre leur évêque^ dans des lettres de rémission du 26 août 1404.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receue l'umble supplicacion de nostre amé et féal chevalier et chambellan, Raoul de Flandres, Henry Happart, escuier, Estienne du Chastellene, Loys de Caurenue, Poncien de Germont, Gileron le sergent dit Fremay, et de Jaquemin Coubbe. Contenant comme feu Laurens Lambert, bouchier, bourgois de Liège, eust à son vivant esté maistre de la cité de Liège, qui est moult grant et notable office et tel que quelconque personne qui ait ledit office il a en partie le gouvernement de tout le pais de l'éveschié de Liège ; et durant le temps que ycelui Laurens ot ycelui office et en joy, et autres ses complices, machinèrent à l'encontre de révesque de Liège, qui estoit son seigneur souverain, faire mouvoir le peuple dudit pais contre lui et le faire, débouter dudit pais et en lieu de lui mectre un autre. Pour laquelle chose et que ledit Laurens senti murmurer de ce que dit est, comme coulpable dudit cas, se absenta dudit pais de Liège et s'en vint demourer à Mousson, en laquelle ville, si comme l'en dit, tous malfaicteurs sont receus. Durant laquelle abscence ycelui Laurens a esté appelle aus drois dudit évesque, et par jugement et sentence dudit pais, banny comme traictre à sondit souverain seigneur, et plusieurs de ses compUces dudit pais décapitez et décolez pour ceste cause, comme traictres. Et ce fait, lesdiz Raoul de Flandres et Henry Happart, de
Tordenance et commandement de feu nostretrès cher et très amé oncle le duc de Bourgongne, qui sur ce avoit esté requis de par ledit évesque, acompaignez desdiz autres supplians, en obéissant audit commandement, non cuidans mal faire ne mesprendre feussent alez en nostredicte ville de Mouson, en laquelle ils eussent trouvé, le samedi après Quasimodo derrenièrement passé, ledit Gileron sergent de Fremay, qui estoit serviteur dudit évesque, lequel s'esloit chargié d'espier ledit Laurens. Lequel Gileron leur eust dit qu'il avoit trouvé ycelui Laurens et avoit tant fait qu'il lui devoit vendre des pourceaux et devoit aler aux champs avecques lui pour veoir lesdiz pourceaux, qu'il disoit estre es bois d'entre Mouson et Beaumont. Et pour ce, lesdiz supplians feussent demourez tout le jour et le lendemain jusques après disner, et burent plusieurs fois ensemble et avecques plusieurs compaignons, entre lesquelz ledit Laurens estoit. Et il soit ainsi que ycelui jour de lendemain après disner ledit Gileron, sergent, eust tant fait que ledit Laurens feust monté à cheval, et eust dit ausdiz supplians qu'ilz alassent après eulx. Lesquelz supplians, pour acomplir leur entreprise, feussent alez après et eussent ratains lesdiz Laurens et Gileron assez près de nostredicte ville de Mouson, en certain lieu estant en nostre royaume, et de fait, par force, eussent pris ledit Laurens et ycelui transporté hors de nostredit royaume par delà ledit évesque de Liège. Lequel évesque, par jugement et sentence sur ce donnée contre ledit Laurens, environ huit jours après ce, lui a fait tranchier la teste comme traiclre. Pour occasion duquel fait, etc.
(Suit la rémission, adressée au bailli de Vitry.)
Donné à Paris le xxv° jour d'août, Tan de grâce mil mi^ et quatre et de nostre règne le xxv®. Par le Roy, présens les chambellans.
Tore AU,
(Très, des Ch. Reg. JJ. It9, pièce 152.)
GXIV
Don à la reine Isaheau de Bavière j cCune maison à Vernon,
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Que comme cinq ans a ou environ, que nous feusmes derrenièrement en nostre pays de Normendie, nous estans en nostre ville de Vernon sur Seine, eussions pour certaines causes et considéracions qui à ce nous meurent, donné et octroie à nostre très chière et très amée compaigne la Royne, une maison ou hostel avec ses appartenances séant en ladicte ville, où pendoit l'enseigne de l'Escu de France, en laquelle nostredicte compaigne estoit pour lors logée, laquelle maison avoit esté à Guillaume du Hasay, piècà nostre recepveur des aides à Rouen, et pour lors nous appartenoit parceque tous les biens dudit Guillaume nous estoient confiquez pour certains crimes et délis par lui commis oudit oiTice ou autrement, de laquelle maison, etc.
Paris, décembre 1404.
(Le roi la lui avait donnée verbalement. Il lui en donne ici les lettres.) (Très, des Ch. Reg. JJ. 139, pièce 193.)
268 PIÈCES DŒDITES.
Le Roi abandonne a la s>euve de Jean de Béthisac la moitié
des biens de son mari.
Juin 1403.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receul'umble supplication de Fleurs, vesve de feumaistre Jehan de Béthisac jadis noslre secrétaire, contenant. Que comme ledit feu maistre Jehan en son vivant, pour la grant amour et affinité qu'il avoit à ladicte suppliante sa femme, lui eust donné oultre et pardessus son douaire et en accroissement d'icellui, sur tous ses biens quelconques, meubles et immeubles présens et avenir, la somme de vint mille frans, si comme par lectres et instrumens sur ce faictes puet apparoir
(Le roi lui abandonne la moitié des biens de son mari et cite un arrêt du ler septembre 1403.)
Paris, juin 1405.
{Très, des Ch, Reg. JJ. 160, pièce 8.)
Mention de l'expédition française au pays de Galles.
Juillet 1403.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu l'umble supplication de Jaques de Veuville, escuier, deraourant en la parroisse de Moustiers-Hubert du diocèse de Lisieux, ou bailliage d'Evreux et viconté d'Orbec contenant. Comme pour
nous servir es parties de Gales, en la compaignie de nostre amé et féal chevalier et chambellan Le Borgne de La Heuse, ledit suppliant se feust nagaires partis de son hostel pour aler à Harefleu et illecques entrer en mer avec les autres chevaliers et escuiers qui dévoient aler oudit voyage. Et après ce que les monstres d'iceulx chevaliers et escuiers furent faictes, pour ce il sembla à ycelui suppliant que ilz séjournoient longuement audit lieu de Harefleu, lui et autres ses compaignons s'en partirent.... et pour ce que pendant le temps qu'il fut en sad. maison il oy dire que les Anglez esloient descendus en Coustentiii et destruisoient le pais, il n'y demoura que une nuit seulement, doubtant que ledit de La Heuse eust volunté d'aler au devant d'eulx
(Rém. pour ayoir pris un cheval et tué un homme dans une querelle élevée à ce sujet.)
Paris, juillet 1403.
{Très, des Ch, Reg. JJ. 160, pièce 61.)
GXVII
Lettre d Olivier de Mauni à Henri III ^ roi de Castille^ sur r enlèvement du Dauphin par le duc de Bourgogne.
Paris, 23 août 1403.
Mon très redoublé et très puissant seigneur. Je me recommande à vous tant humblement comme je puis. Et vous plaise savoir, mon très redoubté seigneur, que le Roy n'est point en si bon point comme vous vouldriez. Et estoit la Roy ne à Meleun, laquelle avoit envoyé quérir monseigneur le Daulphin, lequel estoit jà
à trois lieues de Paris ou environ, quant monseigneur de Bourgongne vint hastivement pardevers lui, acompaignie de ii™ chevaulx ou environ. Lequel l'en admena à Paris au chastel du Louvre, ou quel il est bien et honorablement gardé par monseigneur de Berry, auquel mondit seigneur de Bourgongne la baallié en garde. Et vous plaise sçavoir, mon très redoubté et très puissant seigneur, qu'il en a moult grandement despieu à monseigneur d'Orliens, et tant qu'il a mandé partout gens d'armes. Et semblablement a fait mondit seigneur de Bourgongne. Et se doubte Ten qu'il n'y ait autre chose que bien. Mais je cuide que le Roy et son conseil y remédieront, tèlement qu'ils demourront bons amis, se Dieu plaist. Et a len défendu à mondit seigneur de Bourgongne et crié partout Paris de par le Roy, qu'il n'assemble ne tiengne nulles gens d'armes pour ceste cause. Et aussi mon très redoubté seigneur vous plaise sçavoir que monseigneur de Bourbon et autres du conseil du Roy sont alez à Meleun pardevers mondit seigneur d'Orliens, pour lui faire semblable deffense que l'on a fait à mondit seigneur de Bourgongne. Si ne sçavoie encores quelle response mondit seigneur d'Orliens feroit sur ce quant ces lectres furent escriptes. Et quant est d'autres nouvelles, mon très redoubté seigneur, plaise vous sçavoir que le roy Loys estoit party pour aler à Gennes pardevers le Pappe et à grant foison de gens d'armes pour faire son voyage en Itale (sic)j mais le Roy l'a mandé et s'en retourne pardeçà. Et aussi, mon très redoubté seigneur, vous plaise sçavoir que les gens que le Roy avoit envoyés en Galles sont descendus ou pays sans avoir trouvé aucun empeschement, et là ont esté receuz bien et
honourablement. Et aussi monseigneur de Cleremont, le conte de Fouez et le conte d'Armegnac, qui estoient ensemble, ont prins ou pays de Guienne pluseurs forteresces^ si comme le port de Saincte-Marie, la cité de Daire, et m ou un autres chasteaulx. Ne autre chose ne sçay de présent qui vous face à escripre. Mais se il survient riens de nouvel je le vous feray sçavoir le plus tost que je pourray. Et aussi, mon très redoubté seigneur, vous plaise à moy par donnerde ce que je m'en hardis à si plainement vous escripre, car en bonne foy je le faiz plus seurement pour ce que je sçay de certain que vous estes tousjours moult désirant d'oir des nouvelles de pardeçà. Mon très redoubté et très puissant seigneur, je me recommande à vous tant humblement et de cuer comme je puis que il vous plaise m'avoir tousjours en vostre très bonne grâce et pour tout recommandé, en moy commandant tout ce qu'il vous plaira, comme à cellui qui est tousjours prest et appareillié de faire et acomplir tous voz bons commendemens et plaisirs comme votre petit vassal. Mon très redoubté seigneur, je prie Nostre Seigneur qu'il vous ait en sa saincte garde et qu'il vous doine bonne vie et longue. Escript à Paris, le xxv^ jour d'aoust. Votre très humble et très obéissant serviteur,
Olivier de Mauny.
Au dos : Au Roy de Castelle et de Léon, mon très redouté et très puissant seigneur.
(Orig. pap. cacheté.— Arch. de fEmp. Carton K. B. l^^). — Dans la liasse Q. I. se trouve une lettre en espagnol de Ferrand de Robledo sur le même sujet.
Fortifications de Paris.
Paris, août 1415.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Que pour considéracion des bons et agréables services que nostre amé huissier de sales, DenisotMichiel, nous a fait oudit office et autrement fait chascun jour loyaument, et espérons qu'il face ou temps avenir, actendu ossy et ouy le rapport et advis de nostre amé sergent d'armes et maistre charpentier, maistre Robert Fouchier, et que c'est le très grant prouffit et utilité de nostre bonne ville de Paris, à ycellui Denisot pour lui , ses hoirs et aians causes ou temps avenir avons donné et octroyé, donnons et octroyons de grâce espécial, plaine puissance et auctorité royal par ces présentes, une place de siz toises de long et de vint et ung piet de let, tout dehors euvre, au plus près de la porte de Saint-Enthoyne faisant couture de nostre dicte ville de Paris en alant de ladicte porte Saint- Anthoine à la porte du Temple, pour y édiffier par ledit Denisot, ses hoirs et aians causes, une maison ou demeure, en laquelle ledit Denisot, ses hoirs et aians cause seront tenus de faire faire à leurs despens par manière de bastide, un planchier et ii frenestres flamanges doubles à pignon, pour asseoir et mestre haussepiez et espringales ou canons pour la défenses de nostre dicte ville de Paris se besoing en estoit. Parmi ce que....
(Ledit Denisot paiera 2' p. de rente — les lettres
adressées à la Chambre des comptes, aux prévost et capitaine de la ville de Paris, et au prévost des marchans).
Paris, août 1405.
{Très, des Ch. Reg. JJ. 160, pièce 31.)
Déclaration de Louis ^ duc d'Orléans^ au sujet de V enlèvement du Dauphin à Juvisj par le duc de Bourgogne.
Melun, 2 septembre 1405.
Loys, fils et frère de roys de France, duc d'Orléans, conte de Valois, de Blois et de Beaumont et seigneur de Coucy. A tous ceulx qui ces lettres verront, salut. Savoir faisons que comme par l'ordenance de nostre très redoublée dame, madame la royne de France, pour aucunes raisons qui à ce la mouvoient, eussent esté commiz et ordonnez noz trèschers ettrèsamez cousins le duc de Bavière et le marquis du Pont, et aussi le grant maistre d'ostel de monseigneur le Rov, à faire venir pardevers madame la Royne en son chastel et ville de Mclemi, mon très cher seigneur et neveu monseigneur de Guienne et Dalphin de Viennois. Et en venant et estant près de la ville de Gevisy S mondit seigneur de Guienne ait esté prins et arresté, ^ non obstant le commandement de ma dicte dame, et ^ non obstant aussi les paroles que nozdiz cousins dirent et remonstrèrent à ceulx qui firent le fait dessus dit, tant des lectres que madicte dame leur a voit en ce et