CXXXVIII
Mention de la mort de Gui de Roye^ archevêque de Reims, tué à J^oltriy dans les Etats de Gènes, comme il se rendait au concile de Pise.
Samedi 8 juin 1409.
Hac die, telo interfectus est dominus Guydo de Roya, archiepiscopus Remensis, cum aliquibus suis familiaribus, in villa de Youlre, prope Januam, eundo ad conciliuin Pisanum, pro unione Ecclesie celebratum, a nonnullis plebeiis ejusdem ville, in coniniocione habita inter quemdam habitatorem dicte ville et
PIÈCES mÉDlTES.
fabrum seu marescallura ejusdem archiepiscopi, occasione un vel vi denariorum, ut referebatur.
(Reg. XIII du Cons. , fol. 75'°) .
Joie dans Paris à la nowelle de C élection du pape
Alexandre V »
Jeudi il juUlet 1409.
Cedit jour, s'est levée la court, environ viii heures, et est alée aux processions générales à Sainte-Geneviève, sur ce que après le séisme qui a duré par xxx ou XXXI ans entre n contendens du papat, l'un pardelà les mons, l'autre deçà, et que longuement et par espécial puiz la créacion de Pierre de Lune derrenièrement eslu en pape pardeçà les mons, qui Bénédict XIIF se nommoit, eussent laboré, le Roy, les seigneurs de son sanc, l'Université de Paris et le clergié de France à l'union de l'Église et à ce que lesd. contendens voulsissent pranre la voie de cession, et que pour ce que ledit Benedict n'y voloit entendre, et lui eust esté faicte substraction jà piecà par bulle, laquelle n'eust velu accepter ledit Benedict. Puiz, cellui de Rouime, par manière de collusion qu'il eust faicte avec ledit Benedict, eust nyé qu'il eust prins ladicte voye de cession, au moins ne l'eust volupoursuir, et se fussent ses cardinaulx sublraction {sic lis : subslraicls), et le Roy et son clergié aussi se fussent rendus neutres dudit Benedict. Et se (ust parti du paiz de Jannes où estoit et s'en fust alez au paiz d'Arragon. Et sur ces choses eust esté célébré conseil général des
RÈGNE DE CHARLES VI. 3i9
II obéissances, à Pise, où eussent esté les cardinaulx d'icellesn obéissances, les clergé, princes temporelx, ou leurs commiz. Derrenièrement, le xxvi** de juin derrenier passé, a esté esleu en pape, après ce que lesd. II contendens ont esté déclarez notoires scismatiques hérétiques, et aient esté privez de toute honneur et dignité papal et autre quelcunque, et ait esté ordonné d'exécuter la sentence contre eulx selon le cas, maistre Pierre de Candia, Grecus nacione, maistre en théologie, de l'ordre des Frères mineurs, qui paravant estoit cardinal de Milant, dont les nouvelles vindrent lundi matin à la cour et à Paris. Dont cedit jour fut faicte moult grant et joyeuse leste à Paris par toute la ville, tant en feux que en mengiers publiques.
(Reg. XIII du Conseil, fol. 82.)
Don fait par le Dauphin^ Louis ^ duc de Guienne, à sa sœur, Marie de France^ religieuse à Poissy^ d!un fief qui avait été confisqué sur le grand maître de Montagu.
Melun, 11 décembre U09.
Loys, ainsné fils du roy de France duc de Guienne et Dalphin de Viennois, etc....*.
Laquelle confiscacion Monseigneur nous a donnée.
1 . Les lettres commencent par rappeler le don que le Roi son j^ère lui a fait des biens confisqués sur Jean de Montagu, en date du 26 octobre 140^. Le Dauphin donna la terre de Marcoussis, qui faisait la portion importante de cette confiscation, à « son très cher et très amé oncle, Loys, conte Palatin du Rin, et duc en Bavière, frère ^^ermain de Madame », c'est-à-dire la Reine, par lettres du mois de décembre 140U.
nous considérant la très grant affeccion et amour naturelle que nous avons et devons avoir à noslre trèschière et Irèsamée suer, Marie de France, religieuse de Poissy, et que entre autres choses ledit feu Jehan de Monta^u avoit un hostel nommé l'ostel de Montagu, avecques un petit fief nommé le fief d'àumont, avecques deux arpens de vingne, six arpens de prez, un pou de terres labourables, et les bois appartenans audit hostel, séans à demie lieue ou environ dudit lieu de t^oissy; lequel hostel, fief, appartenances et appendances dessusdictes pevent valoir chascun an quarante livres parisis ou environ. Et lequel hostel, fief, appartenances et appendances dessus déclairées seroient bien propices à nostredicte suer pour y faire de la nourriture pour le gouvernement de ses gens et serviteurs. Aclendu regart à ce, et afin que nostre dicte suer ait mieulx et plus honnestement son estât et provision en ladice religion, à icelle suer avons donné, etc....
Melun, 11 décembre 1409.
(Orig. parch. — Très, des Ch, Carton J. 369, pièce 8.)
Emeute à Ahbewille occasionnée par une exportation de blés.
Paris, décembre 1409.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir, nous avoir receu l'umble supplicacion de Robin Leroy, povre jeune homme chargié de femme, contenant :
Comme environ le moys d'avril, l'an mil cccc et huit, à un certain jour, en nostre ville d'Abeville, cer-
taine esmeute et assemblée de peuple eust esté, pour ce que l'en disoit que en la maison Raoul de Catheu avoit plusieurs Angloys et HoUandoys qui menoient et faisoient mener plusieurs vesseaulx aval la rivière chargiez de blez, et que iceulx HoUandoys les menoyent à Calais, ainsi que renommé couroit. Et tant avoient prins et chargiez d'iceulx blez ou pays que le pain en estoit enchéry de deux deniers ou environ sur chascun pain, et aussi en estoit bien enchéry le petit huvrage d'icelle ville. Et pour ce que ledit suppliant vit entrer en la maison dudit Raoul grant nombre de gens, et si en avoit grant quantité devant l'uis, ledit suppliant entra avec autres en icelle maison et là trouva le lieutenant du séneschal de Pontieu et le bailli d'Abeville qui mectoient paine de sauver iceulx HoUandoys. Lequel suppliant , qui cuidoit que se feussent Angloys, dist audit bailli « Maugré ! Dieu voulez vous sauver ces faulx traîtres Anglois. Parla char Dieu! ilz seront mors. » Et lors saclia sa dague et en féry l'un d'iceulx Hollandois, sans mort ne mehain. Et le lendemain, pour ce que l'en disoit que à Saint-Valery avoit grant quantité de navire anglois, se parti de la ville ledit suppliant avec plusieurs autres et y alèrent, et estoit ce jour la feste du saint. Et pour ce que on feist deffense que aucun ne touchast audit navire, ledit suppliant s'en retourna sans faire aucun mal. Pour occasion desquelles choses icellui suppUant a esté baniiy par justice de nostre royaume....
Paris, décembre 1409.
{Très, des Cli. Reg. JJ. 164, pièce 137.)
Èi
Séance solennelle du conseil tenue par le Roi dans la salle Saint-Louis, On y résout la guerre avec V Angleterre, On y crée des réformateurs généraux. Le Dauphin est adjoint à la Reine pour gouverner pendant la maladie du Roi,
Du mardi, dernier décembre 1409,
Cedit jour n'a point esté plaidié pour ce que l'en ne poYoit entrer ou palaiz, obstant un grant conseil que faisoit le Roy en la sale Saint Lois, de messeigneurs de son sanc et des nobles du royaume, sur le fait de la guerre d'entre le Roy d'une part, et le roy d' Angleterre d'autre part. Ouquel conseil ay esté* sur la fin veoir la manière. Et y a esté dit et conclu de par le Roy par la boucbe du conte de Tancarville, que pour plusieurs causes par lui paravant récitées et par espécial pour ce que les Anglois faisoient grant appareil de guerre et avoient délayé par m mois de venir au traictié où dévoient venir ou envoler comme avoient promis, le Roy avoit conclu sur le fait de la guerre. Sur quoy estoient avisés aucuns poins qui seroient dis auxdis nobles^ et se miex avisoient le diroient au Roy. Aussi a esté dit, que pour ce que il y avoit eu grans défaus ou faict de la justice de ce royaume, et aussi ou gouvernement et receple du domaine et des aydes, le Roy avoit ordonné plusieurs vaillans hommes réformateurs genéraulx desquelx les aucuns estoient du sauc du
4. C'est le greffier qui parle. Il se nommait Nicolas de Baye et était lié avec Nicolas de Clémangis, qui lui adresse plusieurs de ses letres.