Smibznsiez, mineurs
ne villenie, et par plusieurs fois l'en pria moult amoureusement, et que oudit hostel il se voulsist tenir de y plus venir;, pour ce que les gens environ le pays parloient de lui et de la dicte damoiselle, sa mère, à leur moult grand deshonneur. Lequel prestre se excusa, en faisant grans seremens que audit escuier ne à la dicte damoiselle, sa mère, il n'avoit oncques contendu faire desplaisir ne deshonneur. Et tant se excusa et fist grans seremens, que ledit escuier le crut de tout ce ^u'il disoit. Mais néantmoins les grands seremens que faisoit ledit prestre, il fut tantost notoire chose et cogneue au pays, que il contendoit au deshonneur dudit suppliant et de ladicte damoiselle, sa mère. Pourquoy de rechief le dit suppliant eust requis et prié à icelui prestre, que plus il vensist en sondit hostel, et que sa dicte mère en esloit grandement blasmée, ou déshonneur de toute sa ligné. Lequel prestre s'en feust actenu lors que ledit suppliant estoit en son hostel. Mais, lui absent de son dit hostel, icelui prestre conversoit, buvoit et mengoit oudit hostel, oultre le gré et voulenté du dit escuier. Et tant que une fois, ledit escuier, qui estoit aie ou pays d'Outre-Saine, à Safrouville et environ le pays, où la dicte damoiselle a son héritage, et à son retour, environ prez d'une lieue de sondit hostel, ledit suppliant eust fait enquérir se ledit prestre estoit depuis retourné en icelui hostel. ¥x trouva par gens, de certaine science, depuis son partement, que icelui prestre avoit esté du tout faire sa despense oudit hostel, et en la compaignie de ladicte damoiselle, sa mère, armé d'arc et de flèches, d'espée, haubergon et autres armeures, disant qu'il ne craignoit le dil escuier, et moult d'autres [)aroles moult
rigoreuses. Dont ledit suppliant fut grandement de ce rneu en yre, et tant tourmenté et yré en son courage, que il ne savoit que faire, ne que dire. Et en son yre appela un nommé Robert Lefèvre et un autre, Jehan Colinet, en leur disant : « Soiez tantost à Tencontre de moy à Maumolins, car je veux faire copper les ners des jarres à ce faulx traictre prestre qui tant a pourchacié de deshonneur à ma damoiselle, ma mère, à moy, et à toute ma lignée. » Lesquels feussent tantost partis, et arrivez audit lieu de Maumoulias, et apperceurent ledit prestre partant dudit hostel et de la compaignie de ladicte damoiselle. Lesquels se boutèrent ou presbitaire de ladicte paroisse, en actendant ledit prestre, lequel tantost entra en icelui presbitaire. Et lors, les dessusnommez, cestassavoir Lefèvre et Colinet, vinrent k icellui prestre disant : «Faulx traictre, ribaut prestre, tu as deshonnouré une loble (sic) lignée et des meilleurs gens du pays. » Et sachèrent sur lui leurs espées, et ledit prestre semblablement. Et gectèrent les uns aux autres plusieurs cops, et tant que ledit prestre parti place et passa parmi la sale d'icelui presbitaire et entra en un petit ruelet estroit, là où les dessusnommez Tataingnirent, et frappèrent sur lui un cop de hache, tant que il chey à terre, et un autre cop qu'ilz lui baillèrent sur le bras pour faire cheoir son espée qu'il tenoit, et puis lui copèrent les ners des jarres seulement \ sans autres cops ne bleceures. De laquelle baterie mort s'en ensuy à sa personne. Et tantost ledit suppliant arriva en son dit
i . Ici il y a la place de huit à dix mots , gratés el remplacés par une ligne qui rejoint le mot suivant.
hostel, afin d'estre audit fait et lui faire coper les nerfs des jarrez seulement. Car autre punicion n'en vouloit prendre. Mais il trouva le cas ainsi advenu. Pour occasion duquel fait, ledit suppliant, doubtant rigueur de justice, s'est absenté du pays, ouquel il n'oseroit, etc
(Rémission adressée au bailli de Caux.)
Donné à Tours, le iv* jour de décembre. Tan de grâce Mcccc et vni , et de nostre règne le xxIx^
Par le Roy, le Grand Maistre d'Ostel et autres présens.
P. Marcade.
(Arch. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. coté JJ. 163, pièce 97.)
Rémission pour V appariteur de Vé^èque d'Angers à Craon^ qui aç>ait tué un homme poursuivi par lui pour cas de concubinage^ et qui menaçait de se faire Armagnac,
Paris, janvier 14 H.
Charles, par la grâce de Dieu Roy de France. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receue lumble supplicacion de Jehan Soubrat, demourant emprès la ville de Craon, ou pays d'Anjou, appariteur et officier de nostre amé et féal conseiller î'évesque d'Angiers en la terre et doyenné de Craon, contenant :
Que feu Perrin Blanchart, mareschal, natif de la terre et chastellenie de Paience, en la viconté de Beaumont, que souloit nagaires tenir Jehan d'Alançon nostre cousin, espousa dès pieça en face de sainte église el print par mariage, une jeune femme dudit
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20 REGINE DE CHARLES Vï.
pays de Craonnois, à laquelle par son oullrage el mauvais gouvernement il mena si dure et mauvaise [vie] qu'elle fut contrainte de laissier sa compaignie et soy absenter dudit pays, pour doulte de perdre la vie, sans ce qu elle y ait depuis osé demeurer ne converser. Et après, print et a depuis tenu en sa compaignie, par l'espace de xiiii ou xv ans ou environ, une concubine, sa cousine germaine ou reaumée de germaine, de laquelle il a eu six ou sept enfans, non obslant que sadicte femme feust et soit encoresen vie. Lequel concubinaige venu à la congnoissance de nostredit conseiller l'évesque d'Angiers, ou de son officiai et autres ses officiers, ycellui officiai demanda nagaires audit suppléant, appariteur et officier d'icellui nostre conseiller, qu'il citast ledit feu Blancliart pardevant lui, pour forjurer et séparer de sa compaignie ladicte concubine. En hayne de laquelle citation faicte par ledit suppliant ou autrement, ycellui feu Blanchart conceut très grant lieyne et malveillance contre lui, en disant publiquement à qui oir le vouloit, que pour soy niieulx vengier dudit suppliant, il s'en yroit servir ledit d'Alencon et demouroit en son chastel de Poience, ouquel il a à présent très grant garnison de gens d'armes de par ycellui d'Alencon contre nostre ordonnance et défenses, et qu'il arderoit ou feroit ardoir, par deux cousins qu'il disoit estre demourans audit d'Alencon, la maison dudit suppliant et celles d'emprès la sienne, en despit de lui; et qu'il feroit dommaige à ladicte ville de Craon et pays d'environ de mil livres, et en soit (sic) vantant qu'il seroit bon et vray armignagois. Lescpielles paroles et menaces dictes et rapportées audit suppliant, un certain jour depuis, quinze
jours en çà ou environ, en passant pardevant l'ostel dudit feu Blancliart en ladicte ville de Craon, recordant de l'abandonnement par nous fait de tous ceulx qui seroient faucteurs, confortans et aidans, ou qui soutiendroient la partie de Charles d'Orléans, nostre nepveu, et de ses complices, ledit suppliant, en soustenant nosdictes ordonnances, dist à icellui feu Blanchart telles parolles ou semblables en substance : « L'on m'a dit et rapporté que tu tiens le parti d'Armignac contre le Roy notre sire, et que tu menaces mon hostel à ardoir. » Et en ce disant lui donna deux cops du manche d'une hache qu'il tenoit en sa main, desquelz cops, etc —
(Mort de ce Blanchart, et rémission.)
Paris, janvier 14 H, (ArcK de l'Emp. Très, des Ch. Reg. coté JJ. 166, pièce 38.)
Jbbé (légalisé et blessé par trois de ses religieux,
Paris, juin 1413.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu l'urablesupplicacion deGieffroy Mardèle, fils de Jehan Mardèle, povres jeunes filz, de l'aage de xxn ans ou environ, de la paroisse de Vergières,en la chastellenie de Donzy le Pré, contenant :
Ou mois de may derrenier passé, frères Jehan de La Mote, Guillaume Chappon et Philippe Fouault, religieux de l'église Saint-Laurens-l' Abbaye, ou diocèse d'Aucerre *, se transportèrent à Favray, de nuit,
\. Sainl-Laurcnl des Aubals, pi vs Cosne.
en Toslel de la dame d'illec, où ledit suppliant demouroit. Lequel estoit couchié en son lit, et le firent lever. Et après ce qu'il fu levé et vestu, yceulx religieux lui distrent : « H faut que tu viengnes avec nous à l'abbaye (qui estoit prèz d'illec). Tu scez bien comme nostre abbé t'a dit de grans injures et villenies. Il s'en veult aler à Paris et emporter l'argent de l'abbaye, dont nous deussions vivre et faire faire les besognes de l'église, si comme autresfois a fait. Il faut que tu viengnes avec nous pour lui oster l'argent, afm qu'il demeure à l'abbaye, w Lesquelz finduirent et ennortèrent tèlement, que lui, qui est ainsi jeune homme, ala avec eulx audit lieu de ladicte abbaye St-Laurens. Lesquelz religieux, par chaleur et grant courroux de de ce que ledit abbé vouloit ainsi délivrer chevance et soy en aler, en les laissant despourveuz de vivres, et pour leurs neccessités avoir, rompirent deux huys, et entrèrent en la chambre dudit abbé, où il estoit couchié en son lit. Et se leva quant il les oy. Et eulx entrez en ladicte chambre, ledit frère Jehan delà Mote dit : « Abbé, vous nous avez fait moult de maulx, créans de happer les biens de l'église et de vous en aler et de les appliquier à vostre singulier prouffit; il est temps que vous en soiez paiez. » Alors ledit abbe se mist à deffance, et osta de fait le coutel d'icelui de la Mote, pour l'en cuider férir, ce qu'il eust fait, n'eust esté ledit suppliant, qui rompi le cop d'une espée qu'il avoit, duquel espée il féry un cop ledit abbé par la teste, tant qu'il chey à terre. Et lesdiz religieux aussi le férirent et donnèrent plusieurs cops, et luiostèrent la somme de im' et Lviescuz, et le laissèrent illec ainsi comme pour tout mort. Et delà ledit sup-
pliant et religieux s'en alèrent à Nevers, et de Nevers à Fonmorigny *, où ils se mistrenteii franchise. Et d'illec retournèrent à Nevers, en franchise, ou bourg S* Estienne, où ils sont encores. Lesquelz ont restitué audit abbé son argent, et ont fait paix et accordt à lui. Et lequel abbé leur a quictié, remis et pardonné ledit fait en tant qu'il lui touche
(Suit la rémission adressée au bailli de Sens et d'Auxerre.)
Paris, juin 1413.
(Areh. de l'Emp. Très, des Ch. Reg. coté JJ. 167, pièce 100.)
Riœe (T écoliers à Orléans, 13 novembre 1408.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu l'humble supplicacion des amis charnelz Jehan F^itoyte, aagié de xxiii ans ou environ, bachelier en Loys, escolierestudiant en l'Université d'Orléans, contenant :
Que comme le vendredi xxv^ jour d'octobre derrenier passé ou environ , ledit Pitoyte et plusieurs autres escoUiers de ladicte Université , jusques au nombre de neuf ou environ, souppèrent ensemble en ladicte ville d'Orléans, en un hostel et taverne nommée la taverne de la Brissete. Et en souppant, l'un d'eulx, du nom duquel ledit Pitoyte n'est recors, dit que Pierre Langloiz, escolier et estudiant en ladicte Université, qui autresfoiz avoit batu, navré et villené