Gué de Longroy {Eure-et-Loir
INOBLESSE.
estoit, indignez et courroucez du cas avenu à ladicte journée ; et par espécial ledit Jehan Chevreau, de la prise dudit Pierre des Essars, son maistre, se transporta tantost après heure de mynuyt, avecques aucun des dessus-nommez et autres dudit pays qui de ce avoient parlé ensemble, en intention de destrousser ledit compaignon au lieu et village de Viee, à lieue et demie dudit lieu de Galardon, où estoit logié ledit compaignon, en l'ostel d'un povre homme d'ilec. Ainsy y estoit logée la povre femme, qui de son consentement estoit couchée avecques autres compaignons dudit pays. Et oudit hostel entrèrent par l'uys de derrière, environ minuit. Et tantost après, descendi d'une chambre haulte dudit hostel, ledit compaignon qui y estoit couchié, avecques deux jeunes ciers du pais. Au devant duquel a!a ledit Jehan Chevreau, lequel tira une espée qu'il avoit et l'appuya contre la poictrine dudit compaignon, disant que s'il se remuoit, il le tueroit. Et d'ilec le menèrent, lui et les autres, en un petit bois près d'ilec, où ils lui despouillèrent un jaseran qu'il avoit vestu, et lui firent promectre que pour ce ne l'encuseroienl, sans lui faire aucune autre force, injure ou violence. Et en ce point le laissèrent, et emportèrent ledit jaseran, qui povoit valoir environ dix frans. Sur lequel a esté baillié audit Jehan Chevreau environ dix solz parisis pour sa part. . . .
(Rémission adressée au bailli de Chartres.)
Donné à Paris ou mois d'aoust^ Tan de grâce mil cccc et seize et nostre rcme le xxxvi. Par le Roy, à la relacion du conseil
MoiNTFORT.
(Arch. de l'Einp. Trcs. des Cli. Rcg. JJ. 16D, pièce 351.)
EnlèifemeJit (Tune damoiselle fait a main armée.
Paris, février 1400.
Charles, etc., savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu Fumble supplicacion de Ernoulet Waubert, dit le Brun de La Fontaine, povre jeune homme, contenant :
Que comme six ans a ou environ, ledit suppliant, lui estant famillier et serviteur de Jehan, dit le Bastart de Vendeuil; icelui bastart, accompaigné de plusieurs compaignons jusques au nombre de vingt quatre ou environ, garnisd'espëes et autres armeures, feussent alez en la ville de Lusency *. Et ou moustier d'icelle ville, par le commandement dudit bastart, eussent prins par force Clère des Essars, damoiselle, dame dudit lieu de Lusency, à présent femme de Dans de May, escuier, nostre pannetier. Et contre son gré et volenté et à force, rapportèrent jusques à un port d'eaue qui est audit lieu de Lusency. Et là passèrent oultre ladicte eaue, et puis coppèrent les cordes dudit batel ou bac, par lequel ils avoient passée ladicte damoiselle, et la menèrent, tant de jour comme de nuit, jusques à une maison qui est à une lieue de Coucy. En laquelle maison, le bailli de Valoiz, acompaignié de pluseurs compaignons vint pour rescourre ladicte Damoiselle. Mais il ne pot, et convint que lui et ses gens se départissent d'illec, pour ce que aucuns de ses dictes gens furent