‹ Choix de poèmes;Chapitre 32 sur 95 · LB8 VILLES TENTACULAIRES · texte numérisé non relu

LB8 VILLES TENTACULAIRES

Et tout autour, ainsi qu'une ceinture,

Là-bas, de nocturnes architectures,

Voici les docks, les ports, les ponts, les phares

Et les gares folies de tintamarres ;

Et plus lointains encor des toits d'autres usines

Et des cuves et des forges et des cuisines

Formidables de naphte et de résines

Dont les meutes de feu et de lueurs grandies

Mordent parfois le ciel, à coups d'abois et d'incendies.

Au long- du vieux canal à l'infini,

Par à travers l'immensité de la misère

Des chemins noirs et des routes de pierre,

Les nuits, les jours, toujours,

Ronflent les continus battements sourds,

Dans les faubourgs,

Des fabriques et des usines symétriques.

L'aube s'essuie

A leurs carrés de suie;

Midi et son soleil hagard

Comme un aveugle, errent par leurs brouillards ;

Seul, quand au bout de la semaine, au soir,

La nuit se laisse en ses ténèbres choir,

L'âpre effort s'interrompt, mais demeure en arrêt,

Comme un marteau sur une enclume,

Et l'ombre, au loin, parmi les carrefours, paraît

De la brume d'or qui s'allume.

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