‹ Choix de poésies de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 132 sur 135 · PAR R. ESTIENNE · texte numérisé non relu

PAR R. ESTIENNE

Comme la poésie avec lui prit naissance, llle est morte avec lui ! Phébus, qui sort de France, 'ait en leur mont natal les Muses retourner : lalliope sans plus en France est demeurée, lt, délaissant ses sœurs, de deuil tout éplorée, le veut de son Ronsard la tombe abandonner.

« Tu es donc mort, Ronsard, disait cette déesse, 7A ta cruelle mort m'engendre une tristesse Jui sera toujours fraîche au plus vif de mon cœur. Via douleur et mon être auront même puissance ; Mon essence immortelle au temps fait résistance, Et mon durable ennui des ans sera vainqueur.

« Quand Homère mourut, j'avais tant d'espérance De le voir par Ronsard un jour renaître en France, Que cette seule attente apaisa mes regrets : Maintenant de moitié ma tristesse s'augmente, Car l'Homère français, dont la mort je lamente, Fait encore une fois mourir celui des Grecs.

(*) Ce fragment est extrait d'une pièce choisie dans le grand nombre de celles qui ont été composées en l'honneur de Ronsard par les plus beaux génies de son temps.

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