‹ Choix de poésies de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 50 sur 135 · II · texte numérisé non relu

II

Ije bûcheron qui serre en sa main la cognée, Entré dedans un bois pour faire sa journée ,

(*) A Henri II, roi de France.

5 sait où commencer : ici le tronc d'un pin présente à l'ouvrier, là celui d'un sapin ; i du coin de l'œil marque le pied d'un chêne , i celui d'un fouteau l , ici celui d'un frêne : la fin, tout pensif, de toutes parts cherchant îquel il coupera , tourne le fer tranchant ir le pied d'un ormeau, et par terre le rue, >ur en faire une nef, ou faire une charrue.

Ainsi tenant aux mains le luth bien apprêté , oiré dans ton palais , devant ta Majesté, \ doute , tout pensif, quelle vertu première e mille que tu as sera mise en lumière. es vertus, tes grandeurs , ta justice et ta foi , a bonté, ta pitié , d'un coup s'offrent à moi , a vaillance au combat , au conseil ta prudence : insi je reste pauvre, et le trop d'abondance 'un si riche sujet m'engarde de penser >.e toutes à laquelle il me faut commencer, i faut- il toutefois qu'à l'une je commence : ar j'ois déjà ta voix d'un côté qui me tance , x de l'autre côté je m'entends accuser >e ma lyre, qu'en vain je la fais trop muser *.

1 Fouteau : hêtre; dtfagus. * Muser : languir, tarder.

Page 1