A ODET, CARDINAL DE CHATILLOU
On ne doit appeler tandis qu'il vit ici, a homme bien heureux ni malheureux aussi : )ut çà-bas est douteux : la seule heure dernière irfait notre bonheur, ou bien notre misère. îl fleurit aujourd'hui qui demain flétrira, 3l flétrit aujourd'hui qui demain fleurira : ï Fortune gouverne, et en tournant sa roue, it de notre conseil, et de nos faits se joue.
Rien n'y sert, la raison ni la force de cœur,
oblesse ni parents, richesse ni faveur,
i même la vertu, ni la philosophie
ui s'arme en son savoir : la Fortune défie
es humaines raisons, et sans avoir lié
1 force à nos conseils, les écarbouille au pied :
orce qui n'a jamais notre plainte écoutée,
ui dompte tout le monde, et n'est jamais domptée :
e vois-tu, mon Odet, que le même destin
ui nous fit malheureux aux murs de Saint-Quentin,
ui-même notre deuil change en réjouissance,
edonnant aujourd'hui ton oncle en notre France (*} ?
(*) Anne de Montmorency, blessé d'un coup de pistolet le 19 décembre 62, à la bataille de Dreux, fut fait prisonnier et rendu à la liberté en .63, par le traite d'Àmboise.
La France était malade en l'absence de lui, Soupirait son malheur, se tourmentait d'ennui, Frappait son estomac, de pleurs était couverte, S'arrachait les cheveux, et lamentait sa perte.
Comme un petit enfant que sa nourrice avoit Allaité longuement, pleure s'il ne la voit, De ses petites mains au berceau se tourmente, En soupirant rappelle, et toujours se lamente, D'une voix enfantine, et ne veut s'éjouir, Jusqu'à tant qu'il la voie ou qu'il la puisse ouïr :
Mais sitôt qu'il la voit, en lui riant s'apaise, Lui embrasse le col, et doucement la baise : Elle en ses bras l'échauffé, et depuis le matin Soigneuse jusqu'au soir le pend à son tetin : Ainsi toute la France , à l'heureuse venue De ton oncle captif, joyeuse est devenue, Revoyant de retour celui qui tant de fois L'avait si bien servie , en bien servant nos rois.
Elle s'est réjouie, ainsi qu'on voit la terre En avril s'égayer, quand le printemps desserre Les huis de la nature, et quand l'hiver neigeux A mis à part sa grêle et ses vents orageux. Adonques par les prés les fleurs s'épanouissent, Et avecques le Ciel les terres s'éj ouïssent : Ainsi toute la France et ses états aussi Se sont tous réjouis, voyant ton oncle ici. Le pauvre laboureur qui conduit sa charrue, Celui qui d'avirons la marine remue, Le prêtre, l'avocat, et le noble qui tient L'épée à son côté, d'aise ne se contient ; Ains le montre par signe, et sautant de liesse. Foule la guerre aux pieds, le soin et la tristesse :
at il est de la France à bon droit estimé, n de confiscations ni de biens affamé, e1 la seule vertu, sans reproche et sans vice, e l'esprit vigilant et le loyal service 'il a fait à deux rois, de chevalier privé >nt au plus haut degré de la France élevé (*).
Sus donc, France , sus donc, que gaillarde on te voie rmi les carrefours dresser les feux de joie : 'on répande du vin, et que le peuple émeu dlégresse, en dansant tout à l'entour du feu, s chapelets de fleurs se couronne la tête, qu'à jamais le jour de son retour soit fête.
Sus donc, embrasse-moi ce seigneur désiré, 1e hors de la prison tu eusses retiré, îx dépens de ton sang et de ta propre vie, que le peuple avait de racheter envie, le Prince vainqueur eût de grâce permis l'une riche rançon en liberté l'eût mis.
Rembrasse derechef ce vieillard honorable, m avisé Nestor, ton sage connétable, quel à son retourne te ramène pas îerelle ni discord, ni guerre ni combats ; lis la Paix bienheureuse à son retour arrive, inte tout à l'entour des branches de l'olive.
Quel palme, quel laurier oserait couronner grand Montmorenci, qui vient pour nous donner i paix, ayant défait le monstre de la guerre? s belliqueux Romains qui vainquirent la terre,
BIlipM pour lui que...
*) Montmorency reçut l'épée de connétable des mains de Frans I" en 1538.
Ne pourraient s'égaler à sa belle vertu, IN on pas ce Scipion, bien qu'il ait combattu Le vaillant Annibal, et reçu de Carthage Pour les siens et pour lui le surnom en partage Ni le premier César qui mit dessous sa main, Par trop d'ambition, tout l'empire Romain.
Ce n'est pas de merveille, en suivant mainte année Les guerres, si l'on trouve une heure infortunée De perdre une bataille et d'être prisonnier : Cela souvent arrive à maint grand chevalier ; Mais tirer du profit de sa propre défaite, Et faire d'une guerre une amitié parfaite; Accorder deux grands rois, et leur fléchir le cœur. Et faire le vaincu pareil à son vainqueur ; Et d'un duc ennemi * tirer une alliance, Et joindre étroitement l'Espagne avec la France D'un nœud qui pour jamais en amour s'entretient, Au seul Montmorenci cet honneur appartient; Qui plus a fait pour nous, que s'il avait par armes Déconfit tout un camp de cent taille gendarmes : D'autant que la vie est meilleure que la mort, Et que la douce paix vaut mieux que le discord.
Cependant, mon Odet, de la fortune amère Prends maintenant le fruit, en revoyant ton frère Et ton oncle en faveur à l'entour de leur roi, Qui plaignait leur malheur aussi bien comme toi ; Et apprends désormais pour chose très-certaine , Qu'il ne faut s'assurer de nulle chose humaine.
1 Le suriiom d'Africain. * Le dae de Savoie.
A JEAN MOREL EMBRTTNOIS (*).
Quand Jason'et la fleur de la vaillante Grèce, rtant leur mère au dos 1 , surmontèrent la presse !S sablons de Libye, et à force de bras
poussèrent au lac, le parrain de Pallas * : iton, le dieu de l'eau, découvrant jusqu'aux côtes n beau corps monstrueux, pour caresser ses hôtes, iur donna le présent le premier qu'il trouva:
fut un vert gazon de terre qu'il leva i hâte, l'arrachant de son rivage même,
le mit en la main de l'Argonaute Euphème 3. û joyeux le reçut, bien qu'il ne pensât pas îe cette motte fût (comme c'était) grand cas *.
Or, la nuit, il songea qu une douce rosée
i lait avait partout cette motte arrosée,
l'il tenait chèrement embrassée en son sein, qu'elle se changeait en fille sous sa main, que lui, tout ardent de la grand'beauté d'elle ,
colait par amour cette jeune pucelle,
ii semblait dans le lit piteusement crier,
mme une de quinze ans que l'on va marier.
Euphème, à son réveil, ne perdit la mémoire
Allusion aux fables contenues dans de la grande Syrie, et où on avait
uttrième chant dceAr g onautiques baigné Minerre, sortant de la tète de
pollonius. Leur mère : e'est le na- Jupiter.
ï Argo lui-même qui portait les J Voir Apollonius, Argonautiques,
rriers dans ses flancs. chant IV.
Le lac de Triton, situé à l'entrée * Grand, cas : chose importante.
*) Gentilhomme d'Embrun auquel Ronsard avait dédié quelques sons.
Ihi songe merveilleux qu'il n'avait osé croire . Devant qu'il appelât à son conseil Jason, Et lui eût dit le songe advenu du gazon. Lors Jason lui répond : * 0 Dieu que tel augure Promet d'heur et de bien à ta race future ! Jette-moi cette motte au profond de la mer ; Les Dieux incontinent la feront transformer En tle qui sera la très-belle nommée, Thère », de tes enfants nourrice renommée, De tes nobles enfants, qui feront jusqu'aux cieux Débouche en bouche aller leurs faits victorieux. » Lors il jetta la motte à l'abandon de l'onde, Dont une île se fit, la plus belle du monde.
Ainsi, mon cher Morel, la fleur de mes amis, Je t'ai offert le don le premier qui s'est mis De fortune en ma main, afin qu'en quelque sorte Je découvrisse au jour l'amour que je te porte, Comme voulant trop mieux te donner seulement Un don qui fût petit, que rien totalement, A toi qui as égard au cœur de la personne, Et non à la valeur du présent qu'on te donne.
Or ce petit labeur que je consacre tien, Est de petite montre *, et je le sais très-bien : Mais certes il n'est pas si petit que l'on pense : Peut-être qu'il vaut mieux que la grosse apparence De ces tomes enflés, de gloire convoiteux, Qui sont fardés de mots sourcilleux et venteux 3, Empoulés et masqués, où rien ne se décœuvre Que l'arrogant jargon d'un ambitieux œuvre.
Ne vois-tu ces châteaux, jusqu'au ciel élevés,
1 L'tle de Santorin une des Cyclades, dant d'Euphémas. nommée d'abord Callisté, puis Tbéra, 3 Montre : apparence, lors de l'invasion de Théras, descen- * Venteux : gonfles de Tcal
Tomber toujours devant qu'ils soient parachevés ? S'ils ne tombent du tout, volontiers quelque pierre Toujours de quelque part trébuche contre terre : En pendant que la salle ou la cuisine on fait, D'autre côté la chambre, ou la tour se défait.
Je te confesse bien que le fleuve de Seine A le cours grand et long, mais toujours il entraîne Avec soi de la fange, et ses plis recourbés, Sans itre jamais nets,sont toujours embourbés. C'est pourquoi de Cérès les ministres Mélisses ', Voulant de leur déesse orner les sacrifices, Puisenten la fontaine, et non en ces torrents Qui tonnent d'un grand bruit par les rochers courants. Petits sonnets bien faits, belles chansons petites, Petits discours gentils, sont les fleurs des Charités % Des Sœurs3 et d'Apollon, qui ne daignent aimer Ceux qui chantent un œuvre aussi grand que la mer, Sans rive ni sans fond, de tempêtes armée, Et qui jamais ne dort tranquille ni calmée. Peut-être que ce livre un jour se formera En vive renommée, et, volant, sèmera Tes honneurs par le monde, et ceux dont ton épouse >a pudique maison d'artifice dispouse*, ;t ne voudra souffrir que la dépite 5 mort emporte avec le corps vos noms outre le bord >u'on ne peut repasser, si ce n'est par la barque >es vers qui font outrage6 à la cruelle Parque.
Mais tout ainsi, More], que par les beaux pourpris 7 ,
1 Nom mystique qu'on donnait aux s Dépite : fucheose.
êtresses de» temples. « Qm iu| PtviMent »a proie.
7 Charités: les Grâces; en grec, Xà- 1 pourpris : enceinte. Le mot com-
reç. mence à vieillir : on le trouve encore
9 I>ea Muses. dans la Fontaine :
1 IHspouse : dispose. Les vertus dont .... Tout brille en ce pourpris.
i épouse honore sa maison. (PAW. *t Bauc.)
Ou par les champs qui sont diversement fleuris, On voit errer l'abeille, et de ses cuisselettes Ne prendre également des prés toutes fleurettes, Mais avec prévoyance un jugement elle a De cueillir celle-ci, et laisser celle-là : Ainsi en feuilletant ce mien petit ouvrage , Tu sauras bien tirer ( comme prudent et sage ) Les vers qui seront fols, amoureux, éventés, D'avec ceux qui seront plus gravement chantés, Et plus dignes de toi, qui n'as l'oreille atteinte Sinon de chastes vers d'une Muse très-sainte, Qui parle sagement, et qui point ne rougit ' De honte, ni l'auteur, ni celui qui la lit.
Le sujet amoureux que maintenant je traite, Ne me veut concéder une plume discrète, Qui sans choix me fait dire, ore mal, ore bien, Ainsi qu'Amour le veut, qui m'a rendu tout sien : Imitant en ce point Nature ingénieuse, Qui met en même prée une herbe venimeuse, Tout auprès d'une bonne, et met dedans lescieux Un astre qui est bon, près d'uu malicieux : Et même Jupiter le bien et le mal donne, De ses pipes * là haut, à chacune personne, Afin qu'homme ne soit parfait en ce bas lieu : Car la perfection appartient seule à Dieu.
1 Sens actif. feint que Jupiter conserve en deux ton-
3 Pipes : tonneaux, (foy. Homère, qui neaux distincte les maux et les biens.)
l'exercice de l'esprit de l'homme.
MJR LA TRADUCTION DE TTTE-LIVE, FAITE PAR UAMELIff.
Nous ne sommes pas nés de la dure semence Des cailloux animés ; d'une plus noble essence
>tre esprit est formé, lequel a retenu nature du lieu duquel il est venu.
Or tout ainsi que Dieu en variant exerce, aut seul, simple et un, sa puissance diverse, se montre admirable en ce grand univers ur la variété de ses effets divers, nsi notre âme seule, image très-petite ; l'image de Dieu, le Tout-puissant imite, un subtil artifice, et de sa déité )us montre les effets par sa diversité.
Quand elle trouve un corps d'une masse légère, li honore craintif son hôtesse étrangère, qui sans grommeler obéit promptement, mime un bon serviteur ,à son commandement, le achève des faits qui donnent d'âge en âge ; d'elle et de son corps illustre témoignage : ir de son naturel sans quelque chose ourdir, sive dans le corps ne se veut engourdir, autant que son essence est disposte x et mobile, : qui ne peut jamais demeurer inutile.
Gomme une bonne mère, après que son fils dort, )uché seul au berceau, hors de la chambre sort, : dedans un jardin s'ébat et se promène , tsqu'à tant que le soin de son fils la ramène , uquel elle est soigneuse, et le trouvant seulet, écouvre sa mamelle , et lui donne du lait : insi notre âme sort quand notre corps repose. )mme d'une prison où elle était enclose ; : en se promenant, et jouant par les cieux, m pays naturel, banquette avec les dieux : lis ayant bien mangé de sa sainte ambroisie,
7 Disposte : féminin de dispos. 11 est hors d'usage.
352 LE SECOND LIVBE
Redévalle' en son corps pour le remettre en vie, Qui pâmé sommeillait, et qui soudain mourrait, Si Fâme à retourner trop longtemps demeurait.
Sitôt qu'elle est rentrée, elle lui communique Ce qu'elle apprend de Dieu, lui montre la pratique Du mouvement du ciel, lui marque les grandeurs Des astres éthérés, leur force et leurs splendeurs, Des grands et des petits : car comme en une ville Où chacun garde bien la police civile, On voit les sénateurs au premier rang marchants Tenir leur gravité, au second les marchands. Au tiers les artisans, au quart la populace : Ainsi dedans le ciel les astres ont leur place Et leur propre degré, grands, petits et moyens, De la maison du ciel éternels citoyens.
Elle lui dit après s'il y a d'autres mondes ; Où nature reçoit les formes vagabondes, Si le soleil, si Mars, et si la lune aussi D'hommes sont habités, comme est la terre ici, De villes, de forêts, de prés et de rivières : Si leurs corps sont formés déplus simples matières Que les nôtres mortels, qui sont faits grassement, Comme habitant ce sombre et grossier élément.
Lui dit comme se fait la foudre dans les nues, Les grêles, les frimats et les pluies menues, Vents , neiges, tourbillons, et lui fait mesurer Le ciel, la mer, la terre, afin de l'assurer Par mystères si hauts, que notre âme est divine, Ayant prise de Dieu sa première origine.
Elle fait que les uns deviennent inventeurs
1 Rfdèvalle : redescend.
secrets plus cachés, les autres orateurs,
autres médecins : aux uns la* poésie*
ïme brusquement dedans la fantaisie,
lix autres la toi, aux autres de pouvoir •
i luth bien accordé les hommes émouvoir,
autres de sacrer la vénérable histoire
humains accidens au temple de Mémoire :
me a fait cet auteur x qui du peuple romain
îcrit les combats, peuple qui sous sa main,
lit ce que la mer dedans ses bras enserre,
nous pauvres humains soûlons * nommer la terre.
r ce peuple de Mars jamais rien n'entreprit , ses premiers combats, que Live n'ait écrit, 'a voulu souffrir que l'envieux silence loutft sans honneur la romaine puissance, lui grand discourut, comme prévoyant bien tout ce qui est né devait finir en rien, lue Rome à la fin, son marbre et son porphyre, auteur, sa grandeur, et bref tout son empire la suite des ans deviendrait un tombeau , lequel le pasteur conduirait son troupeau : contre le temps cette Rome allongée 3 les doctes filets d'une encre bien purgée , l'une heureuse phime , outil duquel le sort pose à la rigueur du temps et dé la mort. .. . .
stoire sert aux rois , aux sénats et à ceux veulent par la guerre avoir le nom de preux : ref toujours l'histoire est propre à tous usages : t le témoin- du temps , la mémoire des âges , naîtresse des ans , la vie des mourants , ableau des humains , miroir des ignorants ,
ite LWc>.
oulont :
lattn, solere. avoaf coutume j du * 11 a prolonge sa mémoire.
Et de tous accidents messagère chenue,
Par qui la vérité des siècles est connue,
Qui n'enlaidit jamais : car tant plus vieille elle est,
Plus elle semble jeune T et plus elle nous plaît.
Or, des historiens nul antique n'arrive M moderne, à l'honneur du romain Tite-Live T Lequel ( las ! ) toutefois en ténèbres gisait , Et des peuples latins seulement se lisait : Maintenant les Français auront son bel ouvrage* Traduit fidèlement en leur propre langage, Par le docte Hamelin , lequel avait devant, En cent façons montré combien il est savant, Soit en philosophie, ou en Fart oratoire, Soit à savoir traiter les faits de notre histoire , Ou soit pour contenter l'oreille de nos rois, Et par les vers latins , et par les vers François.
Si les meilleurs auteurs de Rome et de la Grèce Etaient ainsi traduits, la française jeunesse, Sans tant se travailler à comprendre des mots, Comme des perroquets en une cage enclos , Apprendraient la science en leur propre Jangage; Le langage des Grecs ne vaut pas davantage Que celui des Français : le mot ne sert de rien , La science fait tout , qui se dit aussi bien En français qu'en latin , notre langue commune : Les mots sont différents, mais la chose est toute une '.
Et pour ce l'on devrait par présents inviter Ce gentil translateur *, afin d'en exciter Mille par son exemple à rendre en notre France, Ainsi qu'un propre acquêt , les arts et la science :
1 Idée fausse qu'on peut à bon droit propre aux langues ancienne», s'étonner de rencontrer chc* Ronsard, * Translateur : traducteur, f %ui avait un sentiment si tî! du génie prévalu, comme traduire sur tan-<
lax jamais moindre honneur à l'homme n'est venu ^augmenter richement son langage connu , Jue sur les ennemis, en servant la province, >ar armes allonger l'empire de son prince.