LECTEUR DU ROI, L'IIONNEUR DES LETTRES DE SON TEMPS
Je sais chanter l'honneur d'une rivière : Mais quand je suis sur le bord de la mer Pour la louer, la voyant écumer En sa grandeur si profonde et si fière.
Du cœur s'enfuit mon audace première, Près de tant d'eau, qui me peut abîmer :
(*) Tarnëbe ou Toarneboeuf, né aux Ândelys, en I5I2, mort en 1565, savant philologue, professa les humanités avec éclat à. Toulouse, puis à Paris. Il occupa successivement au collège de France la chaire de littérature grecque et latine et celle de philosophie. Maître d*H. Estienne, ,11 fut l*ami de tous les écrivains illustres de cette époque.
Ainsi youlant Tamèbe ranimer.
Je suis yaÎQca, ayant trop de madère.
Gomme là mer, sa louange est sans rive. Sans bord son loss cpû luit conune un flambeau. D'un si grand'homme il ne faut qu*on écrive :
Sans nos émts son nom est assez beau : Les bouts du monde où le soleil arrive. Grands comme lui, lui servent de tombeau.
■50iiIm.* m gloire.
ÉPITAPHE DE lEAN DE LA PÉRUSE,
ANGODHOia, POËTB TRAGIQUE (*)•
Las I tu dois à ce coup, chétive Tragédie,
Laisser tes graves jeux , Laisser ta scène vide, et, contre toi hardie.
Te tordre les cheveux ;
Et de la même voix donttu aigris > les princes
Tombés en déconfort *, Tu dois bien annoncer aux étranges provinces
Que la Péruse est mort.
Cours donc échevelée, et dis que la Péruse
£st mort) et qu'atijourd'hui Le second ornement de la tragique Muse
Est mort avecque lui :
> OoDt ta diantet triitement. * Dieot^ri : taifortiuie.
n Lq même aaqoel est adnMée la pfèoe vi* da Uvn P' des Poêmu, lom. 2, pag. 296
ÉPITÀPHES. 4^1
Mais non pas mort ainsi qu'il faisait en sa scène ,
Après mille débats, Les princes et les rois mourir d'une mort vaine
Qui morts ne mouraient pas :
Car on dormir de fer lui sille la paupière
D'un étemel sommeil, Et jamais ne verra la plaisante lumière
De notre beau soleil.
Hélas I cruel Pluton ! puisque ta salle obscure
Reçoit de tout quartier Tout ce qui est au monde, et que de la nature
Tu es seul héritier,
Et qu'on ne peut frauder le dernier > truage *
De ton port odieux, Tu devais pour le moins lui prêter davantage
L'usufruit de nos cieux.
Tu n'eusses rien perdu, car après quelque année,
Suivant l*humaine loi, Aussi bien qu'aujourd'hui, la fière destinée
L'eût emmené chez toi.
Or, adieu donc, ami ; aux ombres dans la salle
De ce cruel Pluton, Tu joues maintenant la fable de Tantale
Ou du pauvre Ixion :
Et tu as ici haut laissé ta scène vide
De tragiques douleurs, Laquelle autant sur toi que dessus Euripide
Verse un ruisseau de pleurs.
^Dernier compte ici pourjrojf > Truage : impôt, tribut; da latin, lyllabM. irthutum»
Toujours sur * le priotemps la vigne et. le lierre ,
D*un refrisé rameau, Rampent* pour ta couronne, au plus haut de la pierre
Qui te sert de tombeau.
* Smr : yen, à répoqae da ^ia- ^JteapMf .* aa rabjoactif. Qa« toips ; eonae «m dit : fur tê wir. la Tig ne et le lierre rampent. . .
ABBEGË