‹ Choix de poésies de P. de Ronsard (volume 3)Chapitre 116 sur 127 · CHANSONS · texte numérisé non relu

CHANSONS

Plus tu connais que je brûle pour toi,

Plus tu me fuis, cruelle :

Plus tu connais que je vis en émoi,

Et plus tu m'es rebelle.

Te laisserai-je? hélas! je suis trop tien^

Mais je bénirai Theure De mon trépas : au moins s'il te pbît bien

Q'en te servant je meure.

l'amour oiseau.

Un enfant dedans un bocage Tendait finement ses gluaux, Afin de prendre des oiseaux.

Pour les emprisonner en cage ;

Quand il vit, par cas d'aventure.

Sur un arbre Amour emplumé, Qui volait par le bois ramé, Sur Tune et sur l'autre verdure.

CUANSOlfS. 615

L'eii£Bait,qui ne cotmaissaitpas €et oiseau, fut si plein de joie, Que pour prendre une si grand' proie Tendit sur Farbre tous ses lacs.

Mais quand il vit qu'il ne pouvait ( Pour quelques gluaux qu'il pût tendre ) Ce Y»uteleux oiseau surprendre, Qui voletant le décevait ,

Il se prit à se mutiner, Et Jetant sa glu de colère, Tint trouver une vieille mère, Qui se mêlait de deviner.

Il lui va le ùit avouer.

Et sur le haut d'un buis, lui montre L'oiseau de mauvaise rencontre.

Qui ne faisait que se jouer.

La vieille, en branlant ses cheveux.

Qui jâ grisonnaient de vieillesse, Lui dit : cesse, mon enfant, cesse.

Si bientôt mourir tu ne veux.

De prendre ce fier animal ; Cet oiseau, c'est Amour qui vole.

Qui toujours les hommes affole.

Et jamais ne fait que du mal.

Oh ! que tu seras bien heureux.

Si tu le fuis toute ta vie, Et si jamais tu n'as envie D'être au rôle des amoureux ;

Mais j'ai grand doute qu'à l'instant Que d'homme parfait auras l'âge,

516 POÉSIXS DIVSRSBS.

Ce malheureux oiseau volage.

Qui par ces arbres te fuît tant.

Sans y penser te surprendra, Comme une jeune et tendre quête ■, Et foulant de ses pieds ta tâte.

Que c'est que d'aimer t'apprendra.

* Çuéte : proie.

A MARGUKRITE C).

En mon coeur n'est point écnte La rose, ni autre fleur, Cest toi, belle Marguerite, Par qui j'ai cette ooolear.

N'es-tu celle dont les yeux

Ont surpris.

Par un regard gracieux

Mes esprits!

Puisque ta sœur de haut prix.

Ta sœur, puoelle d'élite, ITest cause de ma douleur, Cest donc pour toi, Marguocite, Que je pris cette couleur.

Un soir ma fièvre naquit.

Quand mon cœur

C) Piàee conaerfée pour la singiiUirité da rbytlint.

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