DB
Pour maîtresse te requit :
Mais rigueur D*une amoureuse langueur
Soudain paya mon mérite, Me donnant cette pâleur.
Pour faimer trop, Marguerite, Et ta vermeille couleur.
Eh! quel charme pourrait bien
Consumer Le souci qui s'est fait mien,
Pour aimer?
De mon tourment si amer,
La jouissance subite Seule dterait le malheur Que me donna Marguerite, Par qui j'ai cette couleur.
A GASSAMDRË.
0 pucelle plus tendre Qu'un beau bouton vermeil, Que le rosier engendre Au lever du soleil.
Et se fait au matin Tout l'honneur du jardin.
Plus fort que le lierre Qui se grippe à l'entour Du chêne aimé, qu'il serre.
Enlacé de maint tour, Courbant ses bras épars Sur lui de toutes parts,
Serrez mon col, maîtresse,
'^'^ * POÉSIES DIVEBSKS.
De Tos deux bras plies.
D'un nœud qui fort me presse Doucement me liez :
Un baiser mutuel Nous soit perpétuel.
Ni le temps, ni Tenvie D'autre amour désirer, Ne pourra point ma vie De vos lèvres tirer :
Ains serrés demeurons.
Et baisant nous mourrons.
Tous deux morts en même heure Verrons le lac fangeux.
Et Tobscure demeure De Pluton l'outrageux ', ' Et les champs ordonnés Aux amans fortunés.
Amour, par les fleurettes Du printemps étemel, Verra nos amourettes, Sous le bois maternel :
Là, nous saurons combien Les amants ont de bien.
Le long des belles plaines 9 Et parmi les prés verts , Les rives sonnent pleines De maints accorda divers :
L'un joue, et l'autre au son Danse d'une chanson.
Là, le beau del décueuvre * Toujours un firont bénin;
* OHtragêMX : Aintste. ' Déentvvre : déconTrt.
Sur les fleurs la couleuvre Ne vomit son venin.
Et toujours les oiseaux Chantent sur les rameaux.
Toujours les vents y sonnent Je ne sais quoi de doux, Et les lauriers y donnent Toujours des ombres mous ' ; Toujours les belles fleurs Y gardent leurs couleurs.
Parmi le grand espace De ce verger heureux, Nous aurons tous deux place Entre les amoureux; Et comme eux sans souci, Nous aimerons aussi.
Nulle dame ancienne Ne se dépitera, Quand de la place sienne Pour nous deux s*ôtera :
Non celles dont les yeux Ont surmonté* les Dieux (*).
I Ombre s'employait aa mascaUn. tine : molles wnbn». Moue : tendres, frais, eipreMioa la- * Surmonté : donpté.
(*) Âllasion à toutes les mortelles aimées par Jupiter et les autres dieux.
ODE NON AffESURÉE.
Quand je serai si heureux de choisir Maîtresse selon mon désir.
Mon Pelletier, je te veux dire Laquelle je voudrais élire,
530 POBSIBS i>ITBRSBS.
Pour la servir, constant, à son plaisir!
L*âge non mûr, mais verdelet encore.
Est rage seul qui me dévore Le cœur d^impatience atteint :
Noir je reux Fœil et brun le teint,
Bien que Foeil vert foute la France adore.
Taime la bouche mutante la rose.
Au lent soleil de mai déclose , Un petit tetin nouvelet , Qui se fait déjà rondelet,
£t sur rivoire élevé se repose.
La taille droite, à la beauté pareille. Et dessous la coiffe une oreille Qui toute se montre dehors; En cent façons les cheveux tors;
La joue égale à Taurore vermeille ;
L*estomac plein, la jambe de bon tour Pleine de chair tout à Tentour, Que volontiers ou tâterait; Un sein qui les dieux tenterait,
Le flanc haussé, la cuisse fiadte au tour;
La dent divoire, odorante Thaleine, A qui s'égaleraient à peine Les doux parfums de la Sabée, Ou toute l'odeur dérobée
Que l'Arabie heureusement amène ;
L'esprit naif , et naïve la grâce ; La main lascive, pu qu'elle embrasse L'ami en son giron couché , Ou que son luth en soit touché ;
Et une voix qui même son luth pa&se
Le pied petit, la main longuette et belle ,
Domptant tout cœur dur et rebelle,
Et un ris qui en découvrant
Maint diamant, allât ouvrant Le beau séjour d'une grâce nouvelle ;
Qu'eir sut par cœur tout cela qu'a chanté
Pétrarque, en amour tant vanté ,
Ou la Rose si bien écrite ',
Et contre les femmes dépite , Dont je serais comme d'elle enchanté.
Quant au maintien, inconstant et volage.
Folâtre et digne de tel âge,
Le regard errant çà et là^
Un naturel avec cela Qui plus que l'art misérable > soulage ^ .
Je ne voudrais avoir en ma puissance A tous coups d'elle jouissance, Souvent le nier un petit En amour donne l'appétit, \ Et fait durer la longue obéissance.
D'elle le temps ne pourrait m'étranger4,
N'autre amour, ni l'or étranger ;
Pn à tout le bien qui arrive
De l'Orient à notre rive Je ne voudrais ma brunette changer.
Lorsque sa bouche à me baiser tendrait, Ou qu'approcher ne la voudrait, Feignant la cruelle fâchée,
* I« Jloma» de la Rose, a Soulage : sens de charmer, plaire,'
* Horace a dit : * Âf 'étranger : ne séparer ^ me IngeniMm misera fortnnatlin arte. rendre étranger pour elle.
{EpUt. ad PU., asS.)
Ou quand en quelque coin cadiée.
Sans raviser ■ prendre au col me viendrait.
* Sans qoe je l'aTifasse.