AUX MOUCHES, A MIEL
OÙ allez-vous, filles du ciel, Grand miracle de la nature, Où allez- vous, mouches à miel, Chercher aux champs votre pâture ?
Si vous voulez cueillir les fleurs D'odeur diverse et de couleurs.
Ne volez plus à Faventure.
Autour de Cassandre halenée De mes baisers tant bien donnés.
Vous trouverez la rose née, Et les œillets environnés Des florettes ensanglantées De Hyacinthe et d'Ajax, plantées Près des lis sur sa bouche nés.
Les marjolaines y fleurisssent, L'amôme y est continuel , Et les lauriers qui ne périssent Pour l'hiver, tant soit-il cruel :
L'anis, le chèvrefeuil' qui porte La manne qui vous réconforte, Y verdoie perpétuel.
Mais je vous pri' gardez-vous bieo, Gardez-vous qu'on ne l'aiguillonne.
Vous apprendriez bientôt combien Sa pointure est trop plus félonne ; Et de ses fleurs ne vous soûlez ,
Sans m'en garder, si ne voulez Que mon âme ne m'abandonne.