RÉCITÉE PAR DEUX JOUEURS DE LYRE
Le soleil et notre roi Sont semblables de puissance :
L'un gouverne dessous soi Le ciel, et l'autre la France.
L'un du ciel tient le milieu , Des astres clarté première ; Et l'autre, comme un grand Dieu , Aux terres donne lumière.
L'un n'est jamais offensé D'orage ni de tempête :
142 LES M4SCARADBS.
L'obscur est toujours percé Des beaux rayons de sa tête.
L*autre a toujours combattu Les guerres et les envies , £t fait sentir sa vertu Aux puissances ennemies.
L'un est auteur de la paix , Chassant le discord du monde.
Illustrant de ses beaux rais ' La terre , le ciel et Tonde.
Et l'autre, ayant du discord La puissance rencontrée, A mis les guerres à mort, Et la paix en sa contrée:
Tout astre prend du soleil Sa lumière , tant soit haute :
Car c'est l'astre non pareil, Libéral sans avoir faute >.
Du roi vient force et vigueur, Honneur et grandeur royale , Et tout homme de bon oœur^ Connaît sa main libérale.
Le soleil est couronné
■ Haii ; rayons. ftilUir.
3 Sans avoir faute : sans jamaU dé- 3 Homme de cœur, homme courageux.
LES MASCABADES. 143
De feux qu*en terre il nous darde, Et tout astre bien tourné Notre bon prince regarde.
De notre roi la grandeur Pareille au soleil ressemble , Qui jette plus de splendeur Que les étoiles ensemble. '
Bref, le soleil éclairant Partout , qui point ne repose , De Charles n'est différent Seulement que d'une chose ;
C'est que le soleil mourra , Après quelque temps d'espace , £t Charles au ciel ira Du soleil prendre la place.