‹ Choix de poésies de P. de Ronsard (volume 3)Chapitre 35 sur 127 · RÉCITÉE PAR DEUX JOUEURS DE LYRE · texte numérisé non relu

RÉCITÉE PAR DEUX JOUEURS DE LYRE

Le soleil et notre roi Sont semblables de puissance :

L'un gouverne dessous soi Le ciel, et l'autre la France.

L'un du ciel tient le milieu , Des astres clarté première ; Et l'autre, comme un grand Dieu , Aux terres donne lumière.

L'un n'est jamais offensé D'orage ni de tempête :

142 LES M4SCARADBS.

L'obscur est toujours percé Des beaux rayons de sa tête.

L*autre a toujours combattu Les guerres et les envies , £t fait sentir sa vertu Aux puissances ennemies.

L'un est auteur de la paix , Chassant le discord du monde.

Illustrant de ses beaux rais ' La terre , le ciel et Tonde.

Et l'autre, ayant du discord La puissance rencontrée, A mis les guerres à mort, Et la paix en sa contrée:

Tout astre prend du soleil Sa lumière , tant soit haute :

Car c'est l'astre non pareil, Libéral sans avoir faute >.

Du roi vient force et vigueur, Honneur et grandeur royale , Et tout homme de bon oœur^ Connaît sa main libérale.

Le soleil est couronné

■ Haii ; rayons. ftilUir.

3 Sans avoir faute : sans jamaU dé- 3 Homme de cœur, homme courageux.

LES MASCABADES. 143

De feux qu*en terre il nous darde, Et tout astre bien tourné Notre bon prince regarde.

De notre roi la grandeur Pareille au soleil ressemble , Qui jette plus de splendeur Que les étoiles ensemble. '

Bref, le soleil éclairant Partout , qui point ne repose , De Charles n'est différent Seulement que d'une chose ;

C'est que le soleil mourra , Après quelque temps d'espace , £t Charles au ciel ira Du soleil prendre la place.

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