LE SATYRE
▲ M. HDBAUT BLàimar, SEieNECH DE LÀ PITAEDIÈRB.
Hercule un jour passant par OEbalie Menait lole, amoureuse folie :
Comme ils erraient en cheminant tous deux Par terres, bois , par bocages ombreux.
Lui hérissé, dessous la peau velue D'un grand lion, empoi^^t sa massues- Ferme en ses doigts , grosse de clous d*airain. Elle portait mille bouquets au sein , De bagues d*or ses mains étaient chaires , Son col bravait < de perles arrangées, Son chef était couvert folâtrement D*un scophion * attifé proprement.
Sa robe était de pourpre méonine.
Perse' en couleur, chancrée ^ à la poitrine : ,
Ainsi qu'on voit au retour des beaux mois Se promener ou nos dames de Blois , Ou d'Orléans, ou de Tours, ou d'Amboîse, Dessus la grève où Loire se dégoise ^ Contre la rive : ellesysur le bord vert,
> Bravait : était bn^e, briUait. ' Perse : bleve on ▼erdfttr*.
• * Seophion : parfois eseojlen , eoif- * Chuner^e : èchaaerée. fun^ boanei^ ^ Se éigoUe : dégoise, aanaarc*
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Vont deux à deux, au tetîn découvert.
Au collet lâche, et, joignant la rivière, Foulent l'émaîl de l'herbe printaunière.
Faune qui est des femmes désireux.
Vit cette dame et en fut amoureux :
Il s'alluma des beautés de la belle .
Ses yeux luisaient ainsi qu'une chandelle, Son cœur ardait de flammes consumé, Ainsi qu'un chaume en un champ allumé.
Qu'une bergère enflamme d'aventure.
Au temps d'hiver, pour tromper la froidure.
Or tellement ce Faune se ravit.
Qu'en l'épiant par les bois la suivit Pour voir son gîte, afin que par finesse II pût jouir d'une telle princesse.
Jà le soleil était tombé dans l'eau, £t jà Vesper de son cheval moreau • , Porté au ciel en sacoche attelée.
Tirait la nuit à la robe étoilée.
Au même temps que le bœuf tout lassé.
Traîne au logis le contre renversé.
Tandis Hercule avec sa chère peme * Lavait son front en l'eau d'une fontaine. Plein de sueur et de poudre, qui fait L*homme en amours mal gracieux et laid.
Quand il fut beau et bien poli, sa dame. Sa dame non, mais son sang et son âme. Qui tout Hercule en ses liens tenait.
Et d'elle seule au cœur se souvenait,
> Moreau : noir. ' Sa ekin peine : lole, son naie.
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Lui dit : « Seigneur, nous antres demoiseUes, N'avons vertu siuoo que sembla belles : Notre seïe est imbédlle, inutil :
Celui de lliomme est robuste et subtil, Bon au consdl, sage au fait de justice. Vif aux combats , rusé pour la police.
Et bref il est seul né pour commander : Nous ne faisons sinon que nous farder.
Coudre, filer et broder un ouvrage.
Et gouverner quelque maigre ménage.
« Or, si j*avais vêtu tant seulttnent Deux ou trois fois ton rude aoeoutrement. Je deviendrais amazone première , Et te serais compagne plus guerrière.
« Donques, Seigneur, pour prendre passetemps, Ton fier babit prête moi pour un temps. Ton brand' ferré, ta peau cléonéenne *, Rude de poil, et tu prendras la mienne. »
Lui, plein d'amour, qui ne sentait plus rien. Lui répondit : « Dame , je le veux bien. »
Elle vêtit sans en être effrayée.
Du grand lion la peau non corroyée :
Prit la massue, ab ! trop pesant fardeau, Et mal séant pour un bras damoiseau :
Si que mardiant sous si borrible charge, La peau pour elle et trop longue et trop large, Courbait son dos et ses reins accablait.
Sous telle cbarge au page ressemblait.
Qui, jeune d'ans, suit son maître à la guerre ,
* Brand : bAton , ataMae. le lioa doat il rerèUt la peaa, éUit
* U forêt de Néaiée, oà llcrcale tua •»«» prcs de Cléoaiii , en Argolidc
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La lance au poing, au flanc le cimeterre, L'armet au chef, qui trop grand et trop gros Choque son front, et lui rebat le dos.
Âtant la nuit qui d*ailes brunes vole.
Fit retourner Hercule et son lole :
Ils vont souper, ils se couchent tous deux, Sans dévêtir leurs habits monstrueux '.
Là, tout Joignant, était lliorreur d'un antre Où le soleil en nulle saison n'entre , Sinon Fhiver, que son rayon tout droit Passe dedans , et amortit le froid, Pour donner vie et force et accroissance Aux belles fleurs qui là prennent naissance.
Auprès de Thuis , gardien de rentrée, Sonne un ruisseau à la course sacrée, Où les Sylvains, où les Nymphes d'autour Se vont baigner, et pratiquer Tamour, Au chaud du jour, quand Diane, ennemie De leurs plaisirs , est aux bois endormie.
Dessus la porte une lambrunche * était. Qui de ses doigts rampante se portait Sur un ormeau, et d'un large feuillage Faisait à l'antre et aux ondes ombrage, Et au bétail qui s'y venait cacher.
Et d'un col lent son vivre remâcher.
Là, sur mainte herbe et mainte feuille tendre, Les deux amants repos allèrent prendre : Leurs serviteurs qui le somme soufflaient '
* Mmisirueux : extraordinaires, hors ' Lambrunche : Tigne vierge ; do lade l'aiage commun. tin, labnuca.
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Par les naseaux, sur les tisons ronflaient. D'un bas menton refrappant leur poitrine , Autour du feu qui lentement décline.
Quand le Satyre en l'antre vit seulets , Près des charbons , sommeiller les valets. Pensant le somme avoir aux yeux du maître Comme aux valets le doux sommeil fait nattre, Il entre en l'antre, et allait par compas, A pied levé, doucement, pas à pas.
Comme marchant sur le froissis* d'un verre. Ou sur des clous, et non dessus la terre.
Aucune fois tout pensif reculait, Aucune fois en avant il allait, Se confiant en la nuit ténébreuse.
Le noir manteau de sa fraude amoureuse.
Dessus un pied tantôt il se tenait.
Tantôt sur l'autre , et des mains tâtonnait Ombres et mur : à la fin il rencontre Avec la main (qui le chemin lui montre) Le bord du lit, où si bien arriva Que son désir du premier coup trouva.
Mais en touchant la robe léonine Retint la main, et sent en sa poitrine Un sang tout froid qui se glace de peur, Et coup sur coup un battement de cœur.
Puis courageux à Tautre bord s'avance, Fraudé de l'une et de l'autre espérance : Après avoir d'Hercule retouché Le mol habita près de lui s'est couché, Lève sa c6tte, et touche sa ehair nue D'un poil épais horriblement pelue.
' J^roi8$ts : iclato d*aa ?erre briié.
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Lui qui sentait uoe étrangère main, Fut étonner : lole tout soudain, A haute voix les serviteurs appelle, Qu'on apportât une ardente chandeUe Pour voir le fait : car tous les environs Étaient hantés de brigands et larrons.
Le feu venu, Hercule se colère, S'enfle de flel : vous Teussez ouï braire Parmi cet antre , ainsi qu'un grand taureau : D'un coup de poing il cassa le museau Du dieu bouquins et d'une main cruelle De poil à poil tout le menton lui pèle, Et tellement s'en aigrit de courroux Que l'estomac lui martela de coups.
Le paillard fuit dessus ses pieds de chèvre, |
Le sang glacé crachant à pleme lèvre, I
Et, en hurlant de son horrible voix , I
Alla musser sa honte sous les bois.
Que plAt à Dieu que tous les adultères Fussent punis de semblables salaires !
Paillards, ribauds et rufiens, qui font Porter aux Jans * les cornes sur le front.
On ne voit plus qu'un fils ressemble au père, Faute, Huraut, qu'on ne punit ia mère 'Qui se débauche, et qui honnit sa foi. Par la rigueur d'une sévère loi.
Bùngnim : aux pieds de bone. ' Jans : maria trompés, eocaau