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l'hylas (*).
A lEkn PJJ8ERAT, LECTEUK DO ROI ;**).
Mais aussitôt que Taube fut levée.
Hercule entra dans la forêt trouvée.
Pour épier des yeux à renviron Quelque arbre propre à faire un aviron.
Uercule étant pensif et fantastique.
Erre tout seul en la forêt rustique, Haute maison des oiseaux : à la fin , 11 vit sans nceuds, sans branches, un sapin Frappé du vent d'une lente secousse :
II jette à bas son arc courbe et sa trousse. Et affermant ■ contre terre les pas.
Et roidissant les muscles de ses bras.
Enflant d'ardeur les veines du visage.
Mit les deux mains dessus Tarbre sauvage, A dos courbé, et, bien qu'il tint beaucoup, 11 l'arracha tout net du premier coup, Racine et tout, dessus l'épaulé forte Le va diargeant, s'en retourne et l'emporte.
Ainsi qu'on voit aisément l'oiseleur Cercler* la place à cacher le malheur Du simple oiseau ^ : il arrache sans peine
* Affermant , afTermissanL la plaee qui cache le plife dettiné i
> Cercler : sarcler, nettoyer. surprendre la sniple eonftaace de
3 La place à cacher le wMlheur^ etc.: roiseau.
n Ce moroeaa est imiré de la XIII* Idylle de Théocrite, aoqnel Ronsard a particalièrentcot empranté la description de la fontaioe.
(••) Passerai, né à Troyes en 1534, occupa d*alx>rd une chaire aux collège do Plessis, puis succéda à Ramus an collège de France. Il joignait uo esprit aimable à beaucoup d*émdilion. C'est lui qui est l'aoleur d*uoe grande partie des vers de la saUre Ménippée.
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Le chaume sec dont la place était pleine *.
Ainsi Hercule aisément arracha Ce grand sapin, sitôt qu'il y toucha.
Tandis Hylas, jeune^ gaillard et brusque. Aux blanches mains , à la longue perruque ' , Au beau visage, à Toeil noir et serein , Prit une cruche aux deux anses d'airain, Et seul entra dans la forêt prochaine.
Pour chercher l'eau d*une belle fontaine
Il nourrissait Tenfant pour tel office ; En ce seul fait il lui faisait service : Car en mangeant Hercule ne buvait Que la seule eau dont Tenfant Tabreuvait, Ni Télamon, comme fortune assemble Deux grands amis en une table ensemble. C'est un trésor que la bonne amitié, Quand un ami retrouve sa moitié.
Or, cet enfant, comme son pied le mène, Dans la forêt ombreuse se promène.
Errant partout, ains qu'aviser le bord De la fontaine où l'attendait la mort.
On dit qu'Hylas n'eût pas trouvé la source De si belle eau, sans un cerf dont la course. Par le moyen de Junon (qui le cœur Portait, marâtre, enrouillé de rancœur * Des faits d*Hercule, et en crevait de rage ,) Qui l'enfant grec guida sur le rivage.
* Perruque : clieTelare. Rotneonr : rancune, conrroax.
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Cette fontaiiie était tout à l'entoar Riche d'émail, et de fleurs que Tamour, De corps humains fit changer en fleurettes , Frintes du teint des pâles amourettes : Le lis sauvage, et la rose et rœillet. Le roux soùd, Todorant serpoUet, Le bleu ^yeul, les hautes gantelées, La pâquerette aux feuilles piolées', La giroflée et le passe-velours.
Et le nards, qui ne vit que deux jours. Et cette fleur que l'avril renouvelle Et qui du nom des Satyres * s'appelle : Et l'autre fleur que Junon fit sortir Quand d'un oocu^ voulut son corps vêtir. De tel oisel empruntant le plumage.
Du frère sien * fuyant le mariage.
Comme trop jeune, et dédaignant le jeu D'amour, qui ard ^ nos cœurs d'un si doux feu.
Un chêne large ombrageait l'onde noire : Faunes, Sylvains n'y venaient jamais boire, Ains de bien loin s'enfuyaient ébahis : Maison sacrée* aux Nymphes du pays , Et au printemps, qui de sa douce haleine Embaumait l'air, les forêts et la plaine. Que les pasteurs en frayeur honoraient, Et de bouquets les rives décoraient.
Un ombre lent par petite secousse Errait dessus, ainsi que le vent pousse,
■ FMéêÊ : de deu emilevn, comme ton nom de mb cri. la plaae de U pie. ( Boqaefort j < Japiter.
> Ss^pfoa , «ae plante orchidée» * Ard : brAJe.
* CSm .* CoMov , oieeaa q«l tire * Sacré* : eoMMiée.
DBS POËHBS. ZW
Pousse et repousse, et pousse sur les eaux L'entrelassure ombreuse des rameaux.
Là,mainte source en bouillons sablonneuse, Faisant jaillir mainte conque perleuse, Peindait* les bords de passements divers, De gravois gris, rouges, jaunes et pers.
Là caroUaient*, à tresses décoiffées.
De main à main, les nymphes et les fées, Foulant du pied les herbes d'alentour, Puis dessous Teau se cachaient tout le jour.
La belle Heibine, au haut de l'onde assise, .Voyant l'enfant, soudain en fut éprise, Et se plongeant à chef baissé le front, Alla trouver Printine au plus profond :
« Reine des eaux, ma maîtresse honorée, J'ai vu là haut sur la rive voirée^ Un jeune enfant par qui seraient vaincus. De gaillardise 4 Apollon et Bacchus.
Venez le voir : vous verrez une face De qui le trait les déesses menace ^ Et qui plus est, un crépelu coton Ne fait que poindre autour de son menton» ».
Printine adonc, qui s'était amusée A retourner les plis d'une fusée, En se hâtant lui tombèrent soudaii^ Fil et quenouille et fuseau de la mam.
Vénus adonc lui darde une sagette ^ De celles-là qu'aux nymphes elle jette,
* Peindait : peigoait. do latin, vitreus»
* Carollaifivi i dansaient. * Gaillardise : gentUleMe, griet. ' Foirée : ctalrc conunt !•- êristal ; * Sagette : flècbe»
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Et aux grands dieux qu'elle fidt langoureux. Quand des mortels deviennent amoureux.
Quittant du ciel les régions sereines Pour être fable ^ à nos femmes humaines. Et déguiser dliabillement nouveau lieurs corps changés en cygne ou en taureau.
Près de la nymphe, au plus profond des ondes, Était Antrine aux belles tresses blondes. Et Azurine aux tetins découverts, Verdine, Ondine, et Bordine aux yeux verts.
L'une des deux était encore pucelle, Et l'autre avait du lait en la mamelle, Et de Lucine en la fleur de ses ans Avait senti les traits doux et cuisans. Qui dévidaient les toisons tynennes.
Teintes au sang des huîtres indiennes *,
Incontinent, tout ouvrage laissé, Nagent sur Teau^ où d'un œil abaissé Voyent renfant, qui de couleur ressemble A ces blancs lis qu'une amoureuse assemble Avec la rose, ou au teint de l'œillet Qui va nageant sur la blancheur du lait . Tandis Hylas de la gauche s'appuie Dessus le bord, de l'autre ^ tient la buie ^, Qu'à front penché laisse tomber en l'eau : L'eau qui s'engouffre au ventre du vaisseau, Fit un grand bruit : en cependant Printine, Ardente au cœur d'une telle rapine, Sa gauche main finement approcha,
( Ponr tromper nos femmes. IV, 383 et saÎT.
> Cette énamératioD des Kympbee 3 De l'autre maio. est presque traduite de VirgUe, Géorg. * Buie : sorte de cmckc
DES POKJIHS. 310
Et du garçon le col elle accrocha :
Coap dessus coup le baise et le rebaise, En Tattirant, afin que plus à Taise Sa pesanteur remportât contre-bas :
Puis de la dextre elle happa le bras Dont il tenait le vaisseau, et s'efTorce De le tirer sous Fonde à toute force.
Hylas criait et résistait en. vain : Dedans le gouffre il tomba tout soudain, Pied contre monts comme on voit par le vide Tomber du ciel une flamme liquide , Toute d'un coup dans la mer, pour signal Que la navire est sauve de tout mal : Lors le patron, qui reconnaît Tétoile, Aux matelots siffle qu'on fasse voile, Le vent est bon : en la même façon Tomba d'un coup sous Tonde le garçon.
Sur ses genoux, la nymphe qui est folle De trop d'amour, le flatte et le console : Puis lui fit part de sa table et son lit. Et de son cœur : d'avantage lui fit D'homme mortel une déité prendre.
Nul n'avait pu le cri d'Uylas entendre, Fors Télamon, qui la voix entendit D'Hylas tombé; Hercule il attendit, Puis Je voyant de bien loin il l'appelle, Et soupirant lui conta la nouvelle.
Tout furieux * retourna dans les bois, Oiant, Hylas ! Une grélette voix
' U tète «■ ha«. > Hercale.
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Faible et sans force entr^oit ■ a grande peine, Qui lui répond : la voix semblait lointaine. Et ^utefois bien prochaine elle était : Mais Feau gardait' qu'à plein son ne sortait, En rétouffaut. Cependant par vallées, Par ronces, bois, par roches reculées Court et recourt, pensant à son malheur. Quand vers le soir s'endormit de douleur.
Jason qui vit la nuit être tombée.
Et le vent bon pour la voile courbée.
Dresse les ponts, monte au vaisseau connu, Croyant qu'Hercule y fût déjà venu.
Cet art subtil se fit par la menée De Méléagre, enfant du grand OEnée, Qui bien que tard un jour se repentit, • Quand le tison ses entrailles rôtit.
Lequel était envieux des victoires Et des labeurs d'Hercule aux fesses noires^.
Comme il dormait, du travail ennuyé, Ayant le col sur sa trousse appuyé, L'arc d'un côté, de l'autre la massue, Voici venir l'ombre grêle et menue Du jeune Hylas, qui secouant le chef De son seigneur, lui conta son méchef :
« Mon seul seigneur, qui fus mon espérance, Qui les vertus m'appris dès mon enfance. Afin qu'un jour je pusse devenir Grand comme toi , puis au ciel parvenir r Puisant de l'eau pour te servir à table,
* Entr'oit : entend, de entr^ouir, * Mélamp^ge , rarnoin grec d'Het -
> Garialt : empêchait. cale.
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(Amour n'est pas, comme on pense, uue fable) Une déesse amoureuse me vit, Qui tout soudain dessous Peau me ravit. Je t'appelai pour néant, quand ma boudie Fut pleine d*eau : quand rebelle et farouclio. De sa houssine en me frappant, tourna Mon corps en dieu, puis son lit me doima.
« Assez, Seigneur, et par mer et par terrey rai vu sous toi le métier de la ^erre. Assez mon dos a sué sous le taix De ta massue, assez tes nobles faits Ont illustré ma vive renommée.
« Or maintienant ma peine est consommée : Loin de la terre, et loin de tout souci Qu'ont les mortels, heureux je vis ici.
• Adieu, Seigneur, adieu ma chère tête : Par ta marâtre encor mainte conquête Te reste à faire, et mille maux divers Que tu auras vaguant par l'univers :
Puis à la fin une mort très-cruelle Doit consommer ta figure mortelle.
Cl Ton corps brûlé s'en ira dans les cieux Prendre sa place à la table des dieux . Puis tu auras, loyer de ta prouesse.
Pour femme Hébé, la reine de jeunesse.
Caries beaux faits ^ l'homme vertueux Ne meurent point : mais du volupti\gux, Qui a sa vie en plaisirs consommée, Avec la mort se perd la renommée. »
Ainsi Hylas à son maître parla ; La nuit s'enfuit, et Pombre s'envola.
312 LE PBEMIER LIVRE DES POÈMBS.
Mon Passcrat, je ressemble à Tabeille Qui va cueillant tantôt la fleur veroieiile. Tantôt la jaune : errant de pré eu pré« Où plus les fleurs fleurissent à sou gré, Contre l'hiver amassant force vivres *.
Ainsi lisant et feuilletant mes livres , J'amasse, trie et choisis le plus beau, Qu'en cent couleurs je peins en un tableau. Tantôt en Fautre, et prompt en ma peinture. Sans me forcer, j'imite la nature :
Comme j'ai fait en ce portrait d'Hylas Que je te donne, et si à gré tu l'as. J'en aimerai mon présent davantage^ D'avoir su plaire à si grand personnages.
' ComparaiMo fort andeane et rajeaaie par J.-B. RouawaB :
El, SMobUblc à l'abeille en noc jardins è«lo«e. De différentes flenrs j'assemble el Je compoM Le miel qnc je produis.
( Odts, \\\, à M. le comte Do Luc,)
LE