TRADUCTION
D'UNE ÉPIGRAMM£ DE POSIDIPPE (*).
Quel train de vie est-il bon que je suive Afin, Muret (^), qu'heureusement je vive? Aux cours des rois règne l'ambition ; Les sénateurs sont pleins de passion ; Les maisons sont de mille soucis pleines ; Le labourage * est tout rempli de peines ; Le matelot voit à deux doigts du bord De son bateau pendre toujours la mort ; Celui qui erre en un pays étrange, S'il a du bien , craint ^'un autre le mange , Le guerrier meurt masqué d'une valeur ; Le mariage est comblé de malheur ; Et si l'on vit sans être en mariage , Seul et désert, il faut user son âge.
Avoir enfants , n'avoir enfants aussi Donne toujours domestique souci.
La jeunesse est peu sage et mal habile; La .vieillesse est languissante et débile , Ayant toujours la mort devant les yeux ; Donques, Muret, je crois qu'il vaudrait mieux L'un de ces deux , ou bien jamais de n'être , Ou de mourir sitôt qu'on vient de naître >.
I Le métier de laboarenr. mier bonheur est de ne pas naître, le
* Allncion an proverbe grec : Le pre- second de monrir jeune.
(*) Poète épigrammattste qui vivait' 280 avant J.-C. (**) Voir les Poèmes, Uv. II, 3, les lies fortunées.