AU PEUPLE DE FBANCE
J'irai le cœur des rois de pia flamme attiser ; Je ferai leurs cités en deux parts diviser, Et serai pour jamais ta Gdèle compagne.
« Tu feras grand plaisir aux princes d'Allemagne, Qui sont marris de voir (comme étant généreux) Un évéque électeur qui domine sur eux : S'Os veulent qu'en leur main l'élection soit mise, Il faut rompre premier les forces de l'Église : Un moyen plus subtil ne se trouve sinon Que de monter en chaire, et d'avancer ton nom, Abominer le Pape, et par mille finesses Crier contre l'Église, et décrier les messes.»
De là sont procédés les maux que nous avons; De là vient le diseord qu'abusés nous suivons ; De là vient que le fils fait la guerre à son père, La femme à son mari, et le frère à son frère, A Tonde le neveu ; de là sont renversés Les conciles sacrés des vieux siècles passés.
De là toute hérésie au monde prit naissance ; De là vient que l*Église a perdu sa puissance ; De là vient que les rois ont le sceptre ébranlé; De là vient que le faible est du fort violé ; De là sont procédés ces géants qui échèlent ' Le ciel, et au combat les Dieux mêmes appellent ; De là vient que le monde est plein d'iniquité. Rempli de défiance et d'infidélité, Ayant perdu sa règle et sa forme ancienne.
Si la religion et si la foi chrétienne Apporte de tels fruits, j'aime mieux la quitter,
I Éehèlent: escaladent.
436 BEMONTRANGE
Et banni m'en aller les Indes habiter,
Sous le pôle antarctique où les sauTages vÎTent,
Et la loi de nature heureusement ensuivent.
Mais en bref, 6 Seigneur, toul puissant et tout fort, Par ta sainte bonté tu rompras leur effort; Tu perdras leur conseil, et leur force animée Contre ta majesté enverras en fumée.
Car tu n'es pas Tappui ni Fami des larrons : C'est pourquoi ton secours en bref nous espérons : La victoire des camps ne dépend de nos armes. Du nombre des piétons, du nombre des gendarmes : Elle gît en ta grâce, et ta dextre des cieux Fait celui que tu veux id ■ victorieux.
Nous savons bien, Seigneur, que nos fautes sont grandes; Nous savons nos pédiés ; mais. Seigneur, tu demandes Pour satisfaction un courage ' contrit, Un cœur humilié, un pénitent esprit.
Et pource, Seigneur Dieu, ne punis en ton ire Ton peuple repentant qui lamente et soupire. Qui te demande grâce, et par triste méchef Les fautes de ses rois ne tourne sur son chef.
G vous, doctes prélats, poussés du Saint-Esprit, Qui êtes assemblés au nom de Jésus-Christ, Et tâdiez saintement par une voie utile De conduire l'Église à l'accord d'un Concile, Vous mêmes les premiers, prélats, réformez-vous , Et comme vrais pasteurs faites la guerre aux loups : Otez l'ambition, la richesse excessive, Arrachez de vos cœurs la jeunesse lascive. Soyez sobres à table et sobres en propos,
■ ici : êur terre. ' Courage : ctt«r.