‹ Choix de poésies de P. de RonsardChapitre 21 sur 85 · ET DE CALLIRÉE · texte numérisé non relu

ET DE CALLIRÉE

( Callirée parle contre la chasse. )

Celui fut ennemi des Déités puissantes Et cruel viola de nature les lois Qui le premier rompit le silence des bois, £t les Nymphes ' qui sont dans les arbres naissantes;

Qui premier, de limiers et de meutes pressantes, De piqueurs , de veneurs, de troupes et d^abois Donna par les forêts un passe-temps aux rois De la course et du sang des bêtes innocentes.

Je n'aime ni piqueurs , ni filets, ni veneurs , Ni meutes, ni forêts , la cause de mes peurs; Je doute ' qu'Artémis quelque sanglier n'appelle

Encontre Eurymédon pour voir ses jours finis , Que le deuil ne me fasse une Vénus nouvelle^ Que la mort ne le fasse un nouvel Adonis ^.

f Lcf Dryades. s Âllasloa à la fable d'Adonis, aimé

> /e doute: Je erains dans mon in- de Vénas, qui fat taé par an •angllM', qniitade. lorsqa'U cbassatt sar le mont Ida.

(*) Ces Ters sootdesttDés à chanter l'amour que Charles IX, en ses Jeunes années, éproata pour mademoiselle d*Atrie, de la maison d'Aquitaine, depuis comtesse de Cbasteau-Yillain, une des plus belles et des plus vertueuses femmes de son temps.

?01JB ASTBÉE (*).

Jamais Hector aux guerres n'était lâche Lorsqu'il allait combattre les Grégeois : Toujours sa femme attachait son hamois, Et sur Tarmet ' lui plantait son panache.

Il ne craignait la Péléenne * hache Du grand Achille, ayant deux ou trois fois Baisé sa femme, et tenant en ses doigts Une faveur de sa belle Andromache.

Heureux cent fois, toi chevalier errant, Que ma déesse allait hier parant, £t qu'en armant baisait, comme je pense.

De sa vertu procède ton honneur :

Que plût à Dieu, pour avoir ce bonheur Avoir changé mes plumes à ta lance.

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