‹ Choix de poésies de P. de RonsardChapitre 22 sur 85 · II · texte numérisé non relu

II

L'arme^ .- la casque. > La hache d'AchiUe, fils de Pelée.

0) On croit que ces vers ont éU composés poar ane des plas grandes dames de la coar, madame d'Estrées, dont Ronsard était épris.

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Il ne fallait, maltresse, autres tablettes Pour vous graver, que celles de mon cœur. Où de sa main. Amour, notre vainqueur Vous a gravée et vos grâces parfaites.

Là vos vertus au vif y sont portraites. Et vos beautés causes de ma langueur, L'honnêteté, la douceur, la rigueur.

Et tous les biens et maux que vous me faites.

Là vos cheveux, votre œil et votre teint Et votre front s'y montre si bien peint, Et votre face y est si bien enclose.

Que tout est plein : il n'y a nul endroit Vide en mon cœur : et quand Amour voudroit Plus ne pourrait y graver autre chose.

Au mois d'avril, quand l'an se renouvelle, L'aube ne sort si fraîche de la mer : Ni hors des flots la déesse < d'aimer Ne vint à Cypre en sa conque si belle,

Comme je vis la beauté que j'appelle Mon astre saint, au matin s'éveiller.

Rire le ciel, la terre s'émailler.

Et les Amours voler à Tentour d*elle.

Amour, Jeunesse, et les Grâces qui sont Filles du ciel lui pendaient sur le front : Mais ce qui plus redoubla mon service *,

* VéniM, née de l'écame de la mer.

' M'assajettit davantage à son service.

POUH ASTHBE. 127

C'est qu'elle avait un visage sans art. La femme laide est belle d'artifice ', La femme belle est belle sans du fard.

■ Peut être belle à force d'artiflce.

A mon retour (eh I je m'en désespère), Tu m'as reçu d'un baiser tout glacé, Froid, sans saveur, baiser d'un trépassé, Tel que Diane en donnait à son frère,

Tel qu'un fille en donne à sa grand'mère, La fiancée en donne au fiancé, Ni savoureux, ni moiteux >, ni pressé : £h quoi, ma lèvre est-elle si amère?

Ah! tu devrais imiter les pigeons.

Qui bec en bec de baisers doux et longs Se font l'amour sur le haut d'une souche *.

Je te suppli', maîstresse, désormais Ou baise-moi la saveur en la bouche, Ou bien du tout ne me baise jamais.

* Moiteux : bomide. ' Souehe : branche.

ÉLÉGIE DU PROn^EUPSy

A LA SOEUR D*ASTRÉB.

Printemps, fils du Soleil, que la terre arrosée De la fertile humeur d'une douce rosée, Au milieu des œillets et des roses conçut,

128 SONNETS POUH ASTBfiE.

Quand Flore entre ses bras nourrice vous reçut, Naissez, croissez, Printemps, laissez-vous apparaître : En voyant Isabeau vous pourrez vous connaître, Elle est votre miroir^ et deux lis assemblés Ne se ressemblent tant que vous entresemblez : Tous les deux n'êtes qu'un, c'est une même chose. La rose que voici ressemble à cette rose. Le diamant k l'autre, et la fleur à la fleur : Le Printemps est le frère, Isabeau est la sœur.

On dit que le Printemps, pompeux de sa richesse. Orgueilleux de ses fleurs^ enflé de sa jeunesse. Logé comme un grand prince en ses vertes maisons. Se vantait le plus beau de toutes les saisons. Et se glorifiant le contait à Zéphyre; Le Ciel en fut marri, qui soudain le vint dire A la mère Nature. Elle, pour rabaisser L'orgueil de cet enfant, va partout ramasser Les biens qu'elle serrait de maint et mainte année.

Quand elle eut son épargne > en son moule ordonnée, La fit fondre, et versant ce qu'elle avait de beau, Miracle ! nous fit naître une belle Isabeau !

' Ce qa'ella atait amaMé.

LE

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