POUR HÉLÈNE
Je plante en ta faveur cet arbre de Gybèle , Ce pin, où tes honneurs se liront tous les jours. J'ai gravé sur le tronc nos noms et nos amours, Qui croîtront à l'envi de Técorce nouvelle'.
Faunes, qui habitez ma terre paternelle, Qui menez sur le Loir vos danses et vos tours , Favorisez la plante et lui donnez secours , Que Tété ne la brûle et Thiver ne la gèle.
Pasteur, qui conduiras en ce lieu ton troupeau, Flage6llant une églogue en ton tuyau d'aveine > , Attache tous les ans à cet arbre un tableau.
Qui témoigne aux passants mes amours et ma peine : Puis, l'arrosant de lait et du sang d'un agneau , Dis : Ce pin est sacré; c'est la plante d'Hélène (*).
^ ...«nMcat lUm, cretcetlt amore». mM«.
(Vui*., Idyt. X. ) SilTCStrem tenui masam mediUris avnia.
' JftêUte : du latin avena, chala> ( Vue, /^M. 1. )
(*) Ce sonnet est une imitaUon de Théocrite.
Quand je pense à ce jour où, près d'une fontaine, Dans le jardin royale ravi de ta douceur. Amour te découvrit les secrets de mon cœur , Et de combien de maux j'avais mon âme pleine :
\ Je me pâme de joie , et sens de veine en veine Couler ce souvenir, qui me donne vigueur, M'aiguise le penser , me chasse la langueur, Pour espérer un jour une fin à ma peine.
Mes sens de toutes parts se trouvèrent contents , Mes yeux en regardant la fleur de ton printemps , L'oreille en t'écoutant : et sans cette compagne
Qui toujours nos propos tranchait par le milieu , D'aise au ciel je volais, et me faisais un dieu : Mais toujours le plaisir de douleur s'accompagne.
' Les Tuileries.
A l'aller, au parler, au flamber de tes yeux, Je sens bien , je vois bien , que tu es immortelle : La race des humains en essence n'est telle ; Tu es quelque démon ou quelque ange des cieux.
Dieu, pour favoriser ce monde vicieux , Te fit tomber en terre , et là dessus la belle Et plus parfaite idée inventa le modèle (*) De ton corps , dont il fut lui-mémes envieux.
Quand il fit ton esprit, il se pilla soi-même , C) SoaveDiis des doctrines de Platoo*