POUR HELENE, LIV. II
Il prit le plus beau feu du ciel, le plus suprême, Pour animer ta masse , ainçois ' ton beau printemps.
Hommes qui la voyez de tant d'honneur pourvue , Tandis qu'elle est çà bas , soulez-en votre vue : Tout ce qui est parfait ne dure pas longtemps.
' Àinfoit : oo plutôt.
Le juge m'a trompé : ma maltresse m'enserre Si fort en sa prison , que j'en suis tout transi : * La guerre est à mon huis '. Pour charmer mon souci, Page, verse à longs traits du vin dedans mon verre.
Au vent aille l'amour , le procès et la guerre , Et la mélancolie au sang froid et noirci; Adieu, rides, adieu , je ne vis plus ainsi : Vivre sans volupté, c'est vivre sous la terre.
La nature nous donne assez d'autres malheurs Sans nous en acquérir. Nu je vins en ce monde, Et nu je m'en irai. Que me servent les pleurs ,
Sinon de m'attrister d'une angoisse profonde? Chassons avec le vin le soin et les malheurs : Je combats les soucis quand le vin me seconde.
' Huis: porte ; d'où Tient huissier, qui garde la portc^
Vous triomphez de moi^, et pour ce je vous donne Ce lierre qui coule et se glisse à l'entour
Des arbres et des murs, lesquels tour dessus tour Plis dessus plis il serre , embrasse et environne.
A vous de ce lierre appartient la couronne, Je voudrais comme il fait et de nuit et de jour Me plier contre vous , et languissant d'amour, D*un nœud ferme enlacer votre belle colonne '.
Ne viendra point le temps que dessous les rameaux Au matin où TAurore éveille toutes choses , £n un ciel bien tranquille, au caquet des oiseaux ,
Je vous puisse baiser à lèvres demi-closes , £t vous conter mon mal , et de mes bras jumeaux Embrasser à souhait votre ivoire et vos roses?
> Votre eorpa.
, Si la beauté se perd, fais-en part de bonne heure , Tandis qu'en son printemps tu la vois fleuronner : Si elle ne se perd , ne crabis point de donner A tes amis le bien qui toujours te demeure.
Vénus, tu devrais être en mon endroit meilleure , Et non dedans ton camp ainsi m'abandonner : Tu me laisses toi-même esclave emprisonner Es mains d'une cruelle où il faut que j.e meure.
Tu as changé mon aise et mon doux en amer. Que devais-je espérer de toi, germe de mer% Sinon toute tempête? et de toi qui es femme
De Vulcain, que du feu? de toi garce * de Mars,
t^De yinu JpkrodUe^ née de la mer. ' Anute.