‹ Choix de poésies de P. de RonsardChapitre 61 sur 85 · DEPUIS DUCHESSE DE 84 VOIE · texte numérisé non relu

DEPUIS DUCHESSE DE 84 VOIE

Vierge dont la vertu redore Cet heureux siècle qui f adore, Non pour être fille de Roi , Pour être duchesse, ou pour être Si proche en sang du roi mon maître, Qu'il n'a point d'autre isœur que toi ;

Mais bien pour être seule en France Et la colonne et l'espérance Des Muses, la race des Dieux, Que ta sainte grandeur embrasse , Suivant le naïf' de ta race.

Qui d'astres a peuplé les cieux.

Les Muses d'une sage envie Tu suis, pour guides de ta vie.

Et non les vers tant seulement :

Mais tu adjoins à leur science Leur innocente conscience , Et leurs beaux dons également.

I Unc^: le naturel.

(*) Le V« livre des odes fat imprimé a Paris en 1653.

(**) Cette ode est adressée à la fille de François I«', d^abord dachesse de Berri, et qai épousa en 1559 Emmanuel Philibert , duc de Savoie. Elle protégea les lettres et les savants.

274 LIYBB CINQUIÈME

Que sert à la princesse d'être A toutes sciences adestre * , Et mille fois Platon revoir.

Si par rétude tout sur l'heure Sa vie n'est faite meilleure , Mariant les mœurs au savoir?

Les mœurs au savoir tu maries , Et le savoir aux mœurs tu lies , Assemblés d'im nœud gordien , Tégarant loin du populaire, Et de son bruit qui ne peut plaire Aux filles de TOlympien >.

Les riches maisons somptueuses, Et les cités présomptueuses.

Par Torgueil d'un mur s'élevant , Où les rois tant de bien dépensent , Ne sont les lieux où elles dansent.

Le Cynthien ^ sonnant devant ;

Mais sur les rives reculées , Ou dessous Tabri des vallées , Ou dessous les tertres bossus, Ou entre les forêts sauvages, Ou par le secret des rivages.

Ou dans les antres bien moussus.

Point ou peu ne hantent la table Des Dieux d'Homère, délectable, Pour les vins versés de la main Du Troyen^, fuyant les viandes Délicieusement friandes Qui ne font qu'irriter la faim.

■ Adetin : adroite. ^ ApoUon.

' La Mases, fiUes de Jupiter. ' Guiymède.

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