A SA MUSE
Plus dur que fer j'ai bâti cet ouvrage , Que Tan qui rouie immortel en ses pas , Que Feau , le vent , ou le brûlant orage De Jupiter, ne rueront ' point à bas : Quand Tennemi des hommes , le trépas, M'assoupira d'un somme dur, à l'heure > Sous le tombeau tout l'auteur n*ira pas. Restant de lui la part qui est meilleure.
Toujours, toujours sans que jamais je meure , Je volerai eygne par l'univers y Eternisant les champs où je demeure De mes lauriers honorés et couverts , Pour avoir joint les deux harpeurs ^ divers Aux doux babil de ma lyre d'ivoire.
Que j'ai rendus Veudomois par mes vers.
'.Sus donque, Muse, emporte au ciel la gloire Que j'ai gagnée , annonçant la victoire Dont a bon droit je me vois jouissant : Et de mon nom consacre la mémoire, Serrant mon front d'un laurier verdissant.
' Rueront: jetteront ; du latin mère, raîe de l'itRlien all'ora.
' A V heure : alors ; traductiou \\\ih- 3 pindare et Horace, poètes lyriques.
(*) Imitation d'Horace, Ode^, III, 30.